Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03 décembre 2011

RDC-Elections : La CENI distille des résultats triés sur le volet

Le climat est toujours extrêmement tendu en République démocratique du Congo (RDC). La Commission électorale (CENI) a décidé de couper court aux rumeurs en diffusant des résultats partiels de la présidentielle avant la date prévue, le 6 décembre. L'opposition dénonce une "manoeuvre" pour "préparer" la population à la réélection du président Joseph Kabila.

CENI candidats présidentielle.png4 jours avant la date officielle et dans une mise en scène savamment orchestrée, la Commission électorale (CENI) a décidé de publier des résultats partiels de l'élection présidentielle en RDC. Devant les pressions, les craintes de nouvelles violences et les rumeurs de résultats "informels" sur internet et par SMS, la CENI livre ses premiers chiffres, sur seulement 15% des 64.000 bureaux de vote.

Ces premiers résultats, très partiels, mettent le président sortant Joseph Kabila en tête avec 52%, devant son concurrent, Etienne Tshisekedi avec 34% des voix. L'opposition, et principalement l'UDPS, rejette fortement ces chiffres. La CENI a retenu des provinces, comme le Katanga, qui sont traditionnellement acquises à Joseph Kabila. D'autres provinces, comme Kinshasa, plutôt réputées proche de l'opposant Etienne Tshisekedi, ne représentent que 0,02% des bureaux retenus par la CENI… un déséquilibre "intentionnel" selon l'UDPS. "C'est de l'irresponsabilité, de la provocation. On ne peut que critiquer ces chiffres", d'après Jacquemain Shabani, secrétaire général du parti de Tshisekedi. "Pourquoi seulement 0,02% des bureaux de vote à Kinshasa, alors qu'on sait, et nous avons des témoins, que dans 90% des centres de vote le résultat est connu ?" tempête-t-il. Pour l'UNC de Vital Kamerhe, lui aussi dans l'opposition, la divulgation des ces résultats constitue un "ballon d'essai pour l'opinion", pour la préparer la réélection de Joseph Kabila.

Du côté du PPRD, le parti du président sortant, la publication de résultats partiels doit permettre de couper court à toutes les rumeurs et les chiffres fantaisistes qui circulent sur internet et par SMS. Pour Comi Toulabor, analyste politique, interrogé par Radio Okapi, ces résultats partiels doivent "dédramatiser le résultat final. Que chaque candidat sache comment il est situé et, progressivement, comment il naît électoralement".

Quel enseignement tirer de ces chiffres très partiels, voire très "partiaux" ? La seule information qui s'en dégage est la certitude d'un duel qui se jouera entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi. Mais ces résultats, consciencieusement choisis par la CENI, dont le président est un proche de Joseph Kabila, n'ont visiblement d'autre but que de rassurer les partisans du président sortant. En effet, depuis 4 jours, de nombreuses informations "informelles" circulent sur la "bonne tenue" du vote en faveur d'Etienne Tshisekedi. Certaines voix dans la presse internationale se sont même laissées aller croire la victoire du "vieux Sphinx" de l'UDPS, crédible… et même possible. Sur le site de RFI, "un haut responsable de la majorité présidentielle" concédait même être "surpris par la percée de l’opposant historique".
A 72 heures de l'annonce officielle des résultats, la CENI prépare donc les Congolalis à toutes les hypothèses… même à la réélection de Joseph Kabila.

Christophe RIGAUD

02 décembre 2011

Violences en RDC : La Garde présidentielle en accusation

Selon l'ONG américaine, Human Rights Watch (HWR), au moins 18 civils ont été tués et une centaine gravement blessés dans les deux jours qui ont précédé les élections en République démocratique du Congo (RDC). Au banc des accusés : la Garde présidentielle de Joseph Kabila.

Image 4.pngLes 26, 27 et 28 novembre 2011, jours des élections présidentielle et législatives en RDC, Kinshasa a vécu une véritable flambée de violence, en marge de la campagne électorale. Selon HRW, au moins 18 civils ont été tués et une centaine gravement blessés, principalement par les forces de sécurité. Pour l'ONG américaine, "la plupart des victimes, dont 14 dans la seule capitale Kinshasa, ont été tuées "par des soldats de la garde républicaine", l'ex-garde présidentielle.

HRW raconte "qu'un convoi de la garde présidentielle a fait feu sur des civils, tuant 12 manifestants et en blessant plusieurs dizaines dont une femme enceinte. Les soldats auraient riposté après avoir essuyé des jets de pierres de la part de partisans de l'opposition".

Pour Anneke Van Woudenberg, d'Human Rights Watch Afrique, "les élections ne peuvent être une excuse pour que les soldats tirent au hasard sur la foule. Les autorités devraient suspendre immédiatement les responsables de ce bain de sang inutile et les tenir pour responsables".

D'après les autorités congolaises, il ne s'agirait pas de membres de la garde présidentielle: "il pourrait s'agir de personnes déguisées ou portant des uniformes de la garde présidentielle mais aucun élément de la garde présidentielle ne se trouvait dans les rues", a déclaré le ministre de la Sécurité, Adolphe Lumanu.

HRW en profite pour joindre sa voix à celle de l'Onu et lancer "un appel au calme, en particulier à Kinshasa qui est globalement favorable à l'opposition". Pour Anneke Van Woudenberg "à mesure qu'approche la proclamation des résultats de l'élection, il est essentiel que tous les chefs de file, vainqueurs ou vaincus, se comportent d'une manière responsable et pacifique".

Les élections présidentielle et législatives ont été marquées par des problèmes d'organisation, des fraudes présumées et des affrontements entre membres des différentes partis politiques et les forces de sécurité. Les résultats sont attendus le 6 décembre.

Christophe RIGAUD

01 décembre 2011

RDC-Elections : Guerre des nerfs dans l'attente des résultats

Le dépouillement et la compilation des résultats des élections présidentielle et législatives sont en cours en République démocratique du Congo (RDC). L'UDPS de l'opposant Etienne Tshisekedi affirme avoir "une avance confortable" sur Joseph Kabila, alors que la Majorité présidentielle accuse l'opposition de vouloir créer "un climat d'insurrection".

Site internet Kabila 2011.jpgAvant la publication des résultats officiels le 6 décembre par la Commission électorale congolaise (CENI), les partis politiques des deux candidats favoris se livrent à une bataille de communiqués sur fond de rumeurs sur les résultats des premiers dépouillements. car si une chose est sûre : la victoire se jouera entre le président sortant Joseph Kabila et l'opposant "historique" Etienne Tshisekedi.

A l'UDPS, le parti d'opposition d'Etienne Tshisekedi, Jacquemain Shabani, est à la manoeuvre. Le secrétaire général du parti confirme à qui veut l'entendre, "l'avance" de l'UDPS dans ces élections. Des résultats provenant de différents procès-verbaux des bureaux de vote confirment, selon le parti d'Etienne Tshisekedi, un "écart confortable, incontestable et irrattrapable en dépit de la fraude constatée". Sûre de sa victoire, l'UDPS en profite pour accentuer sa pression sur le camp présidentiel en déclarant désormais "se concentrer sur la passation de pouvoir"… avant de "mettre en garde le pouvoir sortant contre toutes les manoeuvres et tentatives en cours visant à frustrer l'expression populaire".

Au PPRD, le parti présidentiel, on affirme être confiant : "nous sommes certains que le candidat Joseph Kabila va l’emporter avec un score significatif". Mais devant les déclarations victorieuses de l'UDPS, les pro-Kabila crient à "l'intoxication" et à la "manipulation de la population afin de créer un climat d'insurrection". Les partisans du président sortant rappellent que "seule la CENI est habilitée à publier les résultats électoraux".

A quelques jours de l'annonce des résultats, tant attendus, mais aussi tant redoutés par les Congolais, l'avenir n'a jamais semblé aussi incertain en RDC. Les nombreux observateurs et les ONG, présents sur place, craignent l'embrasement et les violences post-électorales. Car chacun des deux deux camps, sûrs de gagnés, se préparent surtout "à ne pas perdre" et donc à contester le scrutin.

Christophe RIGAUD

30 novembre 2011

RDC : Tshisekedi peut-il créer la surprise ?

En République démocratique du Congo (RDC), les résultats provisoires de l'élection présidentielle seront connus le 6 décembre prochain. Mais déjà, les chiffres partiels affichés dans les bureaux de vote commencent à donner certaines tendances… et elles sont plutôt bonnes pour l'opposant congolais Etienne Tshisekedi.

