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21 avril 2011

RDC : Martin Fayulu défend la "Dynamique Tshisekedi" à Paris

Opération séduction pour la "Dynamique Tshisekedi Président" (DTP) à Paris. Le porte-parole de la DTP, Martin Fayulu, tenait une conférence mercredi 20 avril 2011 à l'Holiday Inn. Objectif : convaincre la diaspora congolaise qu'Etienne Tshisekedi est le meilleur candidat pour la prochaine élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), prévue à l'automne 2011. L'occasion pour AFRIKARABIA de faire le point sur les chances d'Etienne Tshisekedi de battre le président sortant Joseph Kabila.

Capture d’écran 2011-04-21 à 11.46.40.pngLa salle était comble à l'Holiday Inn de Paris La Villette pour écouter le député de Kinshasa, Martin Fayulu, porte-parole de la Dynamique Tshisekedi Président (DTP). Cette plateforme réunit les principaux soutiens à Etienne Tshisekedi, le candidat de l'UDPS à la prochaine élection présidentielle de 2011 en RD Congo. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le simple nom d'Etienne Tshisekedi suscite un vif intérêt et ne laisse personne indifférent.

Pour Martin Fayulu, le "sphinx de Limete", le surnom de Tshisekedi, n'est ni plus ni moins que le Nelson Mendela dont la RDC a besoin. Le porte-parole de la DTP voit deux avantages majeurs à la candidature Tshisekedi : sa popularité et son intégrité. Pour Martin Fayulu, "il est l'homme qui peut restaurer l'Etat de droit en RDC", ce dont le pays a le plus besoin. Le député Kinois estime que sur les 30 à 32 millions de Congolais qui seront appelés aux urnes à l'automne 2011, "au moins 22 millions sont favorables à l'opposition". Pour Fayulu, la victoire est évidente.

La diaspora présente dans la salle a toutefois regretté l'absence du candidat de l'UDPS à la présidentielle de 2006. Etienne Tshisekedi avait préféré boycotter le scrutin devant l'incompréhension de nombreux compatriotes. Visiblement, ils n'ont toujours pas pardonné ce boycott et regrettent l'absence de mea culpa de Tshisekedi sur cette question. Autre zone d'ombre, l'attitude d'Etienne Tshisekedi en cas de défaite. Reconnaîtra-t-il son échec ? … au risque de voir se profiler un scénario à l'ivoirienne avec deux "présidents". Les mauvaises conditions dans lesquelles risquent de se dérouler le scrutin (recensement et enrôlement partiels, insécurité, possibles fraudes… ) peuvent laisser croire que le résultat sera contesté. Et sur cette question, Martin Fayulu est resté très imprécis, laissant la porte ouverte à tous les scénarios… même le pire.

Nous avons interrogé Martin Fayulu sur le rôle que devra jouer la diaspora dans ces élections, les chances de victoire d'Etienne Tshisekedi et les stratégies de la Dynamique Tshisekedi avec Vital Kamerhe et le MLC.


Interview de Martin Fayulu Porte-parole de la... par ChristopheRigaud

Au cours de cette rencontre entre Martin Fayulu et la diaspora parisienne, la question du Rwanda est restée prédominante, comme facteur principal de déstabilisation de la RDC. Ecoutez la réponse de Martin Fayulu à propos du Rwanda.

Martin Fayulu DTP sur le Rwanda en RDC par ChristopheRigaud


Christophe Rigaud

Photo : Ch. Rigaud © www.afrikarabia.com

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20 avril 2011

Tentative de déstabilisation de l’ambassadeur de France au Rwanda

Le journaliste et écrivain Jean-François Dupaquier revient sur la cabale menée contre l’ambassadeur de France au Rwanda par des cercles occultes de la « Françafrique » qui poussent à son limogeage.

Image 3.pngAFRIKARABIA : - Jean-François Dupaquier, votre compte-rendu du discours de l’ambassadeur de France au Rwanda pour la 17e commémoration du génocide a fait des vagues, c’est le moins qu’on puisse dire. Pourquoi certains groupes ou individus s’en servent-ils pour réclamer plus ou moins insidieusement le limogeage de l’ambassadeur Laurent Contini par son ministre, Alain Juppé ?

Jean-François DUPAQUIER : - J’ai relaté sur votre site les propos tenus par l’ambassadeur de France à Kigali lors de la récente cérémonie commémorative du génocide. Il s’agissait de propos officiels, pas du tout d’indiscrétions, et ils ne contenaient aucune révélation. On peut s’étonner qu’ils excitent certains milieux occultes de la « Françafrique », lesquels, il est vrai, sont à l’affût du moindre prétexte pour leur agitation et leurs manipulations…

AFRIKARABIA : - A quels milieux faites-vous allusion ?

Jean-François DUPAQUIER : - N’en faisons pas une montagne. Ce ne sont que des groupuscules d’excités, décidés à empêcher par tous les moyens la réconciliation entre la France et le Rwanda, et qui ne font du tapage que sur internet. Je pense en particulier au blog d’un prêtre rwandais mis en examen en France et placé sous contrôle judiciaire depuis près de seize ans et qui est accusé de génocide, viols, extermination et assassinats constitutifs de crimes contre l’humanité par le Procureur du Tribunal Pénal international pour le Rwanda (TPIR). Sans méconnaître la présomption d’innocence, il serait utile de lui rappeler qu’il réside en France depuis tout ce temps sans le moindre titre de séjour, que sa situation semble singulièrement précaire, et qu’il ferait mieux d’éviter de critiquer chaque semaine sur son blog telle ou telle position du gouvernement français. Plutôt que de gloser sur « l’honneur de la France et de ses soldats » et critiquer un ambassadeur de France dans le pays qu’il a fui en niant le génocide des Tutsi, il aurait intérêt à se faire tout petit. C’est un conseil gratuit que je lui donne. Mais il est moins responsable que son supérieur, l’évêque d’Evreux, qui tolère un tel délire…

AFRIKARABIA : - Mais il y a aussi des Français qui critiquent la diplomatie de leur gouvernement au Rwanda ?

Jean-François DUPAQUIER : - C’est leur droit. Surtout dans le cadre des principes démocratiques que certains, hélas, méconnaissent. Il n’appartient pas à une officine de pratiquer la désinformation en prétendant que le ministre des Affaires étrangères est énervé contre son ambassadeur au Rwanda à la suite d’un article sur AFRIKARABIA.

AFRIKARABIA : - Expliquez-vous.

Jean-François DUPAQUIER : - Il semble qu’un blog très suivi au Quai d’Orsay se croie habilité à y faire la pluie et le beau temps en lançant de faux bruits. Par exemple que l’ambassadeur de France au Rwanda Laurent Contini énerve Alain Juppé sur le génocide rwandais. D’après ce que me rapportent des amis fonctionnaires du Quai d’Orsay, c’est  une information de la plus haute fantaisie. Mais on voit bien les dégâts que peuvent causer ces allégations. Des courtisans croient que le vent a tourné pour l’ambassadeur. Une telle désinformation n’a rien à voir avec la déontologie de la presse. Ce ne sont ni plus ni moins que des mœurs d’officine.

AFRIKARABIA : - Ces opérations de désinformation n’auraient aucun fondement ?

Jean-François DUPAQUIER : - Elles sont le produit d’une sorte d’auto-excitation d’individus qui ont perdu tous leurs repères, qui ne comprennent même plus que 1 + 1 = 2. Examinons un peu le fond du débat. Laurent Contini s’est contenté de déclarer qu’il n’y a, jusqu’aujourd’hui, aucune explication convaincante au fait que les employés rwandais de l’ambassade de France et du centre culturel français de Kigali n’ont pas été exfiltrés par les militaires français de l’opération Amaryllis en avril 1994 alors que des instructions étaient venues de Paris en ce sens. Donc que, pour des raisons toujours pas officiellement éclaircies, les militaires n’ont pas suivi les instructions. Or qui, à l’époque, a émis ces instructions ? Tout simplement Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, et c’était à son honneur.

AFRIKARABIA : - Lui aussi pourrait donc se poser des questions sur l’attitude des militaires français ?

