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01 novembre 2010

RDC : L'offensive de Clément Kanku

Dans un véritable réquisitoire contre le pouvoir congolais, le leader de l'Union pour la Nation (UN) dresse un triste bilan du quinquennat de Joseph Kabila. Pour Kanku, "le Congo se porte plus mal qu’il y a 5 ans et beaucoup plus mal qu’il y a 15 ans".

Logo Elections 2011.jpgLa presse congolaise le qualifie de "très peiné et fâché", Clément Kanku a présenté récemment une analyse très critique de l'état de la RD Congo. Dans son bilan, le responsable de l'UN parle d'un "climat des affaires délétère alors que la situation politique est incertaine et les droits de l’homme bafoués. Le Congo navigue à vue tel un bateau sans gouvernail" selon Clément Kanku. L'Union pour la Nation lance par la même un appel, pour "que la communauté internationale soit exigeante vis-à-vis de ce gouvernement afin d’assurer une transparence dans la gestion des finances publiques. Autrement, les contribuables des pays donateurs ne comprendront pas que leur argent serve à entretenir des pouvoirs corrompus, comme ce fut le cas sous la triste et célèbre 2ème République".

Clément Kanku en appelle enfin à la "bonne gouvernance, au respect des droits de l’homme et des libertés tant individuelles que collectives et au bien-être des populations".

Il y a plusieurs mois, Jean-Pierre Bemba avait choisi de faire renaître l'Union pour la Nation (UN), sa machine de guerre électorale de 2006 et placait à sa tête un nouvel homme : Clément Kanku. Objectif : réactiver les troupes bembistes en vue des prochaines élections de 2011 en RD Congo. La campagne électorale est donc bel et bien commencée dans le camp Bemba. Reste une question : quel candidat soutiendra l'UN de Kanku si Bemba n'est pas en mesure de se présenter ? Mwamba ? Kamerhe ? Tshisekedi ? ou Kanku lui-même ? Une indication peut-être, révélée par le journaliste de La Prospérité :  Albert Moleka, le Porte-parole et Représentant d'Etienne Tshisekedi, assistait à la conférence de presse de Clément Kanku.

Christophe Rigaud

08 mai 2010

Dongo (RDC) : La capture d'Udjani ne résout pas tout

L'arrestation d'Udjani, le chef militaire des insurgés Enyeles de Dongo, peut-elle ramener le calme dans la province de l'Equateur, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) ? La région est le théâtre de nombreux affrontements depuis presque un an. Le conflit a obligé des centaines de milliers de personnes à se réfugier au Congo-Brazzaville. Le dernier coup d'éclat de la rébellion remonte au 4 avril, avec la prise de Mbandaka, la capitale régionale, pendant quelques heures. Pour l'opposition, la capture du chef des insurgés ne règle pourtant pas le problème.

carte RDC Afrikarabia Dongo 2.jpgLe gouvernement affirme que le chef des insurgés, Udjani a été capturé par des éléments de son propre clan. Toujours d'après Kinshasa, le chef rebelle cherchait à faire de nouvelles recrues à Dongo. De même que l'arrestation d'Udjani n'a pu être confirmé par des sources indépendantes, il est difficile de donner des informations précises sur la capture du chef Enyele.

Udjani est soupçonné d’avoir déclenché les troubles ethniques qui touchent la région de l’Équateur, ancien fief de Jean-Pierre Bemba, depuis près d’un an. Sa tribu, les Enyeles, cherche notamment à protéger des étangs poissonneux, qu’elle considère comme siens, de la tribu des Muzayas. Ces affrontements avaient coûté la vie à au moins 270 personnes et des milliers de déplacés, selon les chiffres officiels. Jusque-là établi au Congo-Brazzaville, Udjani est considéré comme le descendant d’un ancien chef Enyele des années 1920. Ce sont ses hommes qui seraient responsables de la mort de quarante-sept membres des forces de sécurité congolaises, en octobre 2009.

En Equateur, dans le fief MLC du leader d'opposition Jean-Pierre Bemba, on pense que l'interpellation du chef des insurgés ne règle pas tout. Interrogé sur Radio Okapi, le sénateur MLC Jacques Djoli estime que "cette arrestation ne devrait pas occulter les vrais problèmes qui se posent à Dongo, en particulier et dans la province de l’Equateur en général. Ces problèmes sont d’ordre économique et politique et aucune source indépendante n’a  confirmé l’arrestation d’Udjani". Le sénateur pose ensuite cette question : "est-ce qu’il faut continuer de traiter l’Equateur en termes de sanctions ? Faut-il continuer d’entêter ceux qui cassent le bureau de l’assemblée provinciale pour être reçus par le gouvernement ? Faut-il favoriser la corruption, l’impunité dans la province ?".