Logo Elections 2011.jpgTshiesekedi peut-il gagner son pari et faire perdre le président sortant Joseph Kabila ? Au vue des premiers dépouillements, une tendance semble se dégager et c'est la télévision belge flamande VRT (un peu moins prudente que ses consoeurs occidentales) qui lâche l'information : l'opposition d'Etienne Tshisekedi "se porte très bien" et "semble avoir une chance de vaincre le président Joseph Kabila". La chaîne belge note la bonne tenue du vote pro-Tshisekedi dans la capitale, Kinshasa et dans certaines provinces. Si le journaliste belge prévient que le nombre de bulletins dépouillés est trop faible pour en tirer des enseignements sur l'ensemble du territoire, la tendance est là. Et notamment en Equateur. Car si un bon résultat d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa n'est pas une surprise, les bons scores de l'Equateur montre un solide report des voix du MLC de Jean-Pierre Bemba vers le candidat de l'UDPS… "un bon présage pour les autres provinces" selon un proche de l'UDPS (Bemba avaient réalisé 42% des suffrages en 2006).

Autre signe d'un "effet Tshisekedi" :  la certaine fébrilité dans le camp présidentiel, pourtant "sûr de l'emporter". Officiellement, on se dit "serein", mais sur le site de RFI, "un haut responsable de la majorité présidentielle concède toutefois qu’il est surpris par la percée de l’opposant historique".

Dernier signe qu'il se passe "quelque chose" autour du vote Tshisekedi : la déception du clan Kamerhe, Kengo et leur demande d'annulation du scrutin. Alors qu'au contraire, l'UDPS dit "accepter le résultat des urnes" et ne contestera pas le scrutin (aussi imparfait soit-il) qui pourrait (peut-être) lui donner la victoire.

Dans le camp Tshisekedi, on se dit sûr de gagner et on affirme que le "sphinx de Limete" est "largement en tête, avec un grand écart dans la majorité des provinces et que c'était très serré ailleurs". Sur internet, les différents sites militants du parti affichent même des "estimations de vote" donnant leur candidat gagnant. Mais rien ne garantit la fiabilité de ces chiffres dont certains frisent le ridicule.

Si mathématiquement Joseph Kabila partait favori, avec un scrutin à un seul tour "taillé" pour sa réélection et la présence d'une opposition divisée… le candidat Tshisekedi semble avoir au moins relevé deux défis de taille : faire douter la Majorité présidentielle et cristalliser une majorité des voix d'opposition, malgré la présence de 9 autres candidats.

Les premiers résultats provisoires officiels sont attendus le 6 décembre.

Christophe RIGAUD

RDC : Le scrutin sera validé par la CENI

Les élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo (RDC) ont été marquées par une grande confusion, des actes de violence et des accusations de fraude. Mais la Commission électorale (CENI) estime pourtant que 99% des bureaux de vote ont "bien fonctionné" et "qu'il n'y a aucune raison pour annuler le scrutin". 4 candidats à la présidentielle contestent le vote, à l'exception de Joseph Kabila et d'Etienne Tshisekedi.

Logo CENI.pngLes élections générales ont du être prolongées d'une journée en RD Congo pour permettre aux électeurs de voter, car la logistique n'avait pas suivi. Dans certains bureaux de vote le matériel électoral n'était pas arrivé le jour de l'élection. Mais ces nombreux dysfonctionnements et les violences qui ont émaillé le vote (10 morts) ne sont visiblement pas suffisants pour annuler le scrutin. Selon le président de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda, sur les 63.865 bureaux de vote, seuls 485 bureaux ont connu de problèmes. Pour ce proche du président sortant, Joseph Kabila, "99% des bureaux de vote ont fonctionné" et "il n'y a pas de raison pour que les élections soient annulées".

Une décision qui devrait satisfaire le président Joseph Kabila (candidat à sa réélection) et son challenger, Etienne Tshisekedi, tous les deux en mesure de s'imposer. 4 autres candidats contestent cependant le scrutin et demandent son annulation.

Les élections joueront les prolongations dans une cinquantaine de bureaux de vote.  Le scrutin sera officiellement clos ce mercredi 30 novembre. Les premiers résultats provisoires devraient être communiqués le 6 décembre 2011.

Christophe RIGAUD

29 novembre 2011

RDC : Kabila et Tshisekedi persuadés d'avoir gagné

Les deux favoris à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le président sortant Joseph Kabila et l'opposant Etienne Tshisekedi se sont déclarés "satisfaits" et "confiants" sur le déroulement du scrutin d'hier. Pourtant, de nombreuses violences, des irrégularités et des fraudes ont fortement entaché la crédibilité de ces élections. Une situation qui contente toutefois les deux principaux candidats, persuadés d'avoir gagné les élections. Trois autres candidats (Kengo, Mbusa et Bombole) demandent l'invalidation du vote.

Image 3.pngAu lendemain des élections chaotiques de lundi, marquées par de nombreux incidents, les opérations de dépouillement se sont poursuivies mardi en République démocratique du Congo (RDC). Difficile de lister tous les problèmes logistiques survenus le jour du vote, mais le simple fait que certains bureaux de vote soient restés ouverts ce mardi, 1 jour après la clôture du scrutin, démontre l'étendu des dysfonctionnements. Voici sommairement les différents problèmes rencontrés le jour du vote par la mission d'observation conjointe AETA (Agir pour les Elections Transparentes et apaisées) EurAc (Réseau Européen pour l'Afrique Centrale) :

- Le dysfonctionnement du système avec l'ouverture tardive de quelques bureaux de vote dont certains ne l'ont été qu'entre 11h et 13h ;

- L'absence totale ou partielle du matériel électorale dans nombre de bureaux de vote particulièrement les bulletins de vote et des isoloirs ;

- La non prise en compte de nombreux électeurs omis de la liste électorale mais ayant leurs cartes d'électeurs et, ce, malgré la décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, de faire voter cette catégorie d'électeur sur la liste des dérogés, ce qui provoque la désorientation, le découragement et la nervosité des nombreux électeurs ;

- La création précipité d'extensions des bureaux dont certains non connus par les électeurs et/ou nécessitant des déplacements parfois longs ;

- La non sécurisation du matériel électoral, faisant que des bulletins de vote, cochés ou non, se trouvent, en dehors des bureaux de vote, entre les mains des tiers ;

- Les cas constatés de disfonctionnement ont créé des tensions qui ont mis certains observateurs nationaux et internationaux en insécurité...

Sans surprise, dans le camp présidentiel, on minimise les incidents. On parle de "couacs", de "fausses notes", de "défaillances", mais pas de quoi remettre en cause le scrutin pour la Majorité présidentielle de Joseph Kabila. Il faut dire que le président sortant partait arithmétiquement favori dans ce scrutin à un seul tour, avec 10 autres candidats d'opposition face à sa candidature. Il aurait également été difficile pour lui de contester une élection qu'il avait lui-même organisé.

Mais la "non-contestation" du scrutin par Etienne Tshisekedi est plus étonnante. L'UDPS avait en effet fait campagne sur les risques de fraudes massives pendant le vote et sur les nombreuses irrégularités dans l'enregistrement des électeurs. Le désordre et le chaos de lundi pouvaient leur donner d'excellentes raisons pour rejeter en bloc le vote. Mais visiblement, le patron de l'UDPS semble se satisfaire de ces "incidents" et a promis de "respecter les résultats des urnes". La raison est très simple : si le 5 décembre, la CENI le déclare vainqueur du scrutin, il vaut mieux ne pas avoir contesté ce même scrutin quelques jours auparavant... Une déclaration qui nous fait penser qu'Etienne Tshisekedi paraît très sûr de lui sur l'issue du vote. Un proche de Tshisekedi a confié à RFI : « même s’il y a eu énormément d’irrégularités, nous n’allons pas demander l’annulation du vote parce que nous savons que les résultats nous sont favorables ».

Autre son de cloche pour Vital Kamerhe, Léon Kengo, Antipas Mbusa et Adam Bombole. Ces candidats estiment "qu'en 2006, le scrutin était beaucoup plus crédible". Ils demandent donc "l'invalidation" des deux votes, présidentiel et législatif et dénoncent des "manquements et des irrégularités" :  l'existence de bureaux de vote "fictifs" ou la découverte de bulletins de vote "parallèles, pré-remplis ou vierges au profit" du candidat Joseph Kabila... A la différence d'Etienne Tshisekedi, ces candidats avaient peu de chance d'arriver en tête du scrutin... ce qui sera peut-être le cas du candidat de l'UDPS. Mais attention, le dépouillement n'est pas terminé et aucune indication claire n'a encore filtré des bureaux de vote.