Jean-François DUPAQUIER : - Il faudrait plutôt interroger François Léotard, alors ministre de la Défense. Comme un des lecteurs d’AFRIKARABIA l’a opportunément souligné, un télégramme du Quai d’Orsay destiné à l’ambassadeur de France au Rwanda et daté du 11 avril 1994 énonçe : « Le département vous confirme qu’il convient d’offrir aux ressortissants rwandais faisant partie du personnel de l’ambassade (recrutés locaux), pouvant être joints, la possibilité de quitter Kigali avec les forces françaises ». Ce télégramme n’a rien de secret puisqu’on le trouve dans le Rapport d'information public de l’Assemblée nationale « sur les opérations militaires menées par la France, d'autres pays et l'ONU au Rwanda entre 1990 et 1994 », Tome I, page 266. Alain Juppé a donc fait son possible en 1994 pour sauver les employés rwandais de la France à Kigali. Qui peut décemment prétendre qu’il soit à présent agaçé qu’on le rappelle?

Propos recueillis par AFRIKARABIA

17:54 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2)

RDC : Kamerhe dénonce la répression contre ses militants

A quelques mois des prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC), le président de l'UNC, Vital Kamerhe s'inquiète des actes d'intolérance et de répression à l'encontre de son parti et de ses militants. L'ancien président de l'Assemblée nationale congolaise dresse une liste impressionnante, où de Bukavu à Goma en passant par Kindu, l'UNC est victime d'arrestations arbitraires, d'intimidations, de violences et d'interdictions divers en violation avec les Droits de l'homme.

Image 6.pngDans un communiqué destiné au vice-premier ministre et ministre de l'intérieur congolais, Vital Kamerhe, note une dégradation de la liberté d'expression des partis politiques d'opposition en République démocratique du Congo (RDC). Le président de l'UNC dénonce les arrestations, les intimidations, les représailles et les violences du système répressif congolais à l'encontre des militants de son parti. Vital Kamerhe y voit même une "dérive dictatoriale". Il appelle également le gouvernement à libérer les membres de l'UNC emprisonnés à Kindu au Maniema, une province particulièrement dangereuse pour les militants de l'UNC. Coups de feu, arrestations arbitraires, meeting interdit... la liste est longue de la répression qui vise l'UNC. Vital Kamerhe en appelle donc au vice-ministre et ministre de l'intérieur congolais pour respecter la pluralité politique et la liberté d'expression des partis d'opposition. Dans sa note, Vital Kamerhe rappelle que "l'histoire récente de notre ays est constituée des faits similaires ayant conduit à l'enlèvement et à la mort de Floribert Chebeya."

Christophe Rigaud

RDC : Les FARDC se réorganisent

Les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) entament une réforme de leurs commandements militaires. Des régiments vont remplacés les brigades de 1.200 hommes. Objectif de cette réorganisation : obtenir des troupes plus légères, plus efficaces et plus faciles à commander.

Image 2.pngL'armée congolaise vient de lancer une vaste opération de réorganisation de ses troupes sur le terrain. Auparavant, les FARDC fonctionnaient avec des brigades constituées théoriquement chacune de 3.500 à 4.000 hommes... une gestion visiblement trop lourde pendant les opérations militaires. Les autorités congolaises  ont opté pour des régiments plus légers de 1.200 hommes. Cette réforme a commencé au Nord-Kivu et devrait se poursuivre dans le reste du pays.

Christophe Rigaud

RDC : Une des plus grandes mine d'or d'Afrique verra le jour à Kibali

Randgold Resources, une société sud-africaine d'exploration minière, vient d'annoncer la construction d'une mine d'or dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC). Les travaux devraient débuter en juin pour une exploitation prévue en 2014.

Image 3.pngLe projet de Randgold est situé à Kibali, à 500 km de Kisangani. D'après la société su-africaine, cette mine "sera l'une des plus grandes d'Afrique avec des réserves minérales estimées à plus de dix millions d'onces (environ 350 tonnes)". Cette mine à ciel ouvert , d'une durée de vie de 30 ans, devrait réaliser sa première année d'exploitation en 2014.  La recherche, l'exploration et l'investissement pour la construction de cette mine sont estimés à 1,5 milliard de dollars dont près d'un milliard déjà investi.

La République démocratique du Congo (RDC) est particulièrement riche en or, dont  les sous-sol recèlent 10% et 34% des réserves mondiales connues du cuivre et du cobalt, du diamant, du fer, du nickel, du manganèse, de la bauxite et de l'uranium.

19 avril 2011

RDC : Le président de la CENI dans la tourmente

La visite du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Daniel Ngoy Mulunda au président togolais fait polémique en République démocratique du Congo (RDC). Le président de la CENI était en effet porteur d'un message du président Kabila, en course pour sa réélection en 2011. De nombreuses associations demandent la démission de Daniel Ngoy Mulunda pour n'a pas respecté la neutralité et l'impartialité de sa fonction et ce, à quelques mois des prochaines élections présidentielles en RD Congo.

Image 3.pngPour de nombreuses organisations et associations d'opposition congolaise, Daniel Ngoy Mulunda s'est "disqualifié" et a perdu toute crédibilité en rendant visite au président togolais Faure Gnassingbé. Le président de la Commission électorale nationale indépendante congolaise était en effet venu avec un message dur président sortant Joseph Kabila : une attitude contradictoire avec l'indépendance de sa fonction note l'opposition.

Au moment de sa nomination à la tête de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda avait déjà suscité une levée de boucliers : l'ancien co-fondateur du parti présidentiel (PPRD) était accusé d'être un "homme du président". La visite au Togo de Mulunda ne fait que raviver les soupçons. D'autant que l'élection même du président togolais, Faure Gnassingbé, avait été contesté à l'époque.

Plusieurs organisations dont l'APRODEC ASBL demande la démission de Daniel Ngoy Mulunda en rappelant que "le 26 février 2011 Monsieur Daniel Ngoy Mulunda, le président de la Commission électorale nationale indépendante de la République Démocratique du Congo (CENI), avait pris l’engagement solennel de n’exercer aucune activité susceptible de nuire à l’indépendance, à la neutralité, à la transparence et à l’impartialité de la Commission électorale nationale indépendante."

Suite à cette polémique, le Togo vient d'annoncer l'envoie de 1.000 kit électoraux en RDC en vue des prochaines élections. Une annonce qui arrive à point nommée pour justifier le déplacement de Daniel Ngoy Mulunda ai Togo.

Christophe Rigaud

RDC : François Muamba refuse son limogeage

La crise est ouverte au MLC, le principal parti d'opposition en République démocratique du Congo (RDC). Le collège des fondateurs du parti vient en effet de démettre le secrétaire général du parti, François Muamba, qui sera remplacé par Thomas Luhaka. Mais François Muamba ne l'entend pas de cette oreille et récuse cette décision.

Image 2.pngSelon Radio Okapi, le collège des fondateurs du MLC a voté lundi la destitution de François Muamba par 20 voix sur 30 et a décidé de le remplacé par Thomas Luhaka. Ce dernier aura la difficile mission de restructurer un MLC en crise à quelques mois des prochaines élections présidentielles de 2011 en RD Congo.

Pour l'heure, aucun motif n'a été avancé par le MLC pour justifier ce limogeage. D'ailleurs, selon Germain Kambinga, François Muamba est déchu de ses fonctions mais pas exclu du MLC.

Suite à cette annonce, François Muamba a refuser en bloc cette destitution. Pour lui, cette réunion du collège des fondateurs est illégale et affirme "qu’au regard de l’article 46 du staut du MLC, il est le président national du parti par intérim suite à l’absence de Jean-Pierre Bemba". François Muamba promet également des mesures disciplinaires... il va donc y avoir de l'ambiance au MLC. Pour l'instant, le fondateur du MLC, Jean-Pierre Bemba ne s'est pas encore exprimé.

Christophe Rigaud

RDC : François Muamba sur un siège éjectable

Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) est au bord de l'implosion et les jours semblent comptés pour son secrétaire général, François Muamba. L'absence du patron du MLC, Jean-Pierre Bemba, en prison depuis 3 ans, et le manque de leadership de François Muamba, auront fini par lassés les cadres du parti et Bemba lui-même qui aurait décidé de se séparer de son secrétaire général.