Il estime également qu’au-delà des questions économiques et politiques de l’Equateur, le système de défense du pays en général  pose également problème. Toujours sur Radio Okapi, Arsène Mawaka, coordonnateur du Centre d’études politiques à l’Université de Kinshasa, pense comme Jacques Djoli que l’arrestation du leader des insurgés de Dongo ne pourra pas résoudre le problème de l’insécurité à l’Equateur : "tant qu’on ne se penche pas sur les vrais problèmes et tant qu’on balaie d’un revers de la main toutes les revendications sans les examiner et sans qu’on montre qu’il y a une sorte de réceptivité, le problème de l’Equateur reste entier".

25 avril 2010

RDC : 120 députés demandent à la Belgique d'accueillir Bemba

L'initiative en revient à Clément Kanku, via sa plateforme d'opposition, Union pour la Nation. Le nouvel homme de confiance du sénateur Jean-Pierre Bemba demande à la Belgique d'accueillir le leader du MLC sur son territoire si ce dernier bénéciait d'une libération provisoire.

Image 8.pngLe député Clément Kanku a expliqué à Radio Okapi avoir remis "la pétition de plus de 120 parlementaires qui soutiennent la libération de Jean-Pierre Bemba Gombo et qui demandent à la Belgique de l'accueillir très rapidement parce qu'il sera très vite libéré". Le bras droit de l'ancien vice-président de République démocratique du Congo explique que "c'est la Belgique qui a arrêté Jean-Pierre Bemba, la même Belgique à qui nous nous demandons aujourd'hui de coopérer avec la CPI. Il n'est pas normal que la Belgique puisse jouer ce jeu des politiciens, des calculs politiciens qui tend toujours à éloigner Jean-Pierre Bemba de Kinshasa ou de le garder en prison".

Jean-Pierre Bemba avait été battu en 2006 au second tour de l'élection présidentielle en RDC face à l'actuel président, Joseph Kabila. Après des affrontements, il avait quitté la RDC pour le Portugal en avril 2007. Il avait été arrêté le 24 mai 2008 en Belgique, en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI qui l'accuse de meurtre, viol et pillage notamment commis par sa milice en Centrafrique. Il est détenu à La Haye mais a déposé une demande de libération provisoire. L'opposition congolaise voit dans la détention de Jean-Pierre Bemba une manoeuvre politique de Kinshasa pour éloigner définitivement Jean-Pierre Bemba du prochain scrutin présidentiel de 2011.

Christophe Rigaud

10 avril 2010

RDC : Un député MLC arrêté à Mbandaka

Suite à l'attaque de Mbandaka par des insurgés la semaine dernière, le député d'opposition Oscar Molambo (MLC) a été arrêté pour son implication supposée dans l'insurrection qui avait fait une dizaine de victimes. La capitale provinciale de l'Equateur, au Nord-Ouest de la République démocratique du congo (RDC) reste toujours le fief du sénateur MLC, Jean-Pierre Bemba, actuellement incarcéré par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Le MLC dénonce une chasse aux opposants à Kinshasa dans cette province.

carte RDC Afrikarabia Mbandaka.jpgLe porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende vient d'indiquer que des députes de l’opposition étaient impliqués dans l’insurrection. Le ministre s'est bien gardé de livrer des noms, mais il a toutefois confirmé l’arrestation d’Oscar Molambo, député MLC de l'Equateur, fief du principal opposant au président Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba. L'ancien vice-président Bemba doit aujourd'hui répondre de crimes de guerre devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, pour des faits commis par ses troupes en République centrafricaine entre 2002 et 2003. Seul concurrent capable de battre Joseph Kabila aux prochaines élections présidentielles de 2011, Jean-Pierre Bemba pourrait bien ne pas participer au scrutin si la CPI le retient en prison.