Christophe RIGAUD

28 novembre 2011

RDC : Récit d'une folle journée électorale

Désordres et violences ont été au menu de ce lundi électoral en République démocratique du Congo (RDC). 32 millions de Congolais étaient attendus aux urnes pour élire leur président de la République et leurs députés. Comme prévu, l'organisation logistique du scrutin a été chaotique et de nombreux incidents ont perturbé le vote, dans un climat de tension extrême. Première indication : la participation semble plus faible qu"en 2006 et un premier bilan sécuritaire fait état d'au moins 10 morts. Récit de cette folle journée d'élections aux quatre coins du Congo.

élections RD.pngSur l'ensemble du territoire, de très nombreux bureaux de vote ont ouvert avec retard... ou pas du tout. C'est notamment le cas à Lubumbashi  où des tirs d'armes automatiques ont été entendus ce midi, provoquant des mouvement de panique dans le quartier Njanja. Un des véhicules de la CENI (Commission électorale) a été brûlé au Bel Air. La population y aurait trouvé des bulletins de vote déjà cochés en faveur du candidat n°3 (le président sortant Joseph Kabila). Toujours dans la capitale du Katanga, le centre de vote de l'école Twendeleye n'était toujours pas ouvert à 12h15.

A Kananga, le fief du candidat d'opposition Etienne Tshisekedi : "des bureaux de vote ont été incendiés, des bulletins volés, d'autres déjà mis dans des urnes avant l'ouverture du scrutin", selon l'ONU. Une quinzaine de bureaux de vote ont été incendiés.

Dans la capitale, Kinshasa, les observateurs ont constaté que tous les bureaux ont ouvert en retard à l’exception de ceux du quartier central de la Gombe où Joseph Kabila a voté ce matin. A Bandal, dans la capitale, une personne aurait été amené à la Police congolaise avec 300 bulletins de vote déjà cochés. Cette personne aurait été transféré au commissariat de l'avenue Inga-Kasavubu.

A Kinshasa toujours, dans le quartier de Masina : une trentaine de bureaux de vote ne disposeraient que des bulletins pour les législatives. Les électeurs ne peuvent donc pas voter pour la présidentielle dans ce quartier. La colère montait donc dans ce quartier populaire de Kinshasa, où les électeurs étaient  toujours en train de faire la queue devant les bureaux de vote... fermés.

A Mbuji-Mayi, au Kasaï, les bulletins des candidats à la présidentielle n’étaient pas disponibles jusqu’à 11 heures. Des électeurs ont détruit l’église Tshisandale Dorpi, affirmant y avoir découvert des bulletins cochés en faveur d’un candidat .
Dans certains bureaux, des bulletins de vote de la présidentielle ne portaient pas le candidat N°11 (Etienne Tshisekedi) en bas de page : des « problèmes de découpe » pour la Commission électorale (CENI). Toujours au Kasaï, la chaîne de télévision RLTV disposerait de plus de 600 bulletins de vote "pré-cochés" en faveur du candidat Joseph Kabila.

Dans l'Est de la RDC, toujours en proie à une dizaine de groupes rebelles, la frontière de Ruzuzu 1 avec le Rwanda, près de Bukavu,  serait "grande ouverte" selon des témoins. A Goma, toujours à l'Est, des observateurs internationaux ont rapporté plusieurs cas de bourrages d'urnes, selon Cindy McCain, l'épouse du sénateur américain John McCain, membre d'une équipe d'observateurs indépendants. A Goma et Beni, au Nord Kivu, les témoins des partis politiques étaient absents de nombreux bureaux de vote. "Plusieurs électeurs n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales à Lubero et des bulletins de vote pour les législatives n’étaient pas disponibles dans certains bureaux de Kitchanga", selon Radio Okapi. A Beni, dans le Nord Kivu, 429 détenus se sont évadés de la prison de la ville, (dont 126 prisonniers militaires) créant la panique dans la population. Les gardiens de la prison ont tous été tués.

Dans la province du Bandudu, les villes de Tembo et Banzi n’avaient pas reçu le matériel électoral ce matin. "Un avion de l’armée congolaise a décollé de Kinshasa, mais à court de kérosène, il a dû se poser sur le terrain de Kikwit où il s’est retrouvé bloqué faute de carburant disponibl, révèle la radio de l'ONU, Okapi.

En fin de journée, le dirigeant de l'opposition, Etienne Tshisekedi, a voté "in extremis" après avoir été empêché d'approcher du lieu du vote par la police. Il s'est ensuite rabattu sur un autre bureau, celui de l'institut Lubumba, où il a pu voter.

D'après les premières observations sur place, la participation semblait bien plus faible qu'en 2006, lors des dernières élections. Un premier bilan faisait état de 10 morts.

Les résultats du scrutin sont attendus le 6 décembre 2011.

Christophe RIGAUD

RDC : Vital Kamerhe conteste déjà le scrutin

Dans un communiqué publié le jour même du vote, le candidat de l'UNC, Vital Kamerhe, dénonce déjà une "vaste opération de fraude massive susceptible de dénaturer la vérité des urnes mais aussi de susciter une contestation dont l'escalade peut conduire à une insurrection aux conséquences incalculables".

Image 4.pngDans son communiqué, Vital Kamerhe dénonce notamment "le bourrage d'urnes avec des bulletins du candidat n°3" (Joseph kabila), "la délivrance de cartes d'électeurs à des mineurs, la non prise en compte de certains électeurs sur les listes électorales"... Mais aussi, "le déplacement de certains bureaux de vote, le dédoublement d'autres et la localisation imprécise de nombreux lieux de vote".

Vital Kamerhe condamne l'interdiction des meetings politiques le dernier jour de la campagne (le samedi 26 novembre). Le leader de l'UNC dénonce la "séquestration" du candidat de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, afin de l'empêcher de tenir meeting au stade des Martyrs et conteste "l'usage des armes par les forces spéciales et la garde présidentielle" à l'encontre des militants de l'UDPS et de l'UNC. Hier encore, Vital Kamerhe demandait le report de 2 à 3 jours du scrutin pour "que les esprits s'apaisent et permettent de sauver le processus électoral"... mais en vain. Le vote s'est déroulé de manière chaotique ce lundi. Un bilan provisoire fait état de 5 morts lors de divers affrontements dans tout le pays ce lundi.

Christophe RIGAUD

RDC : Suivez la journée électorale en direct

Jour-J pour les 32 millions de Congolais appelés aux urnes ce lundi. Mais une journée de vote chaotique selon les informations qui nous parviennent de République démocratique du Congo (RDC), qui vote aujourd'hui pour la présidentielle et les législatives dans un scrutin à un seul tour. De nombreux incidents perturbent ces élections qui se déroule dans un climat très tendu. En voici la liste :

- A Kananga, le fief du candidat d'opposition Etienne Tshisekedi : "des bureaux de vote ont été incendiés, des bulletins volés, d'autres déjà mis dans des urnes avant l'ouverture du scrutin", selon l'ONU. Une quinzaine de bureaux de vote ont été incendiés.

- Sur l'ensemble du territoire, de très nombreux bureaux de vote ont ouvert avec retard... ou pas du tout. C'est notamment le cas à Lubumbashi  où des tirs d'armes automatiques ont été entendus ce midi, provoquant des mouvement de panique dans le quartier Njanja. Un des véhicules de la CENI (Commission électorale) a été brûlé au Bel Air. La population y aurait trouvé des bulletins de vote déjà cochés en faveur du candidat n°3 (le président sortant Joseph Kabila).

- Toujours à Lubumbashi : le centre de vote de l'école Twendeleye n'est toujours pas ouvert à 12h15.

- Dans la capitale, les observateurs ont constaté que tous les bureaux ont ouvert en retard à l’exception de ceux du quartier central de la Gombe où Joseph Kabila a voté ce matin.

- A Kinshasa encore :  à Bandal, une personne aurait été amené à la Police congolaise avec 300 bulletins de vote déjà cochés. Cette personne aurait été transféré au commissariat de l'avenue Inga-Kasavubu.