Capture d’écran 2011-04-19 à 00.23.26.pngUne réunion du MLC, dimanche 17 avril 2011 à Kinshasa, aurait scellé le sort du secrétaire général du MLC, François Muamba. A la tête de la fronde : Adam Bombole, le patron du MLC de Kinshasa et Fidèle Babala. Ils reprochent à François Muamba de ne pas avoir "tenu" le MLC en l'absence du "chairman", Jean-Pierre Bemba, détenu par la Cour pénal internationale (CPI) pour crimes de guerre en Centrafrique entre 2002 et 2003. Autre reproche : ne pas avoir assez soutenu la candidature de Jean-Pierre à la prochaine élection présidentielle de 2011 en République démocratique du Congo (RDC). François Muamba a en effet des doutes sur cette startégie très risquée de présenter un candidat… en prison aux élections ! Il n'est d'ailleurs pas le seul à trouver ce choix quasi suicidaire. De nombreux partisans du MLC craignent en effet que leurs électeurs préfèrent se tourner vers Etienne Tshisekedi, le candidat de l'UDPS. Enfin, beaucoup au MLC estime que Muamba est déjà sur le départ depuis de nombreuses semaines pour créer son propre parti et laisserait ainsi le poste de secrétaire général du parti à Thomas Luhaka, qui n'a aucune ambition présidentielle. Dans la presse kinoise certains ne donnent que 48 heures à François Muamba pour quitter le MLC.

Christophe Rigaud

Photo : François Muamba en 2006 © Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

17 avril 2011

RDC : L'UREC dément la destitution de Kashala

Le 6 avril dernier, nous annoncions la radiation d'Oscar Kashala de son propre parti, l'UREC. A la tête de la fronde se trouvait Yvon Mubengayi, un cadre de l'UREC qui affirmait au site CongoNews que le comité exécutif du parti avait radié Oscar Kashala de l'UREC pour "absence, mauvaise gestion et rupture avec la base militante". Il n'en est visiblement rien, selon Jean-Baptiste Meniko-To-Hulu, le secrétaire général de l'UREC, qui affirme qu'Oscar Kashala est "le seul président de l'UREC".

Capture d’écran 2011-04-17 à 18.44.31.pngDans un communiqué, le secrétaire général de l'UREC, Jean-Baptiste Meniko-To-Hulu, dément toute destitution d'Oscar Kashala de son propre parti. Il affirme que "l’auteur de cette déclaration qui se couvre du nom de l'UREC est une taupe venue pour écouter et piéger la DTP et transmettre les informations aux partis au pouvoir." Dans son communiqué, Jean-Baptiste Meniko-To-Hulu en profite pour régler ses comptes avec Yvon Mubengayi, le président "putschiste"  : " M. Mubengayi avait été éjecté de l’UREC pour avoir détourné et vendu les biens meubles du parti dont une licence de télévision à un ministre de l'AMP-MP. Dès lors, il redoute l’arrivée du Dr Kashala qui naturellement a déjà initié une procédure en récupération de ces biens." Jean-Baptiste Meniko-To-Hulu déplore toutefois "la haine que nourrit Mubengayi envers Kashala" et demande à tous ses militants "de rester unis derrière leur Président national".
Il n'en demeure pas moins qu'à quelques mois des prochaines élections présidentielles, prévues à l'automne 2011 en RDC, la confusion qui règne à l'UREC risque de coûter cher au candidat Kashala. Oscar Kashala était arrivé en cinquième place à la résidentielle de 2006 avec 3,46% des voix.

Christophe Rigaud

Génocide des Tutsi du Rwanda : l’ambassadeur de France jette un pavé dans la mare

En présence de Bernard Kouchner, Laurent Contini s’interroge sur le refus des militaires français de sauver les employés tutsi de l’ambassade et du Centre culturel français de Kigali au début du génocide de 1994, alors qu’ils en avaient reçu l’ordre.

Capture d’écran 2011-04-17 à 17.49.42.pngQue s’est-il réellement passé à Kigali en avril 1994, au début du génocide, alors que la France avait dépêché sur place d’importants moyens militaires pour sauver les expatriés ? Le 8 avril 1994, deux jours après l'attentat contre le président Habyarimana et alors que les massacres de Tutsi et de Hutu démocrates faisaient rage, la France avait déclenché l'opération Amaryllis pour permettre l'évacuation de ses ressortissants et d’autres occidentaux. Le colonel Henri Poncet (aujourd’hui général) commandait cette opération. Selon plusieurs experts, il avait recommandé à ses hommes d’éviter tout contact avec les journalistes et de conserver un secret absolu sur l’ordre de conduite des opérations.

De présumés tueurs de Tutsi « sauvés » par les militaires français

Les militaires français avaient évacué la veuve du président, Agathe Habyarimana, ainsi que son entourage et les enfants de l’orphelinat Sainte-Agathe qu’elle avait fondé. Et aussi des adultes qui se présentaient comme les membres de l’encadrement de l’orphelinat. Mais il apparut plus tard que certains de ces  « encadreurs » auraient participé aux tueries de Tutsi. Ils auraient notamment exterminé les personnels tutsi de l’orphelinat avant d’être eux-mêmes « sauvés » par les militaires français.

Le combat solitaire d’André Guichaoua

Par contre, les militaires français s’étaient refusés à exfiltrer les employés tutsi de l’ambassade de France et du Centre culturel français, qui les suppliaient. Le professeur André Guichaoua a mis en cause l’attitude de l’ambassadeur de France de l’époque dans son dernier ouvrage « Rwanda, de la guerre au génocide ». Présent sur place, lui-même avait eu les plus grandes difficultés à sauver les quatre enfants d’Agathe Uwilinyimana, la Première ministre, qui venait d’être assassinée avec son mari. André Guichaoua avait réussi à téléphoner à son grand ami Pierre Péan pour tenter d’obtenir le feu vert de l’Elysée, avant de devoir se débrouiller seul.

« Ils m'ont fait comprendre que je les emmerdais ». Vénuste Kahyimahe, rescapé tutsi

Certains rescapés rwandais, dans des témoignages recueillis par l’association Survie, ont vivement critiqué cette opération Amaryllis qui n'incluait pas l'évacuation des Rwandais menacés par les massacres, même lorsqu'ils étaient employés par les autorités françaises. Vénuste Kahyimahe, un Rwandais qui travaillait au Centre culturel français à Kigali, consignera dans son livre « France-Rwanda : les coulisses du génocide » ce qu'il considère comme un abandon français et une description de cette opération où les soldats avaient occupé le centre culturel comme quartier général. Il a également témoigné verbalement dans le documentaire de Raphaël Glucksmannn et David Hazan, Rwanda: Tuez-les tous :

« Ils sont restés trois ou quatre jours, je les ai suppliés, Ils m'ont fait comprendre que je les emmerdais, qu'il n'était pas question qu'ils nous emmènent, quand ils partiront ils vont nous laisser. Deux jeunes militaires ont essayé de nous aider mais c'était dérisoire, ils m'ont réveillé au milieu de la nuit en disant “Comment vous allez faire, demain on part, on va vous abandonner, c'est sûr. C'est les ordres, on doit vous abandonner. Il faut vous préparer à vous défendre.” J'ai dit que je n'avais pas d'arme.  »

Une véritable aversion pour les Tutsi chez de hauts gradés français

Lors de leurs auditions devant la mission d'information parlementaire sur le Rwanda, les ministres du gouvernement français affirmeront ne pas avoir donné l'ordre de refuser d’évacuer les Tutsi. Les archives consultées à cette occasion confirment les affirmations des dirigeants français. Les soldats français avaient ordre d'évacuer tous les Rwandais qui pouvaient être joignables. Pourtant, des employés tutsi menacés d’extermination se trouvaient juste à côté d’eux, dans leur quartier général.