Le parti de Bemba, le MLC, dénonce une chasse à l'opposition et rejette toute participation du MLC aux combats de dimanche dernier. Francois Mwamba, secrétaire général du MLC regrette l’incapacité du gouvernement à restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire mais ne se dit pas surpris par les événements de Mbandaka. Francois Mwamba  dénonce l’arrestation du parlementaire MLC et indique attendre des explications du premier ministre Adolphe Muzito.

08 mars 2010

RDC : Le procès Bemba reporté en juillet

Nouveau report de procès pour l'ex vice-président de République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba. L'ouverture du procès est remise au 5 juillet, a annoncé la Cour Pénale Internationale de La Haye (CPI). Les avocats de la défense ont contesté la recevabilité des poursuites pour crimes de guerre engagées contre le dirigeant congolais.

DSC03834 copie.jpgLe procès devait s'ouvrir le 27 avril, mais la CPI a finalement indiqué lundi qu'à cette date, une audience se tiendrait pour discuter de la contestation par la défense de la recevabilité des poursuites. Bemba, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2006 en République démocratique du Congo, est accusé par la CPI d'être pénalement responsable d'une campagne de meurtres, de viols et de tortures menée en 2002-2003 en République Centrafricaine par les hommes de son Mouvement de libération du Congo (MLC). Jean-Pierre Bemba devra répondre de deux chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et de trois chefs d'accusation de crimes de guerre. Arrêté en mai 2008 en Belgique, il a été transféré deux mois plus tard à la CPI.

Photo : Jean-Pierre Bemba en 2006 à Kinshasa (c) afrikarabia.com

23:28 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : bemba, cpi, rdc, rd congo, mlc

15 février 2010

RDC : Clément Kanku, le nouvel homme fort de Jean-Pierre Bemba

Exit François Mwamba ? Jean-Pierre Bemba tente de reprendre la main sur son mouvement et impose une nouvelle tête : Clément Kanku. Bemba prépare déjà sa plateforme électorale et relance l'Union pour la Nation (UN). Le secrétaire général du MLC se retrouve ainsi dépossédé de toute autorité sur le parti de Jean-Pierre Bemba. Clément Kanku prend donc la tête de l'UN, avec pour mission de remettre de l'ordre chez les pro-Bemba... au cas où le "chairman" serait de retour pour la Présidentielle de 2011.

Image 1.pngSelon la presse locale, à Kinshasa, l’opposition est au bord du naufrage et la rupture serait comsommée entre le patron du MLC, Jean-Pierre Bemba (détenu à La Haye pour crimes de guerre) et François Mwamba, le secrétaire général du mouvement, resté à Kinshasa. Mwamba est accusé de ne pas avoir su tenir le MLC en l'absence du chef... et la déroute électorale en Equateur a fini par lui faire perdre le peu d'autorité qui lui restait.

Depuis sa prison de la Cour pénale internationale (CPI), Jean-Pierre Bemba essaie d'abord veinement de remettre de l'ordre au sein du MLC. Plusieurs réunions sont organisées à La Haye avec les caciques du parti... mais rien n'y fait. C'est alors qu'une solution apparaît en dehors du MLC. Jean-Pierre Bemba choisit de faire renaître l'Union pour la Nation (UN), sa machine de guerre électorale et place à sa tête un homme neuf : Clément Kanku. Objectif : réactiver les troupes bembiste... messe de suffrage, marche pacifique et meeting sont déjà programmés à Kinshasa. La campagne électorale est donc bel et bien commencée dans le camp Bemba. Reste à savoir si l'ancien vice-président congolais serait libre pour le scrutin... avec la CPI, rien n'est moins sûr.

Christophe Rigaud

Photo (c) afrikarabia.com

15 décembre 2009

RDC : François Muamba toujours contesté

Une crise de légitimité agite toujours le MLC congolais. Depuis la perte de la province de l'Equateur, bastion historique du parti, rien ne va plus au sein de la formation de Jean-Pierre Bemba. Le président du mouvement est toujours en attente d'une hypothétique mise en liberté provisoire et le leadership du MLC, assuré par François Muamba, semble de plus en plus contesté. D'anciens membres du MLC, rassemblés aujourd'hui au sein du MPDC (Mouvement populaire de défense du Congo) continuent de demander le départ du secrétaire général du parti, François Muamba. La guerre de succession a-t-elle commencé ?