- A Kinshasa toujours, dans le quartier de Masina : une trentaine de bureaux de vote ne disposeraient que des bulletins pour les législatives. Les électeurs ne peuvent donc pas voter pour la présidentielle dans ce quartier. La colère montait donc dans ce quartier populaire de Kinshasa, où les électeurs étaient  toujours en train de faire la queue devant les bureaux de vote... fermés.

- A Mbuji-Mayi, au Kasaï, la chaîne de télévision RLTV disposerait de plus de 600 bulltins de vote "pré-cochés" en faveur du candidat Joseph Kabila.

- A Mbuji-Mayi encore, les bulletins des candidats à la présidentielle n’étaient pas disponibles jusqu’à 11 heures. Les électeurs ont détruit l’église Tshisandale Dorpi, affirmant y avoir découvert des bulletins cochés en faveur d’un candidat .
Dans certains bureaux, des bulletins de vote de la présidentielle ne portaient pas le candidat N°11 (Etienne Tshisekedi) en bas de page : des « problèmes de découpe » pour la Commission électorale (CENI).

- A Bukavu : la frontière de Ruzuzu 1 avec le Rwanda serait "grande ouverte" selon des témoins.

- A Goma, dans l'Est de la RD Congo (une zone où règne encore une dizaine de groupes rebelles), des observateurs internationaux ont rapporté plusieurs cas de bourrages d'urnes, selon Cindy McCain, l'épouse du sénateur américain John McCain, membre d'une équipe d'observateurs indépendants.

- Dans l'Est, à Goma et Beni, au Nord Kivu, les témoins des partis politiques sont absents de nombreux bureaux de vote. "Plusieurs électeurs n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales à Lubero et des bulletins de vote pour les législatives n’étaient pas disponibles dans certains bureaux de Kitchanga", selon Radio Okapi.

- A Beni, dans le Nord Kivu, 429 détenus se sont évadés de la prison de la ville, (dont 126 prisonniers militaires) créant la panique dans la population. Les policiers commis à leur garde ont été tués.

- Dans la province du Bandudu, les villes de Tembo et Banzi n’avaient pas reçu le matériel électoral ce matin. "Un avion de l’armée congolaise a décollé de Kinshasa, mais à court de kérosène, il a dû se poser sur le terrain de Kikwit où il s’est retrouvé bloqué faute de carburant disponibl, révèle la radio de l'ONU, Okapi.

- D'après les premières informations, la participation semblait bien plus faible qu'en 2006, lors des dernières élections.

- Un premier bilan à 15h00 faisait état de 5 morts.

Informations publiées à 17h00.

Christophe RIGAUD

27 novembre 2011

RDC-Elections : La CENI prévoit "des petits problèmes" lundi

Jusqu'au dernier jour, la tenue des élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo (RDC) a été suspendue à de nombreuses difficultés matérielles. La Commission électorale (CENI) a confirmé l'ouverture des bureaux de vote ce lundi et tenté de rassurer… sans convaincre. Son président, Daniel Ngoy Mulunda, a indiqué qu'il pourrait y avoir des "petits problèmes", estimant "qu'il n'y a jamais eu d'élections 100% correctes".

Logo CENI.pngLes élections générales auront bien lieu ce lundi en République démocratique du Congo (RDC). Le président de la Commission électorale (CENI) l'a une nouvelle fois confirmé, malgré les difficultés matérielles. Depuis plusieurs mois, les retards s'accumulent dans l'organisation des élections présidentielles et législatives en RD Congo. Ces derniers jours, la CENI a dû affréter d'urgence une soixantaine d'hélicoptères et une vingtaine d'avions pour acheminer le matériel électoral dans les 63.000 bureaux de vote du pays. Le défi logistique à relever était de taille : la RDC est 4 fois plus vaste que la France et certaines régions ne sont accessibles qu'à pied ou en pirogue.

La CENI affirme pourtant être prête à "99%". Les bulletins de vote, les urnes et les isoloirs ont déjà été déployés dans 157 des 169 circonscriptions, annonce la CENI. Son président, Daniel Ngoy Mulunda, que l'opposition estime trop proche du président sortant Joseph Kabila, a tenté de rassurer les observateurs internationaux et les journalistes… sans toutefois convaincre. Ngoy Mulunda a en effet déclaré qu'il pourrait y avoir "des petits problèmes" le jour du vote, estimant "qu'il n'y a jamais eu d'élections 100% correctes".

Pour l'opposition, de nombreux "points noirs" n'ont toujours pas été éclaircis avant le scrutin. Les listes d’électeurs, selon la loi, devaient être affichées devant tous les bureaux de vote un mois avant le scrutin. Ce qui est loin d’être la cas. Autre problème : beaucoup d’électeurs ne savent pas où voter. L'opposition dénonce également des "bureaux de vote fantômes" et "des achats de cartes d’électeurs". Un journal kinois parlait même, il y a deux jours, de bulletins de vote "cochés à l’avance". Difficile de vérifier ces accusations. Mais même sans parler de fraude, les observateurs s’attendent à "de gros cafouillages".

Christophe RIGAUD

RDC : La Mission d'observation de l'UE dénonce "de graves entraves au droit de mener campagne"

Dans un communiqué, la Mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOE- UE) "regrette que les derniers jours de la campagne électorale aient été marqués par plusieurs incidents graves et par des affrontements violents qui ont malheureusement coûté des pertes en vies humaines, notamment à Kinshasa". L'UE dénonce "de graves graves entraves au droit de mener campagne et au principe d’égalité qui devrait prévaloir".

Capture d’écran 2011-11-27 à 17.40.03.pngSuite aux nombreuses violences du dernier jour de campagne électorale en République démocratique du Congo (RDC) ce samedi, la Mission de l'Union européenne "déplore une gestion désordonnée et improvisée des derniers rassemblements de campagne de plusieurs candidats présidentiels par les autorités de la capitale qui ont abouti à restreindre l’expression des opinions et des libertés de réunion et de manifestation. Elle considère l’opération policière menée hier soir à l’aéroport de Ndjili contre le convoi d’un candidat présidentiel et les interpellations qui ont été perpétrées comme de graves entraves au droit de mener campagne et au principe d’égalité qui devrait prévaloir".

La MOE-UE fait allusion aux incidents de samedi soir, à l'aéroport de Ndjili, où l'opposant Etienne Tshisekedi (UDPS) a été bloqué et empêché de tenir son dernier meeting de campagne à Kinshasa. Dans la matinée, des affrontements avaient poussé le gouverneur de Kinshasa à interdire tous les meetings politiques dans la capitale, y compris celui du président Kabila. L'UDPS y a vu une ultime "manoeuvre" du pouvoir d'interdire le meeting de Tshisekedi à Kinshasa, largement acquise à l'opposition. Pour un grand nombre d'observateurs, ces violences de samedi survenues à 48 heures des élections sont les signes des tensions qui pourraient subvenir après la proclamation des résultats.

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne insiste enfin "auprès de tous les acteurs du processus électoral pour que les violences cessent afin que les électeurs et les électrices puissent exercer leur droit de vote en toute sécurité le jour du scrutin". Le vote est toujours fixé au lundi 28 novembre par la Commission électorale congolaise (CENI).

La Mission de l'UE pour les élections 2011 en RDC se compose de 145 observateurs. Un premier rapport préliminaire sera présenté 2 jours après le scrutin et le rapport final dans les quatre mois.

Christophe RIGAUD

RDC : Un camp militaire attaqué à la veille des élections

Le camp militaire "Major Vangu" et un dépôt de munition ont été attaqués cette nuit à Lubumbashi. 1 militaire a été tué selon Radio Okapi. Une attaque qui intervient à la veille de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC).

Capture d’écran 2011-11-27 à 13.14.23.pngLa radio des Nations-Unies en RDC indique qu'un groupe d'hommes non identifiés a attaqué ce camp de Lubumbashi, tuant l'une des sentinelles et incendiant un dépôt militaire "stratégique".  Pour l'instant nous ne savons pas si des armes ou des munitions ont été emportées par le commando. Toujours selon Radio Okapi, ce groupe armé pourrait appartenir au CORAK (Coordination pour le referendum d'autodétermination du Katanga) qui revendique l'indépendance de cette région minière du Sud-Est de la RD Congo.