Devant les accusations dont ils sont l’objet depuis 17 ans, les hauts gradés français gardaient depuis lors le silence, se contentant de s’indigner. Dans son récent livre « Rwanda, je demande justice pour la France et ses soldats » (Ed. Jacob-Duvernet), Didier Tauzin, aujourd’hui général, qui est intervenu à deux reprises au Rwanda (mais pas pendant Amaryllis) exprime une véritable aversion pour les Tutsi.  Il ne fait que reprendre un discours habituel des hauts gradés français qui ont exercé des commandements au Rwanda ou à proximité, comme le général Lafourcade dans son livre « Opération Turquoise » ou le colonel de réserve Jacques Hogard sur son ancien blog très virulent (fermé depuis 2007, sans doute sur pression du ministère de la Défense). Les uns et les autres revendiquent une certaine forme d’impunité pour les actions militaires conduites à l’initiative de François Mitterrand au Rwanda entre 1990 et 1994.

Des militaires aux explications pas convaincantes

Plaque Ambassade de France.jpgDepuis lors, le refus de sauver les employés tutsi de l’ambassade et du centre culturel constitue une  plaie ouverte pour les rescapés et leur famille. Dominique Decherf, ambassadeur de France jusqu’à la rupture des relations diplomatiques en 2006, avait présenté les excuses de la France pour cet épisode tout sauf glorieux. Mais les raisons de la non-assistance restaient confuses.

C’est pourquoi le discours de l’actuel ambassadeur de France, Laurent Contini, le 9 avril à l’occasion de la 17e commémoration du génocide, fait l’effet d’un pavé dans la mare. En présence de Bernard Kouchner, ex-ministre des Affaires étrangères, il s’est exprimé dans l’enceinte de l’ambassade à Kigali « en mémoire du personnel de cette ambassade, qui a péri a lors du génocide des Tutsi en 1994 ». En s’interrogeant à haute voix : « C’est une tache bien délicate pour un ambassadeur, pour un diplomate français, pour un citoyen français de faire face à ce passe douloureux, a cet épisode malheureux. Comment expliquer en effet que ces personnes, ces gens, qui travaillaient avec nous n’ont pas été évacuées lors de l’opération Amaryllis, en avril 1994 ? Des raisons ont été avancées, je les connais, je les ai lues, la sécurité, il n’y avait plus de place dans l’avion, on ne pouvait pas joindre les gens au téléphone, Kigali n’est pas une ville avec des noms de rues etc. etc. Apres 17 ans, ce n’est pas des raisons qui sont convaincantes. »

S’appuyant sur les travaux des chercheurs, mais visiblement aussi sur ses propres recherches dans les archives du Quai d’Orsay, Laurent Contini a poursuivi : « Maintenant, nous savons un certain nombre de choses. Par exemple qu’il y a eu un télégramme diplomatique le 11 avril 1994, qui donnait l’autorisation à l’ambassadeur d’évacuer le personnel, son personnel. Cela a été confirmé par un ordre donné aux militaires. Alors pourquoi ? Pourquoi ces gens là n’ont pas été évacués ? Je n’ai pas, je n’ai pas de réponse. Je n’ai pas de réponse mais en tout cas aujourd’hui, je tenais à le faire. Je tenais à vous exprimer, les membres de la famille, mes profonds regrets. Et vous présenter mes excuses. Pour cet abandon tragique. »

André Guichaoua s’est donc trompé en accusant Jean-Michel Marlaud, l’ambassadeur de France de l’époque, d’apathie ou d’indifférence envers le sort de ses employés Tutsi et des orphelins de la Première ministre. Reste à savoir pourquoi les militaires français de l’opération Amaryllis et le premier d’entre eux, l’actuel général Henri Poncet, n’ont mis en œuvre les ordres clairs que, selon Laurent Contini, ils avait reçus…

Jean-François Dupaquier

17:53 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (13)

06 avril 2011

RDC : Oscar Kashala débarqué de l'UREC

L'UREC a un nouveau patron : Yvon Mubengayi. Exit donc l'ancien président, Oscar Kashala, qui a été radié de l'UREC par le comité exécutif du parti, nous apprend le site Congo News. L'UREC a rejoint récemment la Dynamique Thsisekedi Président (DTP), une plateforme qui soutient la candidature d'Etienne Tshisekedi à la prochaine présidentielle prévue à l'automne 2011.

Capture d’écran 2011-04-06 à 22.06.34.pngDans un entretien donné à CongoNews, Yvon Mubengayi revient sur les différents qui l'ont opposé à Oscar Kashala : un homme absent du pays, une mauvaise gestion du parti et une rupture avec la base militante. Il reproche également à Oscar Kashala d'avoir utilisé l'UREC pour financer ses déplacements et ceux de sa famille. Alors qu'Oscar Kashala continue de s'exprimer au nom de l'UREC, le nouveau responsable du mouvement "se réserve le droit de poursuivre Kashala devant les Cours et tribunaux pour faux et usage de faux. Monsieur Kashala n'a plus le pouvoir ni le droit de parler au nom de l'UREC ni l'engagée dans une quelconque démarche", précise Yvon Mubengayi.

Côté politique, Yvon Mubengayi a souhaité un positionnement clair de son parti sur l'échiquier politique congolais : à savoir un soutien "franc et engagé" aux côtés d'Etienne Thsisekedi à travers la DTP (Dynamique Tshisekedi Président), une plateforme qui travaille à porter le leader de l'UDPS à la tête du pays au cours des prochaines élections générales de 2011 en République démocratique du Congo (RDC). Yvon Mubengayi apporte à la DTP sa présence militante sur le terrain ainsi que ses 8 députés provinciaux.

Le nouveau patron de l'UREC appelle enfin tous ses militants a se rendre au grand meeting d'Etienne Tshisekedi au stade Tata Raphaël,de Kinshasa, le 24 avril prochain.

Christophe Rigaud

05 avril 2011

RDC-RCA : La mort de Patassé laisse Bemba seul face à la CPI

Ce mardi, l'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé à Douala au Cameroun à l'âge de 74 ans. Il était le grand absent du procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI), accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Les troupes de Bemba étaient venues défendre Ange-Félix Patassé d'un coup d'Etat. Patassé ne pourra même plus témoigner.

Image 9.pngHomme politique centrafricain né à Paoua le 25 janvier 1937, Ange-Félix Patassé est diplômé de l'Académie supérieure de l'agriculture tropicale de Nogent-sur-Marne (France). Il est nommé en 1965 au cabinet du ministre de l'Agriculture et du développement. Sous la présidence de Jean-Bédel Bokassa, il est plusieurs fois au gouvernement et devient Premier ministre le 8 décembre 1976 jusqu’en juillet 1978. Devenu président de la République le 22 octobre 1993, réélu en 1999, auteur des mutineries et de la mort de plusieurs personnalités de la RCA. Il est renversé par un coup d’État de François Bozizé le 15 mars 2003. Accusé d'avoir détourné 70 milliards de francs CFA, Patassé a été condamné par contumace le 30 août 2006 par la cour criminelle de Bangui à 20 ans de travaux forcés.

Mais Ange-Félix Patassé est également l'un des personnages clés du procès de l'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors des incursions de ses troupes en République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Les troupes de Bemba étaient effectivement entrées en Centrafrique pour prêter main forte au président Patassé, menacé d'être renversé par François Bozizé. Patassé et Bemba perdront la guerre et François Bozizé s'installe à la présidence centrafricaine.

En délicatesse avec Joseph Kabila après sa défaite au deuxième tour de la présidentielle congolaise de 2006, Jean-Pierre Bemba est obligé de s'exiler au Portugal, puis en Belgique après de violents combats avec les troupes de Kabila dans le centre de Kinshasa en 2007. II est arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 suite à un mandat établi la veille par la Cour pénale internationale sur le dossier centrafricain. Mais Bemba récuse les charges qui pèsent contre lui : il n'était pas présent en Centrafrique pendant les exactions de ses troupes et ne commandait pas directement ses hommes sur place… il manquait donc quelqu'un sur le banc des accusés selon les avocats de Bemba : Ange-Félix Patassé lui-même. Mais l'ancien président n'a jamais été inquiété par la justice internationale… il est désormais trop tard. Ange-Félix Patassé est décédé ce mardi 5 avril 2011, dans un hôpital de Douala au Cameroun.

