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25 novembre 2011

Elections : La RDC retient son souffle

Entre les soupçons de fraudes, les retards logistiques et les nombreux affrontements entre majorité et opposition, les élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo (RDC) se dérouleront sous haute tension. A trois jours du vote, la contestation des résultats constitue la principale menace qui pèse sur le scrutin, avec la crainte de dérapages post-électoraux violents.

Image 4.pngDrôle d'ambiance à J-3 des élections générales en RD Congo où plusieurs questions restent toujours en suspend. Tout d'abord sur l'organisation du scrutin. Depuis quelques mois la Commission électorale (CENI) accumulent les retards dans le déploiement du matériel électorale dans les 11 provinces du pays. Les avions et les moyens de transports routiers manquent pour dispatcher les 186.000 urnes et les 64 millions de bulletins de vote dans les 64.000 bureaux de vote. Le pays est immense (5 fois la France) et les routes sont inexistantes sur une grande partie du territoire : les urnes et les bulletins sont souvent acheminés, à pieds, à vélos ou en pirogue... le temps presse donc.

Il y ensuite les nombreuses irrégularités dans l'organisation du scrutin qui font craindre la contestation des résultats par les candidats perdants (le scrutin est à un seul tour). L'opposition a longtemps fustigé le travail de la CENI qu'elle considère trop proche du président sortant, Joseph Kabila. Plusieurs sujets ont fait polémique avant le scrutin : l'augmentation "anormale" du nombre d'électeurs, le nombre importants de "doublons" sur le fichier électoral, les mineurs possédant une carte une carte d'électeur ou encore la présence de bureaux de vote fictifs... La CENI récuse toutes ces allégations en bloc et affirme que ces élections seront "libres et transparentes". Pour les ONG locales et internationales présentes sur le terrain, "le risque de fraude massive est important". Pendant plusieurs mois, l'opposition avait demandé l'audit du fameux fichier électorale et l'accès au serveur. Devant les atermoiements de la Commission électorale, cette vérification n'a pas été faite et à 3 jours du scrutin... il est trop tard. Autant dire que le climat est aujourd'hui à la méfiance. Et sans parler de tricherie, les nombreux observateurs des élections congolaises s'attendent "à de gros cafouillages".

Le suspens est donc total sur l'issu des élections et personne ne peut prévoir les réactions des candidats perdants à l'annonce des résultats. Les violences pré-électorales laissent craindre le pire et le spectre d'un scénario "à l'ivoirienne" est désormais probable : les deux candidats se déclarant vainqueurs au lendemain du scrutin. Il y a 6 mois déjà, l'ONG International Crisis Group faisait cette analyse : "le gouvernement congolais fait face à un dilemme : respecter les échéances constitutionnelles et organiser des élections bâclées ou ignorer ces échéances et plonger dans une période d’inconstitu­tionnalité du pouvoir". L'ICG demandait alors aux autorités congolaises "d'accélérer la préparation des scrutins, de négocier un calendrier électoral de secours ainsi qu’un accord politique pour une période de transition quasi certaine"... mais rien n'a été fait en ce sens. Aujourd'hui, il est trop tard pour faire quoi que ce soit. La machine électorale est sur les rails et plus rien ne semble pouvoir l'arrêter.

Christophe RIGAUD

Photo : Kinshasa en 2006 (c) Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

Commentaires

Je prévois des troubles car en cas d'échec l'Udps lancera ses combattants prétextant tricheries, fraudes, manipulations etc...

Écrit par : anneet | 25 novembre 2011

SELON TOUTE VRAISEMBLANCE L'OPPOSTION GAGNERA CES ELECTIONS (PRESIDENTIELLE & LEGISLATIVE) ,COMPTE TENU DE LA GEOPOLITIQUE CONGOLAISE !

Écrit par : STEPHANIE | 25 novembre 2011

Prévoir des troubles est triste. Dire déjà d'où ils viendront est malheureusement partisan.
Affirmer la victoire de l'oposition l'est aussi. Mais ici on ne parle pas de troubles ce qui est heureux.
Seule la CENI devrait pouvoir nous rassurer nous les observateurs attentifs et optimistes d'un scrutin qu'elle veut démocratique.

Écrit par : yvesdebaille | 25 novembre 2011

Très chers Christophe et Anneet,

Avez-vous suivi les nouvelles de ce matin sur RFI?
Un monsieur répondant au sobriquet de CHALEUR a dit que le gouvernement lui a confié la mission d' assurer la sécurité à Kinshasa après le 28. Et que s' il le faut "nous allons couper le gason à la machette". Donc les combattants pacifistes de l' opposition sont pris pour le gason à couper. Encore une fois, je déplore et dénonce la culture de la machette venue en RDC avec les rwandais.

Écrit par : kams | 25 novembre 2011

le résultat des élections est connu déjà. Ne savez-vous pas qu'en Afrique c'est tjrs le sortant qui gagne. Faites un regard partout où les elections sont recentes. Si la cote d'ivoire a connu ceci ou celà, c'est parce que le sortant a raté. Laissez le pouvoir au fort actuel mm si il n'a rien fait pdt le mandat fini. Dieu seul... Pacificateur, liberateur...

Écrit par : kisenge | 26 novembre 2011

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