Christophe RIGAUD

Photo : Lubumbashi en 2005 (c) Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

RDC-Elections : L'Union africaine appelle à la retenue

Le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, se dit préoccupé "par la tension croissante qui prévaut en République démocratique du Congo (RDC)", à la veille de la tenue d’élections cruciales, le 28 novembre 2011. Il déplore "les violences intervenues à Kinshasa le 26 novembre 2011 et qui ont entrainé des pertes en vies humaines, ainsi que les différents autres incidents qui ont émaillé la campagne électorale". L'UE appelle les différents acteurs "à la retenue".

Capture d’écran 2011-11-27 à 12.58.46.pngDans un communiqué de l'Union africaine, "Jean Ping rappelle que les élections du 28 novembre 2011, les deuxièmes après la longue et meurtrière crise qu’a connue la RDC, doivent permettre de consolider la paix, de renforcer la réconciliation nationale, d’approfondir le processus démocratique et de jeter les bases d’un développement économique et social durable au bénéfice de tout le peuple congolais. Le Président de la Commission réitère le message de retenue et de responsabilité qu’il a porté aux acteurs politiques congolais lors de la visite de travail qu’il a effectuée en RDC, du 6 au 8 novembre 2011, dans le prolongement de la mission pré‐électorale du Groupe des Sages de l’UA, au début du mois d’octobre, ainsi que le communiqué de la 298ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, tenue le 17 novembre 2011. Il souligne, dans ce contexte, la nécessité pour toutes les parties prenantes au processus électoral de faire preuve de la plus grande retenue, d’oeuvrer à la création du climat indispensable pour la tenue d’élections apaisées et, en cas de contestations des résultats, de recourir aux procédures et mécanismes prévus à cet effet".

26 novembre 2011

RDC-Elections : Tshisekedi prêt à un report si Ngoy Mulunda démissionne

Afrikarabia logo.pngFin de campagne rocambolesque en République démocratique du Congo (RDC). L'opposant congolais Etienne Tshisekedi a été empêché de tenir son dernier meeting à Kinshasa après avoir a été bloqué par la police à l'aéroport. A la suite des violences de matinée (1 mort et plusieurs blessés), les meetings ont été interdits par le gouverneur de la capitale. Une agence de presse internationale affirme qu'Etienne Tshisekedi pourrait accepter un report du scrutin si le président de la Commission électorale (CENI), Daniel Ngoy Mulunda était limogé.

Christophe RIGAUD

RDC-Elections : Tshisekedi bloqué à l'aéroport par police

Tension extrême à Kinshasa, ce samedi, pour le retour d'Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila dans la capitale congolaise. Le leader de l'UDPS, Etienne Tshisekedi a été bloqué par la police sur la route de l'aéroport, les meetings politiques ayant tous été interdits par le gouverneur de Kinshasa. Tshisekedi est accompagné par Martin Fayulu, Diomi Ndongala et Christian Badibangi. Des milliers de partisans essaient actuellement de les rejoindre (18h00).

Afrikarabia logo.pngLes incidents se sont multipliés ce samedi à Kinshasa, à 48 heures du scrutin présidentielle de lundi. Les deux principaux candidats à la présidentielle du 28 novembre étaient de retour à Kinshasa. Joseph Kabila a atterri le premier, dans la matinée à Ndjili, à quelques kilomètres du centre de Kinshasa. Son convoi a été pris à parti par des militants de l'UDPS d'Etienne Tshisekedi. La police a ensuite dispersé violemment ces mêmes militants, venus attendre le "sphinx de Limete", le surnom de Tshisekedi, à l'aéroport. Les forces de sécurité congolaise ont alors décidé de bloquer le convoi du candidat de l'UDPS qui souhaitait se rendre au centre de Kinshasa pour y tenir un meeting. Le bilan provisoire de cette dernière journée de campagne est de 1 morts, d'une vingtaine de blessés dont 12 graves.

A la suite de ces incidents, le gouverneur de Kinshasa a décidé d'interdire tous les meetings politiques, "y compris celui du chef de l'Etat, Joseph Kabila, prévu à Kinshasa". Etienne Tshisekedi, toujours bloqué par la police sur la route de l'aéroport a déclaré vouloir aller "au stade des Martyrs" pour y tenir son meeting.

Selon nos dernières informations en provenance de Kinshasa (17h30), Etienne Tshisekedi, est toujours bloqué par la police. Il est accompagné de sa délégation composée de Martin Fayulu, Diomi Ndongala et Christian Badibangi. Plusieurs milliers de personnes les accompagnent, "une marée humaine" selon des témoins.

Christophe RIGAUD

RDC-Elections : Violences à Kinshasa, les meetings sont interdits

La tension est montée d'un cran en République démocratique du Congo (RDC) à 48 heures de l'élection présidentielle. Au dernier jour de la campagne, des affrontements violents ont accompagné le retour des deux candidats, Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi à Kinshasa. Bilan provisoire : 1mort et une vingtaine de blessés. Le gouverneur de Kinshasa a alors décidé d'interdire tous les meetings politiques. L'opposant Etienne Tshisekedi a annoncé qu'il maintenait le sien dans la capitale congolaise.

Logo Elections 2011.jpgLe niveau de violence s'est accrue à Kinshasa dans la journée de samedi. Les deux principaux candidats à la présidentielle du 28 novembre étaient de retour à Kinshasa. Joseph Kabila a atterri le premier, dans la matinée à Ndjili, à quelques kilomètres du centre de Kinshasa. Son convoi a été pris à parti par des militants de l'UDPS d'Etienne Tshisekedi. La police a ensuite dispersé violemment ces mêmes militants, venus attendre le "sphinx de Limete", le surnom de Tshisekedi, à l'aéroport. Les forces de sécurité congolaise ont alors décidé de bloquer le convoi du candidat de l'UDPS qui souhaitait se rendre au centre de Kinshasa pour y tenir un meeting. Le bilan provisoire de cette dernière journée de campagne est de 1 morts, d'une vingtaine de blessés dont 12 graves.

A la suite de ces incidents, le gouverneur de Kinshasa a décidé d'interdire tous les meetings politiques, "y compris celui du chef de l'Etat, Joseph Kabila, prévu à Kinshasa". Etienne Tshisekedi, toujours bloqué par la police sur la route de l'aéroport a déclaré vouloir aller "au stade des Martyrs" pour y tenir son meeting.

Pendant ce temps, la Commission électorale (CENI) continue sa course contre la montre pour organiser le scrutin dans les délais. L'élection présidentielle et les législatives sont toutes les deux prévues le lundi 28 novembre.

Christophe RIGAUD

25 novembre 2011

Elections : La RDC retient son souffle

Entre les soupçons de fraudes, les retards logistiques et les nombreux affrontements entre majorité et opposition, les élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo (RDC) se dérouleront sous haute tension. A trois jours du vote, la contestation des résultats constitue la principale menace qui pèse sur le scrutin, avec la crainte de dérapages post-électoraux violents.

Image 4.pngDrôle d'ambiance à J-3 des élections générales en RD Congo où plusieurs questions restent toujours en suspend. Tout d'abord sur l'organisation du scrutin. Depuis quelques mois la Commission électorale (CENI) accumulent les retards dans le déploiement du matériel électorale dans les 11 provinces du pays. Les avions et les moyens de transports routiers manquent pour dispatcher les 186.000 urnes et les 64 millions de bulletins de vote dans les 64.000 bureaux de vote. Le pays est immense (5 fois la France) et les routes sont inexistantes sur une grande partie du territoire : les urnes et les bulletins sont souvent acheminés, à pieds, à vélos ou en pirogue... le temps presse donc.

Il y ensuite les nombreuses irrégularités dans l'organisation du scrutin qui font craindre la contestation des résultats par les candidats perdants (le scrutin est à un seul tour). L'opposition a longtemps fustigé le travail de la CENI qu'elle considère trop proche du président sortant, Joseph Kabila. Plusieurs sujets ont fait polémique avant le scrutin : l'augmentation "anormale" du nombre d'électeurs, le nombre importants de "doublons" sur le fichier électoral, les mineurs possédant une carte une carte d'électeur ou encore la présence de bureaux de vote fictifs... La CENI récuse toutes ces allégations en bloc et affirme que ces élections seront "libres et transparentes". Pour les ONG locales et internationales présentes sur le terrain, "le risque de fraude massive est important". Pendant plusieurs mois, l'opposition avait demandé l'audit du fameux fichier électorale et l'accès au serveur. Devant les atermoiements de la Commission électorale, cette vérification n'a pas été faite et à 3 jours du scrutin... il est trop tard. Autant dire que le climat est aujourd'hui à la méfiance. Et sans parler de tricherie, les nombreux observateurs des élections congolaises s'attendent "à de gros cafouillages".