Christophe Rigaud

RDC : Les dangers de l'embargo minier

Une nouvelle loi américaine vient d'interdire le commerce des minerais en provenance des zones de conflits. La République démocratique du Congo (RDC) pourrait être fortement touchée par cet embargo, non sans conséquences sur l'économie congolaise. Derrière les bonnes intentions américaines, la survie de milliers congolais est en jeu.

filtre DSC02325.jpgLa loi américaine est claire : ses citoyens ont désormais l'interdiction d'acheter des produits miniers venant des zones affectées par des conflits armés. La République démocratique du Congo (RDC) est en ligne de mire de cette nouvelle disposition législative américaine qui prône la traçabilité des minerais. L'argent du trafic de minerais alimente depuis plus de 15 ans le financement des différentes milices locales dans une guerre sans fin.

La République démocratique du Congo, fournit environ 5% de la production mondiale d'étain et figure parmi les quatre pays d'Afrique centrale qui produisent entre 12,5 et 14% du tantale, utilisé dans l'industrie de haute technologie. Mais le gouvernement congolais n'a pas encore mis en place les mécanisme de traçabilité et de certification des minerais. Les autorités congolaises, les opérateurs économiques du secteur minier ainsi que la société civile du Nord Kivu, viennent d'écrire aux autorités américaines pour tenter d'obtenir un moratoire de 6 à 12 mois pour permettre de se conformer aux exigences américaines.

Pour les Etats-Unis, le contrôle des minerais provenant de l’Est de la RD Congo n’est ni « un embargo, ni une sanction », mais vise plutôt à promouvoir la paix  au Congo. La sous-secrétaire d’Etat américain, Victoria Holt, s'est déclarée « de cœur avec la société civile du Nord-Kivu », tout en indiquant qu'il était important que cette loi entre en application.

Sur place, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), la société civile s'inquiète des conséquences de cette nouvelle loi : « une application immédiate de cette loi plongerait davantage les populations de la région dans la misère, en même temps qu’elle n’empêcherait pas la fraude », note les observateurs sur place. Les opérateurs économiques  du secteur, au Nord-Kivu affirment quant à eux, détenir des stocks de minerais d’une valeur estimée à plus de 30 millions USD et qui pourraient être assimilés, à tort, selon eux, à des minerais de sang. Sans la mise en place des systèmes de contrôle, de certification et de traçabilité des minerais, cette loi risque donc de pénaliser essentiellement les milliers de familles congolaises qui vivent péniblement de l'extraction des minerais… sans mettre fin au trafic.

Christophe Rigaud

04 avril 2011

RDC : Un documentaire enquête sur le meurtre de LD Kabila

Il y a un peu plus de dix ans, Laurent-Désiré Kabila, le président congolais (RDC), était assassiné. La thèse officielle incrimine son garde du corps mais en réalité, toute la lumière n'a jamais été faite sur cette sombre histoire. Arnaud Zaitman et Marlène Rabaud ont mené l'enquête dans "Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?", diffusé en France sur France Ô le 27 avril 2011.

DSC04200 Mzee Kabila toujours là.JPG51 personnes sont actuellement incarcérées à la prison de Makala, à Kinshasa, à la suite d'un procès expéditif et alors que de nombreux officiels reconnaissent l'innocence de ces hommes. Arnaud Zaitman (France 24 et BBC) et Marlène Rabaud ont enquêté et suivi différentes pistes possibles. Ils ont également retrouvé le seul témoin du meurtre de Kabila et ont pu introduire une caméra dans la prison de Makala et recueillir les témoignages des détenus condamnés dans cette affaire. Les conclusions de leur film remettent en cause les thèses officielles mais posent bien plus de questions qu'ils n'apportent de réponses. Ce film relève que, de tout évidence, les assassins de Mzee Laurent-Désiré Kabila ne sont pas ceux qui croupissent aujourd’hui dans la prison de Makala à Kinshasa et que comme Emery Patrice Lumumba, Kabila aurait été tué par certaines grandes puissances, les Etats-Unis en tête, pour avoir libre accès aux ressources minières de la R.D.Congo. Si l'on ne saura pas "qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?", ce documentaire décrypte avec minutie la complexité des guerres qui ont secoué à répétition la République démocratique du Congo (RDC). A voir absolument.

Photo : Christophe Rigaud www.afrikarabia.com

03 avril 2011

RDC : La présidentielle avancée en septembre ou octobre 2011 ?

Initialement prévues en novembre 2011, les prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC) auront probablement lieu en septembre ou octobre 2011. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devrait dévoilée ce nouveau calendrier jeudi 7 avril.

Logo Elections 2011.jpgLa Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a terminé son conclave consacré au nouveau calendrier électoral en République démocratique du Congo (RDC). Prévue en novembre 2011, l'élection présidentielle pourrait être avancée d'un ou deux mois et avoir lieu en octobre ou septembre 2011 afin de respecter les délais constitutionnels.

Autre changement : le "découplage" entre la présidentielle et les législatives. Ces deux élections n'auront probablement pas lieu le même jour comme initialement prévu. Les législatives seraient reportées au début de l'année 2012. Reste deux interrogations de taille sur la tenue de ces élections : finir à temps la révision du calendrier électoral et trouver les fonds nécessaires estimés à 700 millions de dollars.

En attendant, ce samedi, la révision du fichier électoral a débuté dans six provinces du pays : Province orientale, Nord-Kivu, Sud Kivu, Kasaï oriental, Bandundu et Equateur. Une opération prévue du 2 avril au 1er juillet 2011.

Christophe Rigaud

RDC : L'avenir incertain du MLC

La prochaine élection présidentielle de 2011 risque de bouleverser profondément le paysage politique de la République démocratique du Congo (RDC). Avec son leader emprisonné à La Haye depuis 2008 et un scrutin à un seul tour, le MLC de Jean-Pierre Bemba jouera son avenir politique dans la prochaine élection présidentielle, prévue à l'automne 2011. Un risque guette le Mouvement de Libération du Congo : la perte de son leadership au profit de l'UDPS d'Etienne Tshisekedi.

Capture d’écran 2011-04-03 à 15.26.57.pngPlusieurs incertitudes hypothèques l'avenir du MLC, premier parti d'opposition congolais. Fort de 64 députés et 17 sénateurs, le parti de l'ancien vice-président, Jean-Pierre Bemba, constitue l'unique mouvement d'opposition institutionnel en RDC. A l'élection présidentielle de 2006, le candidat Bemba avait même talonné Joseph Kabila au second tour en réalisant un excellent score : 42% des voix et arrivait en tête à Kinshasa, dans l'Équateur, dans le Bas-Congo, dans le Bandundu et dans les deux Kasaï.

Un président en prison

Après la présidentielle, les violences de 2007 avec les troupes de Joseph Kabila et son exil au Portugal, Jean-Pierre Bemba est rattrapé par la justice internationale. Il est arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, en raison d'accusations de crimes sexuels, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors des incursions de ses troupes en République centrafricaine en 2002 et 2003. Depuis l'incarcération de son "chairman" à La Haye, le MLC se débat dans des querelles intestines et son secrétaire général, François Muamba, sans pour autant démériter, ne parvient pas à asseoir son autorité.

Le retour de l'UDPS menace le MLC

En vue de la prochaine élection présidentielle, le MLC devra remplir un double défi : trouver un candidat pour le représenter et affronter un autre parti d'opposition, absent en 2006, l'UDPS d'Etienne Tshisekedi. Le parti du "Sphinx de Limete", le surnom de Tshisekedi, avait en effet boycotté le scrutin de 2006. Et un bon d'électeurs de l'UDPS, troublés par ce choix, avaient préféré voter pour le MLC de Bemba. Mais avec le retour de Tshisekedi dans l'arène politique et le passage de deux à un seul tour de l'élection présidentielle, le risque est grand pour le MLC de perdre de nombreux électeurs et donc… son leadership.