Image 1.pngDans un communiqué, le MPDC revient sur les différents revers du MLC ces derniers mois : " la perte de la province de l’Equateur pourtant acquise à l’opposition. Le refus d’accorder la liberté provisoire à Jean Pierre Bemba sans motif probant. L'intensification des représailles contre les citoyens Congolais notamment ceux de Dongo. L’autosatisfaction et la dérive totalitaire du régime actuel. Le musellement de l’opposition politique interne, non institutionnelle et non parlementaire...". Le MPDC en tire les conséquences et souhaite se positionner comme un acteur à part entière de la scène politique congolaise. Sans renier Jean-Pierre Bemba, qu'ils "dissocient" maintenant de la direction du MLC, le MPDC souhaite prendre "la direction politique de l’opposition jusqu’aux portes de 2011". Ils veulent également "abolir l’exécutif du MLC actuel et rassembler et solidifier l’opposition sous nos ordres". Ce mouvement, dirigé depuis Paris par Joris Nkombe, rejette également les résultats des élections en Equateur et qualifie son nouveau gouverneur, Jean-Claude Baende (ex-MLC), de "traître".
Une fois de plus, en l'absence du chef Jean-Pierre Bemba, détenu par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, le MLC paraît toujours aussi désemparé. La prochaine échéance présidentielle de 2011 risque en effet de se dérouler sans le leader historique du mouvement, coincé dans sa prison de La Haye. Qui portera les couleurs du MLC dans ce scrutin ? Difficile de le dire aujourd'hui, mais les appétits sont déjà bien aiguisés.

Christophe Rigaud

14 décembre 2009

RDC : Le MLC inquiet de la situation à Gemena

Perquisitions à la résidence de Jeannot Bemba... incidents avec les gardes de la résidence du sénateur Jean-Pierre Bemba, les derniers événements à Gemena (Nord-Ouest de la République démocratique du Congo) inquiètent le Mouvement de la libération du Congo (MLC). Le parti d'opposition congolais dénonce ces tentatives d'intimidations, alors que l'armée et la police congolaise "contrôlent" la zone.

Afrikarabia logo.pngSur le site de radiookapi.net, le témoignage de Jacques Ndjoli, sénateur du MLC, décrit plusieurs violations du droit de propriété : « depuis 24 heures, on voudrait relever la garde qui veille dans la résidence du sénateur Jean- Pierre Bemba et mettre des militaires venus pour les opérations de Dongo. Et cette situation nous inquiète parce qu’il s’agit d’un glissement que nous estimons dangereux. Ces opérations n’obéissent ni aux règles de droit, encore moins aux accords qui ont été pris après les élections »

Depuis le 4 décembre dernier, le général John Numbi, affirmait que des éléments de police étaient en partance pour Dongo, pour rétablir l’ordre dans la région. et non pas pour traquer. Le général Numbi n’avait pas toutefois précisé le nombre de ces éléments. Le même jour, le nouveau gouverneur de l’Equateur, annonçait le démarrage des opérations de de police.

D'après la MONUC, la police et les FARDC mènent déjà des opération armées dans le secteur de Dongo, avec l'appui logistique des casques bleus. Et toujours selon la MONUC, l'opération avait même déjà débuté à Gemena. Depuis le 9 décembre, la police patrouille effectivement dans la ville de Gemena et tiennent de nombreux barrages aux sorties de la ville. Une ville "sous contrôle" de Kinshasa donc, qui n'hésite pas à perquisitionner les résidences des Bemba père et fils, c’est ce que dénonce le MLC.

Christophe Rigaud

10 décembre 2009

RDC : Le président de la CPI à Kinshasa

C'est une première, le Président de la Cour pénale internationale (CPI), Sang-Hyun Song, est à Kinshasa jusqu'au 15 décembre prochain.Il rencontrera les autorités congolaises, ainsi que des membres des organisations de la société civile locale et des communautés touchées par le conflit en Ituri. Objectif affiché par la CPI : renforcer la coopération apportée par la RDC et mieux faire comprendre le mandat de la Cour.

Logo CPI.jpgLe Président de la CPI rencontrera le ministre congolais des affaires étrangères, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, le chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République du Congo (MONUC) et les membres du corps diplomatique.

Sang-Hyun Song se rendra ensuite dans l’Est du pays, à Bunia, le chef-lieu du district de l’Ituri, où il rencontrera des membres des communautés affectées par les crimes qui font actuellement l’objet d’enquêtes par la Cour, ainsi que des représentants des autorités locales, des magistrats des tribunaux locaux, des membres d’organisations locales de défense des droits de l’homme et des journalistes.