Le suspens est donc total sur l'issu des élections et personne ne peut prévoir les réactions des candidats perdants à l'annonce des résultats. Les violences pré-électorales laissent craindre le pire et le spectre d'un scénario "à l'ivoirienne" est désormais probable : les deux candidats se déclarant vainqueurs au lendemain du scrutin. Il y a 6 mois déjà, l'ONG International Crisis Group faisait cette analyse : "le gouvernement congolais fait face à un dilemme : respecter les échéances constitutionnelles et organiser des élections bâclées ou ignorer ces échéances et plonger dans une période d’inconstitu­tionnalité du pouvoir". L'ICG demandait alors aux autorités congolaises "d'accélérer la préparation des scrutins, de négocier un calendrier électoral de secours ainsi qu’un accord politique pour une période de transition quasi certaine"... mais rien n'a été fait en ce sens. Aujourd'hui, il est trop tard pour faire quoi que ce soit. La machine électorale est sur les rails et plus rien ne semble pouvoir l'arrêter.

Christophe RIGAUD

Photo : Kinshasa en 2006 (c) Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

24 novembre 2011

RDC-Présidentielle : Pourquoi Bemba ne choisit pas ?

Le message était très attendu à Kinshasa par les candidats d'opposition à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Mais finalement, le patron du MLC ne donnera pas de consigne de vote à ses militants. Jean-Pierre Bemba a demandé "au peuple congolais de porter unanimement ses voix (sur) un seul candidat, celui qui a le plus de chances de garantir le changement et l'alternance".Les partisans d'Etienne Tshisekedi y voit un soutien déguisé à leur candidat.

Image 18.pngDepuis plusieurs jours, Tshisekedi, Kamerhe et Kengo étaient suspendus aux lèvres de Jean-Pierre Bemba. A la clé : le soutien du leader du MLC à leur candidature à l'élection présidentielle du 28 novembre prochain. Un soutien qui vaut de l'or, puisque le candidat Bemba avait réalisé plus de 6 millions de voix à la présidentielle de 2006. Inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas se présenter à ce scrutin. Ses voix étaient donc particulièrement courtisées par les 3 candidats de l'opposition : Etienne Tshisekedi, Léon Kengo et Vital Kamerhe. Les 3 prétendants avaient tous rendu visite au "chairman" du MLC dans sa cellule de La Haye... visiblement en vain.

Jean-Pierre Bemba ne choisira donc pas. Dans sa déclaration, le patron du MLC estime que les 3 "poids lourds" de l'opposition ont tous des qualités :
- Tshisekedi est "porteur d'une vision d'espérance, basée sur la permanence d'une lutte que tous nous reconnaissons comme importante dans l'histoire de notre démocratie", Vital Kamerhe "fait preuve d'une percée, d'un dynamise et d'une vision qui ouvrent des perspectives prometteuses pour la RDC", Léon Kengo "a une connaissance avérée et une expérience éprouvée dans les affaires de l'Etat".

Les soutiens d'Etienne Tshisekedi croit tout de même pouvoir lire entre les lignes lorsque Jean-Pierre Bemba demande "au peuple congolais de porter unanimement ses voix (sur) un seul candidat, celui qui a le plus de chances de garantir le changement et l'alternance". L'UDPS, qui estime que son candidat est le mieux placé, voit dans cette phrase un soutien masqué au "sphinx de Limete", le surnom d'Etienne Tshisekedi. D'ailleurs, le secrétaire général du MLC à Kinshasa, Thomas Luhaka ne laisse planer aucun doute sur son choix : "s'il n'y a pas de compromis (pour une candidature commune), moi je voterai Tshisekedi".

En ne donnant aucune consigne claire de vote à ses militants, le patron du MLC préserve son capital politique et prépare l'avenir. Car si le MLC n'a pas de candidats à la présidentielle, le parti de Bemba présente de nombreux candidats aux législatives. En choisissant un candidat à la présidentielle, Jean-Pierre Bemba laissait la possibilité aux électeurs MLC de voter pour un autre parti que le sien aux législatives. Sans consignes, le message de Bemba devient logique : votez pour qui vous voulez à la présidentielle, mais votez MLC aux législatives. En conservant un nombre important de députés à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Bemba prépare donc son retour politique, une fois terminé l'épisode CPI.

Christophe RIGAUD

Photo : JP Bemba en 2006 à Kinshasa (c) Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

23 novembre 2011

RDC : Un député du MLC assassiné avant les élections

En pleine campagne électorale pour la présidentielle et les législatives en République démocratique du Congo (RDC), Marius Gangale, député provincial MLC du parti de Jean-Pierre Bemba, a été assassiné ce mardi à Kinshasa. Un assassinat qui n'est pas sans rappeler celui de Daniel Botethi, il y a 3 ans. L'Union européenne (UE), "très préoccupée" par ce meurtre demande une "enquête sérieuse".

Capture d’écran 2011-11-23 à 21.02.03.pngAlors que la campagne électorale se déroule toujours dans un climat de violence en RDC, la nouvelle de l'assassinat du député Marius Gangale a jeté un froid ce mercredi à Kinshasa. "Mardi soir, deux hommes ont tenté d'ouvrir la portière arrière du pick-up du député congolais, bloqué dans un embouteillage. La porte étant verrouillée de l'intérieur, l'un des deux hommes a sorti une arme et tiré sur Marius Gangale", raconte le secrétaire général du parti, Thomas Luhaka.

Une enquête a été ouverte par la police de Kinshasa, mais l'Union européenne souhaite qu'une enquête "rigoureuse et transparente soit conduite pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce crime". Il faut dire que cet assassinat intervient à moins d'une semaine des élections générales en RDC, dont la campagne électorale en cours se déroule dans un climat de tension extrême.

Au MLC, on ne croit pas à la thèse purement criminelle. Il y a trois ans, le vice-président MLC de l'assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi avait été abattu dans des circonstances similaires. Le parti de Jean-Pierre Bemba avait alors suspendu sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale, du Sénat et de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.

Christophe RIGAUD

21 novembre 2011

Kabila-Tshisekedi : Qui peut l'emporter ?

A une semaine de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le scrutin tourne au duel entre le président sortant, Joseph Kabila, qui brigue un second mandat et Etienne Tshisekedi, le leader de l'opposition. Si Joseph Kabila part favori, Tshisekedi compte sur sa popularité pour s'imposer.

Site internet Kabila 2011.jpg32 millions d'électeurs congolais sont appelés aux urnes en RD Congo le 28 novembre prochain. Mais l'incertitude plane sur la tenue effective du scrutin dans les délais : les urnes et les bulletins ne sont pas encore arrivés dans les 62.000 bureaux de vote du pays. L'insuffisance des infrastructures de communication (routes, voies ferrées) risque en effet de mettre à mal le calendrier électoral. Si les délais sont respectés, les Congolais devront choisir entre 11 candidats, tous des hommes. Mais deux candidats se détachent du scrutin nettement.

Kabila toujours favori

A 40 ans, Joseph Kabila brigue son second mandat à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) et part avec une longueur d'avance. Joseph Kabila possède 3 atouts : un scrutin à un seul tour, une opposition divisée et des moyens financiers très importants… sans compter la "prime au sortant" qui favorise le candidat en poste. Si le bilan de son quinquennat est mitigé, Joseph Kabila fait campagne  sur les réalisations de ses Cinq chantiers (réhabilitation des routes à Kinshasa et dans certaines provinces, la construction des ponts à Kinshasa, au Bas-Congo et au Bandundu…). Le président sortant peut se féliciter d'avoir restaurer "les grands équilibres macroéconomiques", "consolider la démocratie", "reconstruire le pays dévasté par la guerre" et "conduire les Congolais à des élections libres, crédibles, démocratiques et transparentes". Mais pour la population, ses réalisations ne sont perçues que comme du "saupoudrage". La vie quotidienne des Congolais n'a cessé de se dégrader. La promesse de l'accès à l'eau, à l'électricité, à l'éducation aux moyens de transports, à la santé est restée lettre morte. La réalité est tout autre : hausse des prix, salaires en berne, franc faible... Une étude économique démontrait récemment que l'on vivait mieux au Zaïre en 1990, qu'en RDC en 2011.