Une candidature Bemba mettrait en danger le MLC


La survie du MLC est en jeu dans le prochain scrutin de l'automne 2011. Depuis sa cellule de La Haye, Jean-Pierre Bemba pourrait être le candidat du parti à la prochaine présidentielle. C'est en tout cas ce que ses proches laissent entendre. Une stratégie risquée, presque suicidaire, puisque ce candidat-prisonnier
n'aurait quasiment aucune chance de se faire élire dans un scrutin à un seul tour. Si Bemba ne se présente pas, François Muamba (ancien UDPS) représenterait le MLC à la présidentielle. Mais les cadres du MLC et les "fans" du "chairman" critiquent le manque de charisme et d'autorité du secrétaire général du mouvement… Dans tous les cas, le MLC apparaît fragilisé face à l'UDPS et risque voir ses électeurs préférer l'option Tshisekedi. Le MLC résistera-t-il à l'UDPS ? Le devenir du parti de Jean-Pierre Bemba se jouera donc dans les prochains mois.

Christophe Rigaud

Photo : JP Bemba en 2006 à Kinshasa (c) Christophe Rigaud www.afrikarabia.com

30 mars 2011

RDC : Joseph Kony localisé à l'Est

Selon le journal Le Phare de Kinshasa, le chef rebelle de l’armée de résistance du seigneur (LRA), Joseph Khony se serait réinstallé en République démocratique du Congo (RDC). L'information provient du porte-parole de l’armée ougandaise qui promet une nouvelle opération militaire anti-LRA au Nord-Est de la RD Congo.

Image 2.pngLRA. Depuis 2007, ces 3 lettres sèment la terreur au Nord et à l'Est de la République démocratique du Congo. Considérée comme l'une des milices les plus violentes du monde, l'Armée de résistance du seigneur (LRA), qui organise une rébellion contre le pouvoir ougandais, est accusée de perpétrer des massacres, des viols, des pillages auprès des populations civiles congolaises.

D'après les informations du Phare, Joseph Kony, un temps réfugié en Centrafrique, aurait franchi la frontière pour s'installer de nouveau en RDC. Toujours selon le journal kinois, il était accompagné "d’une partie de ses troupes, avec armes, bagages et munitions". La localisation en RDC de Joseph Kony par l'armée ougandaise donne le coup d'envoi à la préparation d'une nouvelle opération militaire de Kampala. Objectif : traquer la LRA et capturer Joseph Kony. Cette opération se menée conjointement avec l'armée congolaise (FARDC) et les casques bleus de la MONUSCO. Mais depuis plus de 4 ans Joseph Kony a toujours échappé à son arrestation.

Christophe Rigaud

27 mars 2011

Rwanda : Le général Didier Tauzin défend le rôle de l'armée française pendant le génocide

« Rwanda : je demande justice pour la France et ses soldats » est le dernier ouvrage du Général Didier Tauzin aux éditions Jacob-Duvernet. Chef du 1er RPIMA de 1994 à 1996 et patron de l'opération Chimère et Turquoise au Rwanda, Didier Tauzin s'explique sur les accusations de complicité de génocide qui planent autour de l'armée française. Le journaliste et écrivain Jean-François Dupaquier, spécialiste du Rwanda, décrypte cet ouvrage pour AFRIKARABIA.

Capture d’écran 2011-03-27 à 14.35.56.pngL’ouvrage du général Didier Tauzin est un plaidoyer pour le rôle de la France – et surtout de l’armée française - au Rwanda entre 1990 et 1994, rôle qu’il estime incompris, voire outrageusement stigmatisé. Didier Tauzin, alors colonel, était intervenu à deux reprises au Rwanda : quelques semaines en février-mars 1993 pour contrer l’offensive du FPR, dans le cadre de l’opération secrète Chimère (dite aussi « Birunga ») en marge du dispositif « Noroît », et encore quelques semaines (entre juin et juillet 1994) lors de l’opération Turquoise pour « sécuriser » la frange sud-ouest du Rwanda.

Le récit qu’apporte Didier Tauzin sur les événements qu’il a vécus, surtout en 1993, est précis et intéressant sur les faits, toujours exalté et souvent incohérent sur les analyses. Nous faisons référence aux pages 61 à 88 du manuscrit pour l’opération Chimère de 1993, et  105 à 148 pour Turquoise. Soit au total  quelque 70 pages sur un court ouvrage de 196 pages sans compter les annexes. Les informations avancées renouvellent et approfondissent la connaissance des deux épisodes, vus du côté des militaires français. Ce ne sont malheureusement que des brèves parties d’un projet qui vise à répondre aux critiques sur le rôle de la diplomatie et de l’armée française au Rwanda. Dans cette perspective, l’ouvrage de Didier Tauzin devient lui-même essentiellement polémique. N’ayant pas l’art du pamphlétaire, il laisse apparaître de nombreuses faiblesses, comme la volonté d’en découdre avec le journaliste Patrick de Saint-Exupéry et son livre « Complices de l’inavouable », où Didier Tauzin est épinglé. Si le militaire a été blessé par les critiques, il en fait une véritable obsession et s’affaiblit d’autant.

Nourrir la polémique sur le rôle de la France de François Mitterrand au Rwanda n’était pas en soi un mauvais projet. Mais d’autres militaires ont déjà pris la plume pour défendre la même cause que Didier Tauzin et dans un format similaire : le colonel Jacques Hoggard avec « Les Larmes de l’honneur », un petit livre bien écrit publié en 2005 (Ed. Poche), et le général Lafourcade avec « Opération Turquoise » en 2010 (Ed. Perrin), beaucoup plus primaire.

La version du général Tauzin du génocide des Tutsi de 1994 (qu’il écrit généralement « génocide » entre guillemets) ne peut qu’embarrasser les défenseurs du rôle de l’armée française au Rwanda, notamment en raison de considérations plutôt approximatives, voire naïves, sur un prétendu atavisme tutsi, sur les colonisations successives du Rwanda, etc., qui échappent visiblement à son entendement. Son préfacier Jean-Dominique Merchet, par ailleurs journaliste à Marianne, en est bien conscient qui prévient : « A la fois témoignage et coup de gueule, il faut le lire pour ce qu’il est.

Les spécialistes de l’histoire et de l’anthropologie du Rwanda trouveront sans doute à y redire, ici ou là. Qu’importe ! Didier Tauzin n’a pas écrit un livre savant, désincarné. C’est d’un homme dont il s’agit, pur produit de l’armée française telle qu’elle est, avec ses grandeurs et ses naïvetés ». Ce « déminage » préliminaire ne suffira pas à légitimer l’ouvrage. L’armée française dont se réclame Didier Tauzin, et avant lui l’ensemble des protagonistes  de l’association « France Turquoise », n’a aujourd’hui que faire de ces vieilles badernes qui ressassent un cuisant échec, militaire mais surtout politique, au Rwanda. Dans un éclair de lucidité, le général Didier Tauzin observe que les dégâts provoqués par l’équipée française au Pays des Mille Collines ont été immenses : « Elle a depuis lors perdu la confiance des Africains et perdu sa confiance en elle-même en politique africaine. Elle n’est plus qu’un acteur marginal de la scène africaine, un second rôle, souvent un figurant… quand elle est présente. »

Dommage qu’il faille attendre les dernières pages pour trouver une observation sensée, qui contredit l’essai hagiographique qu’on aura lu précédemment. A l’exception de ces quelques lignes qui lui auront échappé, le général Didier Tauzin apparaît comme un va-t-en-guerre aux idées courtes, ce qui a limité la fin de sa carrière à une pénible ascension au grade de général dans les soupentes du ministère de la Défense. Loin du Rwanda et de ses mirages…

Jean-François DUPAQUIER

Didier Tauzin, Rwanda l'honneur bafoué de la France, Paris, Editions
Jacob-Duvernet  ISBN : 978-2-84724-335-2 ; EAN : 9782847243352 . Dimensions :
15,5cm x 24,2cm x 2,1cm. 19,90 euros.