Il visitera également la ville de Fataki (située à 85 km au nord de Bunia), qui a été parmi d’autres le théâtre de combats en 2003. Il y prendra part à une réunion à laquelle seront invités le grand public, des représentants des autorités locales, des chefs religieux et coutumiers, des enseignants, des représentants d’associations féminines et des membres de la presse locale.

La République démocratique du Congo (RDC) est concernée par 3 affaires dans les mains de la CPI : tout d'abord le cas Thomas Lubanga Dyilo, puis celui de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui et enfin la cas Bosco Ntaganda. Un mandat d’arrêt a en effet été délivré à l’encontre de Bosco Ntaganda, mais celui-ci n’a pas encore été appréhendé. Reste enfin le cas Jean-PIerre Bemba, qui n'est pas appréhendé sur une affaire concernant la RDC, mais la République centrafricaine, entre 2002 et 2003.

03 décembre 2009

RDC : La colère du MLC contre la CPI

Le MLC en est convaincu, la Cour pénale internationale (CPI) s'acharne contre son "chairman", Jean-Pierre Bemba. Le leader de l'opposition congolaise s'est vu refuser sa demande de libération provisoire par la chambre d'appel de la CPI, à laquelle elle avait déjà pourtant répondu favorablement le 14 aout dernier. Le parti de Jean-Pierre Bemba dénonce un "acharnement à caractère politique" contre son leader.

Logo MLC.jpgLe MLC regrette que "la chambre d’appel ait adhéré aux thèses du procureur", qui a motivé son refus notamment par le risque de voir le prévenu se soustraire à la justice. Le mouvement s’étonne ensuite qu’aucun acte de poursuite n’ait été posé à l’endroit de l’ancien président centrafricain, Ange-Félix Patassé, le principal intéressé dans l’affaire.. et de conclure : "l’affaire Bemba prouve des interférences à caractère politique".

Jean-Pierre Bemba a été arrêté en Belgique le 24 juin 2008 sur mandat de la CPI qui l’accuse de crimes contre l’humanité et le considère personnellement responsable des exactions commises par les troupes de son ancienne rébellion du MLC en 2003 en Centrafrique. Son procès est prévu le 27 avril.

Christophe Rigaud


02 décembre 2009

RDC : La liberté provisoire échappe à Jean-Pierre Bemba

Le sort semble s'acharmer sur Jean-Pierre Bemba, l'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC). La Chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) vient en effet d'annuler la demande de mise en liberté provisoire de l'opposant congolais, accusé de crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine entre 2002 et 2003. Jean-Pierre Bemba restera donc en prison jusqu'à l'ouverture de son procès, en avril 2010.

Bemba CPI.pngLe 14 août 2009, la Chambre préliminaire II avait conclu que l'évolution sensible des circonstances justifiait la modification de sa décision précédente sur la détention. L'exécution de sa décision était toutefois suspendue jusqu'à ce qu'il soit décidé dans quel État Jean-Pierre Bemba Gombo serait libéré et quelles conditions lui seraient imposées. Le 3 septembre 2008, la Chambre d'appel avait décidé de donner un effet suspensif à l'appel interjeté par le Procureur contre cette décision.

La Chambre d'appel a décidé à l'unanimité de faire droit aux deux moyens d'appel mis en avant par le Procureur. Elle a considéré que le raisonnement à l'issue duquel la Chambre préliminaire II a conclu que l'évolution sensible des circonstances justifiait la mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo se fondait sur une appréciation erronée de certains faits pertinents et ne tenait pas compte de certains autres.

La Chambre d'appel a également considéré qu'une décision de mise en liberté sous condition doit être unique et indivisible et doit fixer les conditions précises de cette mise en liberté. Avant de rendre la décision, il convient en outre de désigner l'État qui accepterait d'accueillir la personne concernée et de fixer les conditions de mise en liberté. La Chambre d'appel a souligné que, sans la coopération de l'État en question, la décision de mise en liberté sous condition serait sans effet.

23 novembre 2009

RDC : L' ex-milice du MLC impliquée dans les violences en Equateur

Depuis presque un mois, les violences entre communautés Lobala et Boba se poursuivent dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC). Ces affrontements ont déjà fait au moins une centaine de morts et 53.000 déplacés. Pour le ministre de l'Intérieur provincial, la rébellion "compte au moins 400 combattants démobilisés de l'ex-milice du Mouvement de libération du Congo (MLC)".