Autres points noirs : l'insécurité à l'Est du pays, où des dizaines de groupes rebelles continuent de terroriser les civils, la corruption omniprésente, qui fait fuir les investisseurs, la répression violente des opposants politiques et les violations multiples des droits de l'homme ont atteint des proportions inquiétantes, selon les nombreuses ONG présentes à Kinshasa. Il y aura donc de nombreux déçus du "Kabilisme". Et l'opposition compte bien "surfer" sur le mécontentement de la population. Mais avec une présidentielle à un seul tour et une opposition divisée (10 candidats), Joseph Kabila peut espérer se faire réélire, même avec un faible score.

Tshisekedi, "l'intransigeant", s'impose

Le challenger s'appelle Etienne Tshisekedi, 79 ans. Le candidat n'est pas de toute première jeunesse : il était déjà député en 1965 et ministre en… 1968. Pas tout jeune mais encore combatif, "le vieux", comme l'appelle ses proches, est présenté comme "l'opposant historique". Opposant à Mobutu, puis à Kabila. A la tête de l'UDPS, Tshisekedi revient pourtant de loin. En 2006, lors des dernières élections, il décide de boycotter le scrutin. Tshisekedi estime que ces élections, voulues par la communauté internationale, ne sont organisées que pour "offrir" une élection "démocratique" au président Kabila et légitimer son pouvoir. "Le vieux", absent du scrutin, laisse donc la place à un autre opposant : Jean-Pierre Bemba, qui fédère sur son nom les voix de l'UDPS orpheline de Tshisekedi. Bemba réalise un bon score : 42% et remplace Tshisekedi sur l'échiquier politique congolais (contrairement à l'UDPS, le MLC obtient des députés à l'Assemblée nationale). En 2006, l'opposant, c'est maintenant Bemba. Tshisekedi et l'UDPS sont donnés pour "morts" politiquement. Le "sphinx de LImete" entame alors une longue traversée du désert… une de plus. L'homme disparaît ensuite du paysage politique pour se faire soigner à l'étranger. Pendant 3 longues années, personne ne parie sur le retour politique du leader de l'UDPS… jusqu'en 2010. Tshisekedi est remis sur pied et souhaite se lancer dans la bataille de 2011. Objectif : la présidentielle. Car entre temps, un événement a bouleversé le paysage politique congolais : l'arrestation en 2008 de Jean-Pierre Bemba par la Cour pénale internationale (CPI). Le patron du MLC est accusé de crimes de guerre et crime contre l'humanité, commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002 et 2003. L'opposition se cherche donc un autre leader. En décembre 2010, Tshisekedi décide alors de revenir à Kinshasa, après 3 ans d'absence… un retour gagnant. Une foule compacte l'attend à sa sortie d'avion et le "sphinx" mettra plusieurs heures à se rendre à son domicile. Le patron de l'UDPS enchaîne avec 2 meetings monstres à Kinshasa et démontre en quelques semaines sa popularité grandissante. Mais cela suffira-t-il à sa victoire ?

Car si le leader de l'UDPS a réussi son entrée en campagne, Tshisekedi n'a pas réussi pas à fédérer les autres candidats d'opposition derrière sa candidature. Il n'y aura donc pas de candidat unique de l'opposition dans cette présidentielle à un seul tour, où la multiplicité des candidats ne peut bénéficier qu'à Joseph Kabila. Autre difficulté à surmonter pour l'opposition : la transparence du scrutin. L'UDPS craint une fraude massive et croit à la complaisance de la Commission électorale (CENI), réputée proche de Joseph Kabila. De nombreuses irrégularités ont déjà été constatées lors de l'enregistrement des électeurs et Tshisekedi prépare ses partisans à contester les résultats du scrutin. Le risque est donc important de voir le pays sombrer dans des violences post-électorales. Lors d'un de ses discours, le patron de l'UDPS s'était d'ailleurs justifié sur la question : «entre celui qui fait arbitrairement arrêter et tuer les Congolais et moi qui dit au peuple prenez votre responsabilité, aller libérer (vos) compatriotes qui sont en prison (...), qui viole la Constitution ?».

En conclusion, difficile de faire un pronostic sur le résultat du scrutin. Plusieurs éléments seront toutefois à analyser :
- le taux de participation sera-t-il important ?
- le vote pro-Kabila dans les provinces acquises au chef de l'Etat tiendra-t-il ses promesses ? Il faudra notamment suivre les résultats des Kivu, du Katanga, du Maniema et de l'Equateur.
- l'ex-candidat malheureux de 2006, Jean-Pierre Bemba donner-t-il une consigne de vote ? (ses électeurs peuvent se tourner vers Tshisekedi, mais aussi vers Vital Kamrehre ou Léon Kengo). Une consigne claire du "chairman" du MLC pourrait fortement influencer le vote.
- à surveiller : le résultat de Vital Kamehre (UNC) qui pourrait jouer le "troisième" homme en prenant des voix à Tshisekedi (en Equateur et au Bas-Congo) et à Kabila (dans les Kivu et à l'Est).

Christophe RIGAUD

RDC : Jeune Afrique privé d'élections

Cela devient une (mauvaise) habitude en RD Congo. Après l'expulsion de la correspondante de RFI en 2006, c'est au tour de Jeune Afrique de subir la censure de Kinshasa . Dans un article intitulé : "nous n'irons pas à Kinshasa", le magazine panafricain explique que son envoyé spécial ne s'est pas vu accordé de visa pour couvrir les élections. L'hebdomadaire semble "payer" son numéro intitulé "Kabila = Mobutu light", peu flatteur pour le président congolais.

Image 2.pngOn savait la liberté de la presse malmenée en République démocratique du Congo (RDC) (nos confrères congolais en savent quelque chose) mais cette fois la victime s'appelle Jeune Afrique. Son envoyé spécial, Philippe Perdrix, qui couvre pour le magazine la République démocratique du Congo (RDC), ne pourra pas se rendre au Congo pour suivre les élections générales (présidentielle et législatives) du 28 novembre prochain... étonnant pour des élections que Kinshasa présentent comme "libres et transparentes". Les raisons : aucun visa n'a pu lui être délivré par les autorités congolaises.

On se souvient du précédent "Guyslaine Dupond", la correspondante de RFI à Kinshasa, expulsée en mai 2006 pour cause de "désinformation". Cette fois c'est au tour de Jeune Afrique de subir les foudres du Ministère de communication congolais et de son ministre Lambert Mende. Jeune Afrique raconte sur son site internet les péripéties de son journaliste pour tenter d'obtenir l'autorisation de couvrir les élections congolaises : "il lui faut pour cela un visa, lequel est conditionné à une lettre, mi-invitation, mi-accréditation, délivrée par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, lettre elle-même soumise à une requête écrite de notre part. La procédure n’est pas spécialement agréable, mais c’est la règle, et nos confrères qui s’y sont pliés ont obtenu leur sésame sans encombre. Pas nous. Les deux e-mails que nous avons adressés en ce sens au directeur de cabinet du ministre puis le courrier officiel adressé à Lambert Mende lui-même le 20 octobre sont à ce jour restés sans réponse. Ce n’est pas faute d’avoir relancé, ni même, histoire d’en avoir le cœur net, frappé à la porte du cabinet présidentiel. Jamais, bien sûr, on ne nous a notifié une interdiction formelle – les censeurs ne sont plus si primaires –, mais des « c’est à l’étude », des « c’est sur le bureau du ministre », lequel « est en déplacement », et même un « c’est en bonne voie » totalement fictif."

Toujours dans son article, Jeune Afrique, croit connaître les raisons de la "punition" infligée par Kinshasa : un article intitulé "Kabila = Mobutu light" qui avait fort déplu au ministre Lambert Mende et à Joseph Kabila. Notre confrère indique qu'il couvrira tout de même les élections "à distance" et note avec beaucoup d'humour, que "le dernier pouvoir à avoir interdit à nos journalistes l’entrée sur son territoire était celui de… Kaddafi. Disons que cela ne lui a pas porté chance", conclut le magazine.

Christophe RIGAUD

19 novembre 2011

RDC : Faux assassinat à Barcelone

Jeudi 17 novembre, nous annoncions sur ce site l'assassinat d'un responsable du PPRD, le parti de Joseph Kabila, à Barcelone. Les autorités congolaises affirmaient même que les appels à la violence de l'UDPS en étaient responsables. Ce samedi, l'ambassade d'Espagne à Kinshasa vient d'apporter un cinglant démenti à cette annonce en indiquant "qu'aucun cas de mort violente d'un citoyen congolais n'a été enregistré au cours des dernières semaines à Barcelone".