26 mars 2011

RDC : Crise diplomatique avec Brazzaville

L'attaque de la résidence du président Joseph Kabila le 27 février dernier vient de faire une victime collatérale : Brazzaville. Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) vient en effet de rappeler son ambassadrice en République du Congo. Kinshasa soupçonne Brazzaville d'avoir facilité le passage du commando venu de l'autre rive du fleuve Congo, qui sépare les deux capitales.

filtre DSC04054.jpgL'ambassadrice de République démocratique du Congo (RDC) à Brazzaville, Esther Kirongozi, doit rejoindre Kinshasa ce week-end selon son ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba. Une brouille diplomatique liée "aux évènements du 27 février". Ce jour, plusieurs dizaines d'hommes lourdement armés ont attaqué la résidence du président Joseph Kabila. Bilan au moins sept morts. Des centaines de personnes ont été arrêtées à la suite de ce que les autorités de la RDC ont présenté comme une tentative de coup d'Etat. Pour les autorités de Kinshasa, il y a un lien entre les assaillants et le général Faustin Munene et Ondjani Mangbana, deux congolais de RDC détenus au Congo-Brazzaville, qui refuse de les extrader.

Le général rebelle Faustin Munene est  également accusé par la RDC de "tentative de coup d'Etat" en novembre 2010 dans la province du Bandundu, à l' Ouest du pays. Il a été arrêté mi-janvier au Congo, à Pointe-Noire, deuxième ville du Congo-Brazzaville et condamné par contumace à la prison à perpétuité début mars par un tribunal militaire de RDC. Kinshasa demande l'extradition des deux rebelles… en vain. Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso s’est toujours opposé à livrer des prisonniers "politique" à son voisin de Kinshasa… pliera-t-il sous la pression diplomatique ? Rien n'est moins sûr.

Christophe Rigaud

Rwanda : 2 présumés génocidaires, protégés du régime rwandais, arrêtés en Belgique

Ernest Gakwaya, alias "Camarade" et Emmanuel Nkunzuwimye, dit "Bomboko", ont été arrêtés le 23 mars 2011 à Bruxelles. Les deux hommes ont été inculpés pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 au Rwanda. Ils avaient pourtant été les invités officiels de Paul Kagame en décembre dernier dans le cadre du programme "Comme and see", un dispositif de réconciliation lancé en 2010 par le gouvernement rwandais.

Capture d’écran 2011-03-26 à 10.30.24.pngDeux Rwandais, présumés génocidaires, membres éminents de la diaspora rwandaise en Belgique, Ernest Gakwaya, dit « Camarade » et Emmanuel Nkunzuwimye, dit « Bomboko », ont été arrêtés le 23 mars au matin à Bruxelles. Malgré son appartenance supposée aux Interahamwe pendant le génocide de 1994, Gakwaya était retourné sans encombres au Rwanda dans le cadre du programme « Come and see » en décembre dernier. Ce programme, initié par le gouvernement rwandais, consiste à inviter des membres de la diaspora rwandaise au Rwanda, afin de les réconcilier avec le pouvoir en place et les pousser à un retour définitif. Le 21 décembre dernier, pour la fin de la conférence sur le Dialogue National, Ernest Gakwaya était intervenu pour remercier le président du Rwanda Paul Kagame de sa générosité à l’égard des Rwandais vivant à l’étranger.

Selon l’Office rwandais d’information (ORINFOR), un service officiel chargé de relayer les vues des autorités nationales, Ernest Gakwaya avait déclaré à la suite de son voyage au Rwanda:   "le constat sur le terrain diffère des informations diffusées dans son pays hôte sur la situation au Rwanda. Je ne savais pas que les Rwandais pouvaient s’asseoir et discuter ensemble. L’on est comme des naufragés qui viennent d’être sauvés par la police. Je m’engage à sensibiliser les autres réfugiés à contribuer au développement du pays pour l’accélérer." ajoutait Ernest Gakwaya, selon l’ORINFOR.

Les rescapés ont été ulcérés par ce programme et notamment de l’invitation d’Ernest Gakwaya. Celui-ci a quitté le Rwanda en 1994 en plein génocide. Selon diverses sources, il avait auparavant participé aux massacres dans le quartier de Nyamirambo, bastion des miliciens interahamwe, avant de comprendre que la guerre était perdue et d’en tirer des conséquences pour sa sécurité personnelle en trouvant asile en Belgique où il avait cherché à se faire oublier.

Selon les rescapés, Gakwaya était l'un des interahamwe les plus actifs pendant le génocide. Quant à Nkunzuwimye, il est considéré comme un proche de Jean-Marie Vianney Mudahinyuka, condamné par contumace à 19 ans de prison au Rwanda. Résident aux Etats-Unis, Mudahinyuka a été remis au Rwanda, en janvier dernier par la section Interpol des Etats-Unis.

Paradoxalement, Gakwaya et Nkunzuwimye auraient peut-être continué à couler des jours paisibles s’ils n’avaient pas fait parler d’eux dans le cadre de l’opération « Come and See » de décembre dernier. Ou s’ils étaient restés au Rwanda !

De son côté le site officiel rwandais « New Times » rend compte de l’arrestation des deux hommes en oubliant de préciser qu’ils étaient voici trois mois des invités officiels du gouvernement.

RDC : Une femme aux commandes de la "Dynamique Tshisekedi Président"

Thérèse Pakassa, une dissidente du PALU, vient de prendre les rênes de la "Dynamique Tshsekedi Président" (DTP). Dans la perspective des prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC) à l'automne 2011, ce mouvement vise à fédérer les partis d'opposition autour de la candidature d'Etienne Tshisekedi.

Capture d’écran 2011-03-26 à 10.09.01.pngLancée le 16 février 2011, la "Dynamique Tshisekedi Président" (DTP) enregistre de nouvelles adhésions. L'UREC, l'ULPT, le Parti chrétien démocrate et l'Association des familles des chefs coutumiers du Congo belge ont rejoint récemment la DTP. Thérèse Pakassa, une ex-PALU, assurera  la coordination du mouvement. L'objectif de la DTP est d'assurer la victoire du candidat de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, à la prochaine élection présidentielle de 2011 en RD Congo, d'adopter un programme commun avec les autres candidats d'opposition afin de barrer la route à la réélection programmée du président Joseph Kabila.

Depuis la récente modification constitutionnelle de janvier dernier, le scrutin présidentielle a été ramené à un seul tour. Les différents candidats d'opposition se voient donc dans l'obligation de se mettre d'accord autour d'une candidature unique pour avoir une chance de battre le président sortant Joseph Kabila. Trois candidats se détachent dans l'opposition congolaise : Etienne Tshisekedi de l'UDPS, opposant historique, Vital Kamerhe, l'ancien président de l'assemblée nationale récemment passé dans l'opposition et Jean-Pierre Bemba (actuellement en prison) ou François Mwamba pour le MLC, l'opposition institutionnelle.

La "Dynamique Tshisekedi Président" tente donc de convaincre le reste de ses partenaires de l'opposition de la nécessité de se rassembler autour d'Etienne Tshisekedi. Même si le candidat de l'UDPS tient la corde en cas de candidature unique de l'opposition, le rassemblement est loin d'être acquis pour le moment. La DTP fédère actuellement l'ANALCO de Fortunat Kandanda, le RADER d'Auguste Mampuya, l'ECiDé de Martin Fayulu, le MLP de Franck Diongo et le PT de Steve Mbikay.

Christophe Rigaud

24 mars 2011

RDC : Elections ou prolongation ?

Le 6 décembre 2011, au plus tard, un nouveau président devra entrer en fonction en République démocratique du Congo (RDC). Mais de nombreux observateurs doutent de la tenue des élections avant cette date. Les retards dans la révision du fichier électoral et le déploiement des kits électoraux ainsi que le manque de moyens financiers laissent penser qu'un délai sera accordé au régime de Joseph Kabila. Certains parlent même d'une nouvelle transition.