Carte Mbandaka 2.pngSur le terrain, 8 000 habitants ont fui la ville de Buburu dont les locaux du HCR ont été détruits et le personel évacué. Des affrontements ont également eu lieu à Sabasaba, à 25 km au sud-est de Dongo, faisant une dizaine de morts.

Si on présentent ces violences entre les communautés Lobala et Boba, comme un conflit au sujet de la gestion d'étangs piscicoles, cette "insurrection populaire dépasse les limites d'un simple conflit d'étangs" pour le ministre provincial de l'Intérieur. Il indique également à l'Afp quil s'agit d'une "rébellion en gestation menée par au moins 400 combattants démobilisés pour la plupart de l'ex-milice du Mouvement de libération du Congo (MLC)", principal parti d'opposition en RDC.

Pour Kinshasa, ces violences sont une "action de nettoyage ethnique criminelle". Et selon la MONUC, les responsables de ces groupes seraient "en train de recruter de jeunes gens, en leur proposant de l'argent". Pour l'heure, 53.000 personnes ont fui ces affrontements : 37.000 au nord du Congo-Brazzaville et environ 16.000 en RDC.

22 novembre 2009

RDC : Bemba veut remettre de l'ordre au MLC

Après son dernier échec électoral en Equateur, rien ne va plus pour le MLC, le mouvement de l'ancien vice président Jean-Pierre Bemba. Emprisonné par la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre, Jean-Pierre Bemba recevra le 4 décembre une délégation de son parti à la prison de Scheveningen. Objectif : reprendre la main sur son mouvement.

DSC03834 copie 2.jpgSelon le MLC en France, l'entretien portera sur la situation interne après l'échec électoral lors des élections pour le gouvernorat de l'Equateur. Une délégation du MLC France se rendra donc aux Pays-Bas pour "recevoir les orientations politiques de (son) président-fondateur." Cette visite sera aussi l'occasion de réconforter Jean-Bemba, détenu depuis bientôt deux ans.

L'ancien vice-président de République démocratique du Congo, également Sénateur, avait été arrêté en mai 2008 à Bruxelles sur ordre de la CPI avant d'être transféré à la prison de La Haye. La CPI lui reproche des "crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des viols et des tortures" commis en 2002 et 2003 en République centrafricaine par ses troupes. Le MLC étaient effectivement venu prêter main forte au président Ange-Félix Patassé, en guerre contre la rébellion du général François Bozizé. Jean-Pierre Bemba avait toujours fait figure d'opposant sérieux face à l'actuel président Kabila. Aux élections de 2006, le président du MLC avait rassemblé 42% des suffrages. Le procès de Jean-Pierre Bemba débutera le 27 avril prochain.

Christophe Rigaud

Photo : Jean-Pierre Bemba en campagne présidentielle - 2006 - Kinshasa (c) Christophe Rigaud

08 novembre 2009

RDC : Mise au point du MPDC sur l'affaire Muamba

A Kinshasa, les menaces de mort à l'encontre du Secrétaire général du MLC, François Muamba, continuent de faire polémiques. Il y a quelques jours, AFRIKARABIA relatait les SMS menaçants qu'avait reçu François Muamba et ses craintes sur sa propre sécurité. Au centre de l'affaire, les messages signés de Joris Nkombe du MPDC (Mouvement Populaire de Défense du Congo) demandant la démission du Secrétaire général du MLC. Dans un droit de réponse, Joris Nkombe nie toute menaces de mort. Voici ses explications.

Logo MPDC.pngDans un communiqué du MPDC, Joris Nkombe réaffirme que, selon lui, François Muamba "n’est plus qualifié pour mener le combat de la libération. Et nous continuons a penser qu’il cache des choses aux Congolais". Mais Joris Nkombe rejette "avec force l’idée véhiculé de vouloir son élimination physique car il demeure dans le partie et est utile dans la grande stratégie qui regroupera l’ensemble de l’opposition parlementaire, extra parlementaire et la Diaspora". Toujours selon Joris Nkombe, contraindre à la démission François Muamba "ne veut nullement vouloir dire le tuer et neutraliser ne veut pas non plus dire tuer". Dont acte de ces déclarations.