Afrikarabia logo.pngEn pleine campagne électorale pour l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), l'annonce de l'assassinat d'un responsable du parti présidentiel (PRRD) en Espagne avait fait l'effet d'une bombe. A Kinshasa, le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Evariste Boshab, n'avait pas eu de mots assez durs pour qualifier cet assassinat. Dans Le Potentiel, il avait accusé « ceux qui tiennent des discours incendiaires (et) exportent la violence » d’être les « auteurs intellectuels » de la disparition du « camarade »... une allusion à peine masqué aux propos du leader de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, à "casser" des prisons pour libérer des militants et à "terroriser" militaires et policiers.

Seulement voilà, l'ambassade d'Espagne à Kinshasa vient de démentir formellement cette information ce samedi. L'ambassade explique "qu'aucun cas de mort violente d'un citoyen congolais n'a été enregistré au cours des dernières semaines à Barcelone" et que "la police espagnole n'est pas non plus au courant".
Ce démenti discrédite fortement Evariste Boshab, que l'opposition qualifie déjà de "menteur".

Christophe RIGAUD

17 novembre 2011

RDC-Elections : L'APRODEC demande l'arrêt du processus électoral

L'association belge dénonce l'absence de fiabilité du fichier électoral en République démocratique du Congo (RDC) à la veille des élections générales. L'APRODEC, qui a eu accès à un rapport de la société Zetes, chargée de l'enregistrement des électeurs, relève de nombreuses défaillances techniques et la présence de plus de 9 millions de "doublons" sur l'ensemble de la RDC. La société Zetes s'était déjà expliquée sur le sujet, sans visiblement convaincre l'APRODEC.

Image 2.pngDans un communiqué, l'APRODEC pointe les multiples défaillances techniques des kits  biométriques d’enrôlement des électeurs congolais pour la prochaine élection présidentielle et législative du 28 novembre 201. L'association belge met en cause la société Zetes (dont elle a pu obtenir un rapport confidentiel) et parle de "dissimulation de ses rapports relatifs aux opérations de nettoyage du fichier électoral (dédoublonnage) qu’elle a entamés en date du 27 juillet 201, ainsi que de la banalisation des constatations relatées dans le présent rapport partiel du 03 août 2011 relatif au nettoyage du fichier électoral de quatre provinces notamment le Bandundu, l’Equateur, Kinshasa ainsi que la  Province-Orientale". Dans ce rapport, le prestataire technique belge fait état d’un nombre important de doublons (électeurs inscrit deux fois) : 3.566.503. L'APRODEC note qu'en faisant une projection sur les 11 province du pays, on obtient "le nombre incroyable de 9.807.883 doublons." Beaucoup trop pour les 32.024.640 d'électeurs "enrôlés".

Pour l'Association pour la Promotion de la Démocratie et du Développement de la République Démocratique du Congo, ces chiffres démontrent "les préparatifs de fraude électorale massive en faveur du Président sortant et sa majorité parlementaire". Car si le nombre d'électeurs en RDC n'est pas correct, "ceci aurait comme conséquence logique une révision complète de la répartition des sièges à pourvoir tant au niveau du parlement national que provincial", note l'association.

La société Zetes avait déjà répondu au nombre important de doublons sur le fichier électoral congolais et affirmait que ce fichier serait ensuite "nettoyé". Zetes avait expliqué que "la fraude est impossible à organiser au niveau des systèmes de gestion d’informations, base de données". La société se justifiait ensuite : "nous trouvons toujours in fine sensiblement le même pourcentage de vrais doublons quelque soit le pays concerné. L'hypothèse haute du nombre de vrais doublons est de 0.5% sur base de la population totale. Parmi ces 0.5%, 90% sont des cas de personnes se procurant une deuxième carte par souci d’esthétisme (la photo n’est pas “belle”, il y a une faute dans le nom, ou tout simplement avoir une deuxième carte par commodité)". Et de conclure : "lors d’élections dans les pays du G20, il arrive de constater des marges d’erreurs bien supérieures".

L’APRODEC plaide quant à elle pour "l’arrêt pur et simple de l’actuel processus électoral et  l’ouverture de concertations politiques d’une part et d’autre part, un dépôt de plainte devant les juridictions compétentes". Les élections présidentielle et législatives doivent se tenir en RD Congo le 28 novembre prochain.

Christophe RIGAUD

RDC : Un responsable du PPRD assassiné en Espagne

En pleine campagne électorale pour l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), un responsable du parti du président Joseph Kabila (PRRD) vient d'être assassiné  en Espagne. Le PPRD accuse l'UDPS. Le parti d'Etienne Tshisekedi dément catégoriquement.

logo afkrb.pngA Kinshasa, le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Evariste Boshab, n'a pas eu de mots assez durs pour qualifier cet assassinat. Dans Le Potentiel, il a accusé « ceux qui tiennent des discours incendiaires (et) exportent la violence » d’être les « auteurs intellectuels » de la disparition du « camarade »... une allusion à peine masqué aux propos du leader de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, à "casser" des prisons pour libérer des militants et à "terroriser" militaires et policiers. Selon Evariste Boshab, Paul Bimba, responsable du PPRD en Espagne, est décédé à Barcelone, il y a une semaine, d’une « hémorragie cérébrale » causée par des coups reçus dans un « guet-apens des combattants ». Sur RFI, l'UDPS ne cache pas sa colère et dément  : « la barbarie, la violence... ce n’est pas nous ! Quel est le parti politique au Congo qui a des milices ? Nous n’avons rien à voir avec ce qui s’est passé en Espagne.» Une enquête a été ouverte par la police espagnol.

Christophe RIGAUD

16 novembre 2011

RDC : Kamerhe à la recherche des voix de Bemba

Vital Kamerhe, candidat de l'UNC à l'élection présidentielle de République démocratique du Congo (RDC), est actuellement en tournée électorale en Equateur. Cette province reste le bastion du MLC de Jean-Pierre Bemba, détenu actuellement par la Cour pénale internationale (CPI) et donc grand absent du scrutin présidentiel. Les voix du MLC sont donc très convoitées et Vital Kamerhe espère bien en profiter.

Image 2.pngPour sa visite en l'Equateur, dans l'ouest de la RDC, Vital Kamerhe ne s'est pas trompé : le patron, ici, s'appelle toujours Jean-Pierre Bemba. Ses premières paroles à l'aéroport, rapportées par RFI, vont donc tout naturellement à l'ancien vice-président congolais : « malgré le peu de jours qui restent dans la campagne électorale, il me fallait arriver à Gemena, le fief de mon frère, Jean-Pierre Bemba.»

Depuis 2008, le leader du MLC est détenu par la Cour pénale internationale de La Haye, accusé de crimes de guerre et de crime contre l'humanité, commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002 et 2003. Bemba est donc le grand absent du scrutin, mais ses 42% au second tour de 2006, face à Joseph Kabila, suscitent toutes les convoitises. Tshisekedi, Kamerhe, Kengo, Kashala ont tous fait le déplacement à la prison de La Haye pour y rencontrer le "chairman"... et obtenir son soutien. Pour l'instant, aucune déclaration claire de Jean-Pierre Bemba n'a filtré sur son éventuel soutien. Kamerhe a donc décidé de prendre les devants et de rencontrer le plus important... ses électeurs.

L'opération séduction a donc été menée tambour battant à Gemena, avec pour principale cible : le président sortant Joseph Kabila et ses "5 chantiers". « A Gemena, les cinq chantiers égalent combien ? » lance le candidat Kamerhe à la foule qui hurle sa réponse : « Zéro ! », rapporte le site de RFI.

Une dernière question tout de même : que représente aujourd'hui l'électorat de Jean-Pierre Bemba, alors que le MLC n'est plus l'ombre que de lui-même ? (on compte plusieurs démissions fracassantes de cadres du parti). Personne ne peut vraiment le dire. On sait juste que les électeurs de l'UDPS s'étaient fortement reportés sur Jean-Pierre Bemba à la résidentielle de 2006, Tshisekedi étant absent du scrutin. Cette année, c'est Bemba qui est absent... les électeurs retourneront-ils vers Tshisekedi ? Réponse le 28 novembre, date le l'élection présidentielle congolaise.

Christophe RIGAUD