Logo Elections 2011.jpgLe 3 mars dernier, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), annonce la publication prochaine d’un nouveau calendrier électoral. Les élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC) prévues le 27 novembre 2011sont contraires à la Constitution congolaise, qui prévoit la tenue du scrutin 90 jours avant l’expiration du mandat du sortant, soit en septembre 2011. La date du vote doit être avancée. Seul problème, la RDC est loin d'être prête dans l'organisation du scrutin. Les fichiers électoraux ne sont effectifs que dans 3 des 11 provinces du pays… le retard accumulé est considérable. Paradoxe : comment avancer le calendrier des élections… alors que l'organisation du scrutin accuse un important retard.

Autre obstacle : les moyens financiers. Le pays manque d'argent pour organiser les prochaines élections générales, même si la communauté internationale accepte de mettre la main à la poche. Pour remédier au problème, Joseph Kabila a demandé la révision de la constitution pour ramener à un seul tour l'élection présidentielle de 2011. Objectif : faire des économies. Faux répond l'opposition congolaise : il s'agirait d'un subterfuge du président Kabila pour s'assurer sa propre réélection. Seulement depuis quelques jours, le même Joseph Kabila évoque la possibilité de "découpler" les élections présidentielles et législatives et donc d'organiser un second scrutin… alors qu'il a supprimé le second tour de la présidentielle pour faire des économies !

Devant tant de messages contradictoires, de nombreux observateurs doutent de la tenue même des élections en 2011. Le site AfricaNews, sous la plume d'Alain Nkoy Nsasies, estime que devant l'impossibilité d'organiser les élections, le régime Kabila serait prolongé au-delà du délai constitutionnel. "La RD Congo court le risque d’un vide juridique", note le journaliste et le spectre d'une nouvelle phase de transition se profile à l'horizon. Pourtant la RDC a besoin de ces élections. Et le site KongoTimes de prévenir : "sans élections en 2011… le chaos".

Christophe Rigaud

RDC : 51 millions de Congolais sans eau potable

Voici un nouveau paradoxe congolais : la République démocratique du Congo (RDC) détient plus de la moitié des réserves d’eau d’Afrique alors que les 3/4 de sa population n’ont pas accès à l’eau potable. Une récente étude du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) estime que 51 millions de Congolais manquent d'eau potable.

filtre DSC03882.jpgLa journée mondiale de l'eau à Kinshasa a été l'occasion de dévoiler une étude sur la situation inquiétante du pays en matière d'accès à l'eau potable... et le constat est rude. Les conflits, la dégradation de l’environnement, l’urbanisation et le manque d’investissements dans les infrastructures ont "gravement affecté la disponibilité en eau potable" en RD Congo.

Au cours d'un forum sur l'accès à l'eau des Congolais, Hassan Partow, du programme du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en RDC, estime que "malgré les progrès récents, y compris les réformes du secteur de l’eau, l’ampleur des défis signifie que le pays ne sera pas en mesure d’atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) qui vise à réduire de moitié la proportion de personnes sans accès à l’eau potable d’ici à 2015 à travers le monde".

Pour cet expert : "depuis que la paix a été négociée en 2003, le gouvernement a progressivement réussi à inverser la tendance négative dans l’accès à l’eau que connaît la RDC depuis sa période de conflit et de crise. Cependant, la dure réalité est que la RDC a un des taux de croissance urbaine les plus rapides dans le monde et cela ne s’accompagne pas de services en eau et en assainissement adéquats". En effet, en 2015, la République démocratique du Congo devra fournir de l’eau potable à 20,3 millions de personnes supplémentaires pour atteindre ses objectifs... et pour l'heure, le pays a pris du retard. Pour l'UNICEF : "un enfant vivant dans un village congolais a quatre fois plus de chances de boire de l’eau contaminée que quelqu’un vivant en zone urbaine".

D'après l'étude des Nations-Unies, un investissement de 70 millions de dollars sur une période de cinq ans serait nécessaire pour aider le secteur de l’eau. Le PNUE recommande également des stratégies novatrices comme les systèmes de gestion communautaire d’approvisionnement en eau dans les zones périurbaines et des solutions techniques à faible coût, tels que des robinets communaux et la collecte des eaux de pluie.

Photo : Christophe Rigaud (c) www.afrikarabia.com

15 mars 2011

Début d'année meurtrier en RDC

Les deux premiers mois de l'année 2011 ont été particulièrement violents en République démocratique du Congo (RDC). Un constat alarmant dressé par l'ONG Oxfam qui invite aux Nations-Unies à prendre ses responsabilités envers les populations civiles lourdement touchées par le conflit à l'Est du Congo. Oxfam demande à l'ONU de "prévoir des budgets qui prennent en compte les besoins réels sur le terrain".

filtre DSC02375 copie.jpg2011 s'annonce bien mal pour les populations de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon l'ONG Oxfam, présente en RDC, le Nord-Est du pays, où sévit le plus violent et le plus ancien groupe rebelle d’Afrique, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), constitue une des priorités pour l'aide humanitaire aux civils. Les rebelles de la  LRA continuent de s’attaquer aux communautés pauvres et isolées, quasi quotidiennement. 50 attaques ont  été perpétrées au cours des 60 derniers jours.

"A Dakwa, dans le Bas-Uélé, pendant toute une année les organisations humanitaires n'ont pas pu apporter de l’aide à plus de 13 000 personnes qui avaient fui les attaques de la LRA, en raison du climat d'insécurité qui règne actuellement", note Oxfam.  "Elles ont officiellement demandé le déploiement des Casques bleus afin de sécuriser l’accès à ces zones, il y a plus de six mois. Mais, à ce jour, ces populations vivent toujours sans aucune protection, ni aide. Les coupes budgétaires prévues ainsi que la réduction du nombre d’hélicoptères affrétés au transport au sein de la mission des Nations Unies ne feront qu’aggraver ces problèmes", s'indigne Oxfam.

D’autres zones de l’Est de la RD Congo "ressentent aujourd’hui les effets du déficit de financements de l’année dernière" remarque l'ONG. "Une diminution des demandes de financements de l’ONU cette année pourrait donc signifier qu’un nombre encore plus important de personnes ne recevra aucune aide en 2011, s’inquiètent certaines Ong", indique Oxfam.

Dans la province du Sud-Kivu, plus de 200 personnes ont eu besoin de soins après les violences sexuelles qu’elles ont subies, en l’espace de quelques semaines, en janvier et février. Mais l’insécurité dans la province a perturbé les opérations humanitaires : les attaques contre le personnel humanitaire y ont, en effet, connu une augmentation de plus de 100 % depuis 2009. A l’Est de la RDC, l’instabilité continue de causer beaucoup de souffrances : plus d’1,7 million de personnes ne peuvent toujours pas retourner chez elles, généralement à cause des dangers encourus.

Pour Marcel Stoessel d'Oxfam en RDC, il y a urgence : "les opérations humanitaires et de maintien de la paix ne sont tout simplement pas suffisantes pour couvrir les immenses besoins sur le terrain. Nous manquons à nos obligations envers les femmes, les enfants et les hommes de l'Est de la RDC. Il est inacceptable de ne pas distribuer de l’aide à ces personnes à cause du manque de sécurité et de financements". Ces informations alarmantes sur la situation humanitaire et sécuritaire sont très inquiétantes pour l'avenir la République démocratique du Congo (RDC) qui entre, en 2011, dans une année électorale à haut risque.

Christophe Rigaud avec www.oxfam.org

Photo : Ch. Rigaud RDC 2005 (c) www.afrikarabia.com

RDC : Freddy Matungulu dans la course pour 2011

Ministre des Finances de la République démocratique du Congo dans le premier gouvernement Kabila de 2001 à 2003, Freddy Matungulu souhaite désormais briguer la magistrature suprême pour la prochaine présidentielle de 2011.  Installé à Washington depuis sa démission, Matungulu est actuellement haut fonctionnaire au FMI. Absent de l'échiquier politique congolais depuis 8 ans, ce docteur en économie avait redonné de la voix à la RDC sur la scène économique mondiale en rassurant les institutions internationales. Cela sera-t-il suffisant pour rendre sa candidature audible par les électeurs congolais ? Cette déclaration ressemble plutôt à une candidature de témoignage en vue d'intégrer un futur gouvernement… dans l'opposition… ou la majorité ?

Christophe Rigaud