Le MLC vit actuellement une période de turbulence intense. Les problèmes du mouvement semblent se concentrer sur François Muamba, qui doit gérer l'éloignement de Jean-Pierre Bemba (son leader, retenu en prison par la Cour pénale Internationale) et les radiations en cascade de candidats du MLC pour le scrutin provinciale en Equateur. François Muamba doit maintenant faire ses preuves et passer avec succès les élections provinciales de l'Equateur... en ne perdant pas ce fief historique du MLC. Si François Muamba réussi ce pari, il pourra sans nul doute arriver à asseoir son autorité. Sinon, le MLC risque de sombrer dans l'éclatement... en l'absence de Jean-Pierre Bemba.

Christophe Rigaud

02 novembre 2009

RDC : Qui menace François Muamba ?

Le secrétaire général du MLC, François Muamba se dit menacé de mort. Une série de SMS lui demande de démissionner de ses fonctions au sein du parti de Jean-Pierre Bemba. La violence des messages a poussé des députés du Kasaï à soutenir publiquement François Muamba et s'inquiètent de ces dérives. Pour de nombreux observateurs, ces menaces de mort ne sont pas sans rapport avec la campagne électorale dans la province de l'Equateur où certains députés MLC souhaitent faire cavaliers seuls.

Image 2.pngPar deux fois en deux jours, le secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC), François Muamba a reçu des SMS hostiles lui demandant de démissionner de ses responsabilités au MLC. Le deuxième SMS, plus violent, est signé Joris Nkombe et se résume selon Africanews par ces mots : "plainte de trahison, insécurité, désaveu de Muamba, ultimatum, incursion". Sur son site internet www.mpdc.fr, Joris Nkombe demande ouvertement la démission de Muamba, estimant que celui-ci "n'est plus qualifié pour mener le combat".Ces menaces semblent donc bien venir de l'Equateur, où se déroulent des élections provinciales sous tensions (voir Afrikarabia du 1 novembre 2009).

Face aux menaces sur François Muamba, des députés des deux Kasaï demandent une mise au point de Jean-Pierre Bemba et du MLC et de garantir la sécurité de son secrétaire général. Ils souhaitent aussi que les "notables de l'Equateur enterrent la hache de guerre".

Christophe Rigaud

01 novembre 2009

RDC : Le MLC pourrait perdre l'Equateur

Le fief historique de Jean-Pierre Bemba pourrait finalement tomber entre les mains de l'AMP de Joseph Kabila. La province de l'Equateur doit prochainement élire un nouveau gouverneur, en remplacement de José Makila. Les 5 candidats sont désormais connus : Jean-Claude Baende, Gabriel Bolonge, Michel Bongongo Ikoli, Jean-Lucien Bussa Tongba et José Engbanda Mananga sont retenus. L'actuel gouverneur, Jean-Claude Baende, semble favori.

carte_rdc_new.jpgAux dernières nouvelles, le gouverneur intérimaire et candidat officieux de l'AMP, Jean-Claude Baende aurait rassemblé sur son nom le MLC Vincent Mokako et plus de 70 députés provinciaux... une belle avance à quelques jours du scrutin, le 13 novembre prochain. Même si le MLC peut compter sur la mobilisation des députés encore fidèles à José Makila, l'AMP pourrait ravir à Jean-Pierre Bemba son fief de l'Equateur. Selon des observateurs politiques, cités par Digitalcongo.net, "le Mouvement de Libération du Congo de Jean Pierre Bemba n’a plus les mêmes chances qu’à la première élection de 2006 qui a porté José Makila à la tête de l’Equateur". Le parti de l'ex vice-président Bemba part plus divisé que jamais avec deux can­didats, Lucien et Gaby Bolenge. Reste à connaître la capacité de mobilisation du MLC. Pour garder l'Equateur, le MLC devra convaincre les 108 députés provinciaux de l’Equateur dont une soixantaine soutenait déjà le gouverneur intérimaire Claude Baende. Le parti de Joseph Kabila pourrait donc s'emparer de cette province, qui constitue un important réservoir de voix au niveau national... et ainsi prendre une longueur d'avance, en vue du scrutin présidentiel de 2011.

Christophe Rigaud

24 octobre 2009

RDC : Le procès Bemba prévu début 2010

C'est du côté de Bangui, la capitale centrafricaine, qu'il faut regarder pour comprendre que la tenue du procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI) est imminente. Une opération de séduction et d'information à grande échelle est en effet lancée ce mois-ci, en Centrafrique, par la CPI. Une importante campagne télévisée vise à s'assurer de la collaboration de la population à l'enquête contre de l'ex leader congolais et à faire accélérer le procès. Plusieurs sources, proches de l'enquête, confirment que le procès de Jean-Pierre Bemba débuterait au premier trimestre 2010.

DSC03995 copie.jpgLa coïncidence est en troublante. Comment expliquer le démarrage de cette campagne de sensibilisation de la population, si ce n'est pour annoncer le prochain procès de Jean-Pierre Bemba ? Dans cette instruction, de nombreux témoignages importants sont encore attendus et la CPI cherche ainsi à éviter les désistements et rétractations de dernière minute. Ce programme de sensibilisation est aussi destiné à recueillir de nouveaux témoignages au sein de la population, principale victime des exactions imputées aux troupes de Bemba.

Rappelons que le leader du MCL et ancien vice-président de République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis par sa milice entre 2002 et 2003 en République centrafricaine. A l'époque, les troupes de Jean-Pierre Bemba étaient venues en aide au président Ange-Félix Patassé. Patassé est pourtant le grand absent du procès. Mais les centrafricains ne voient pas comment Ange-Félix Patassé pourraient échapper au procés Bemba... au moins en tant que témoin. En Centrafrique, on ne comprend en effet pas pourquoi la justice internationale s'en prend au Congolais Bemba, alors que celui qui l'a invité à venir se battre dans le pays, n'est pas inquièté.

Tous les efforts de communication de la CPI n'arriveront donc pas à masquer les ambiguïtés de l'affaire Bemba. Alors qu'Ange-Félix Patté, de retour dans son pays, sera libre de revenir aux affaires en se présentant aux élections présidentielles de 2010 en Centrafrique ; Jean-Pierre Bemba, va bientôt entamer sa deuxième année en prison, loin des préparatifs de la présidentielle de 2011 en République démocratique du Congo.

Christophe Rigaud

photo : Jean-Pierre Bemba à Kinshasa en 2006 (c) Christophe Rigaud

11 septembre 2009

La FIDH prend la tête d'un front anti-Bemba

Depuis son rapport sur les exactions des troupes de Jean-Pierre Bemba à Bangui en 2002-2003, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) semble avoir pesé de tout son poids dans le maintien en détention de l'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC). La FIDH craint la fuite Jean-Pierre Bemba et pour la sécurité des témoins.

Image 7.pngLa FIDH est en effet le principal accusateur de Jean-Pierre Bemba pour crimes de guerre à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Son enquête accablante pour le leader congolais constitue la base de l'accusation menée par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Alors la FIDH est montée au créneau lorsque la CPI a dû se prononcer sur la libération provisoire de Bemba.

Pour l'ONG, il y a un risque que Bemba échappe à la justice pendant sa libération provisoire et craint pour la sécurité des témoins et victimes. La FIDH rappelle "que la situation sur le terrain, tant en République Centrafricaine (RCA) qu’en République démocratique du Congo (RDC), est très tendue, et que les témoins et victimes des crimes dont Jean-Pierre Bemba est accusé se trouvent dans une situation extrêmement précaire". la FIDH souligne que "des victimes et des témoins en contact avec la Cour, mais aussi d’autres personnes restées en dehors de la procédure judiciaire ont subi de nombreuses pressions"... et on pensent aux récents "mitraillages" des résidences de deux anciens membres du MLC (le parti de Bemba). La Fédération Internationale des Droits de l'Homme pense que cette libération soit comprise comme un « acquittement » et entraîne des incidents.

Les partisans de Jean-Pierre Bemba crient leur colère et ne comprennent pas la position de la FIDH quelques jours après le "pseudo-mitraillage" des villas d’Alexis Thambwe Mwamba et José Endundo Bononge. Le clan Bemba se demande aussi pourquoi la FIDH et le procureur ne poursuivent pas Patassé, Bozizé et le général Miskin... autrement plus impliqués dans les exactions, selon les "bembistes". La FIDH a tout de même réussi une chose : mettre la pression sur la Cour, à quelques jours des audiences avec les Etats censés accueillir Jean-Pierre Bemba en liberté provisoire.

Christophe Rigaud