27 janvier 2008
Après Goma : la RDC sans les FDLR
L'après-conférence de Goma ne sera pas comme avant la conférence. Aujourd'hui, la question qui revient sur les lèvres de tous les observateurs concerne le retour effectif des rebelles et réfugiés rwandais dans leur pays (FDLR... ). Vital Kamerhe et Antipas Mbusa Nyamwisi ont rassuré l'opinion publique sur le sujet. Et ce, à travers deux interviewes séparées accordées à RFI, la radio publique française.
L'après-conférence de Goma demeure un grand défi à relever. En effet, l'avenir immédiat devra se traduire par l'application des accords intervenus au terme de cette conférence. Particulièrement le désarmement des forces négatives étrangères, l'exécution effective du cessez-le-feu et la restructuration de l'armée ainsi que des services de renseignements. Autant des préalables à accomplir pour instaurer une paix réelle et durable. Ces préalables ne relèvent pas seulement de la volonté politique des Congolais, de la bonne foi des parties engagées, mais aussi de la contribution de la Communauté internationale ainsi que de la disponibilité des pays voisins, notamment le Rwanda.
Les choses ne s'annoncent pas du tout faciles. Le cas de la proclamation de l'amnistie en est un exemple parmi tant d'autres. Il faudra au préalable que le Parlement se réunisse, soit saisi de la question avant de l'examiner et de l'adopter si possible. Dans les circonstances actuelles, il faudra attendre la prochaine rentrée parlementaire prévue au 15 mars 2008.
Pas de paix sans le départ des FDLR
Cependant, le volet extérieur des recommandations semble difficile à appliquer selon un agenda préétabli. Il y a donc risque que les efforts des autorités congolaises prennent plus de temps que prévu, si Kinshasa n'arrive pas à exercer une réelle pression sur la Communauté internationale afin de forcer le retour des réfugiés rwandais ou interahamwe dans leur pays. De prime abord, une distinction dans ce lot des Rwandais s'impose. Il faudra dissocier les génocidaires des autres. Or, à ce sujet, Kigali n'a jamais communiqué sa liste des génocidaires identifiés, liste tant réclamée par le gouvernement congolais pour se faire sa religion.
En outre, les rebelles et réfugiés rwandais sont désormais divisés en République démocratique du Congo, au risque de devenir une nébuleuse. Perspective qui n'est pas de nature à faciliter leur recensement tant par les dirigeants congolais que la Communauté internationale.
Ce n'est pas un secret que cette dernière, représentée par la Monuc, devra requérir au préalable le «OK» du Conseil de sécurité des Nations Unies pour agir. Si son mandat n'est pas requalifié et étendu aux FDLR, la Monuc n'interviendra pas, laissant la RDC se démener tant bien que mal. Autant de préalables susceptibles d'engendrer d'autres problèmes à même de compliquer davantage la situation.
Le porte-parole de la conférence de Goma, Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale et le modérateur Mbusa Nyamwisi, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ont réaffirmé la détermination des institutions congolaises d'aller jusqu'au bout. C'est-à-dire parachever l'oeuvre commencée à Goma, laquelle doit être couronnée par le rapatriement des réfugiés rwandais, prétexte de multiples agressions de Kigali contre la RDC. Les deux responsables congolais ont affirmé cette vision dans des interviews séparées accordées cette semaine à Radio France Internationale (RFI). Ils sont conscients, comme du reste tous les analystes, que les FDLR constituent le noeud gordien qu'il faut absolument couper. (avec Le Potentiel)
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26 janvier 2008
Quel espoir de paix au Nord-Kivu après la conférence de Goma ?
Enfin un espoir pour un million de déplacés ? La conférence de Goma devrait aboutir au désarmement des groupes qui sèment la terreur dans la région... et peut-être la paix. Retour sur la chronologie des violences à l'est de la RDC.
Depuis août dernier, de violents affrontements entre l'armée et les troupes du général déchu Laurent Nkunda font fuir massivement les populations de l'Est du Congo vers les zones frontalières du Rwanda et de l'Ouganda. Les premières victimes en sont les enfants, recrutés de force par les groupes armés, et les femmes, victimes d'un véritable terrorisme sexuel.
Le général se pose en défenseur de la communauté tutsi au Congo et reproche à l'armée de ne pas chasser du territoire les rebelles hutus rwandais - dont certains ont participé au génocide - et même de faire alliance avec eux.
En décembre, après un ultimatum, le président Kabila avait décidé d'en finir, au son du canon, avec les insurgés. Fort, croyait-il, de l'appui des Casques bleus, il avait lancé le gros de ses troupes à l'assaut de positions stratégiques et savouré une victoire éphémère. La place a été aussitôt reprise par l'ennemi. Ce qui a fait vaciller le président, car comment 25 000 hommes de l'armée gouvernementale ont-ils pu être défaits par 4 000 rebelles ?
Contraint de négocier, Kabila a proposé cette conférence de paix de Goma en invitant les groupes armés, les parlementaires, les délégués des communautés ethniques et des groupes de la société civile, sans oublier les réfugiés, ni les déplacés. Au total, quelque 1.300 personnes se sont réunies pendant deux semaines pour jeter les bases d'une paix durable, sous la houlette de l'abbé Apollinaire Malu Malu, celui qui a réussi l'exploit de mener à bien les premières élections démocratiques du Congo.
Face à l'insécurité provoquée par les milices mais aussi par l'armée, la priorité est la restauration de l'autorité de l'Etat. « Nous allons organiser rapidement une table ronde à Kinshasa pour réformer l'armée, la police, la justice et soutenir activement leur réorganisation », assure le délégué belge à la conférence.
Rapatriement des FDLR et amnistie pour Laurent Nkunda ?
A Goma, les groupes armés congolais ont signé un « acte d'engagement » pour l'arrêt total et immédiat des hostilités, avec « du concret dès demain », insiste Jozef Smets. Une commission de suivi déterminera les zones de désengagement des troupes belligérantes et des zones tampon, où seront déployés des Casques bleus pour veiller au respect du cessez-le-feu et sécuriser les populations civiles, de façon à permettre le retour des déplacés. Mais il ne faut pas être naïf, il y aura encore des incidents, selon les experts.
En réponse aux exigences de Laurent Nkunda, l'accord prévoit la mise en oeuvre du désarmement et du rapatriement des rebelles hutus rwandais (FDLR... ) ainsi que le retour des réfugiés congolais installés dans les pays voisins. Sur la délicate question de l'amnistie des rebelles, Kabila a fait une concession de taille : le Parlement votera une loi accordant l'amnistie pour faits de guerre aux mouvements insurrectionnels à l'exception des crimes de guerre, de génocide ou contre l'humanité. En coulisses, on négocie le départ de Nkunda en « voyage d'études » en Afrique du Sud assorti d'une possible amnistie.
L'alternative semble simple : soit on donne des gages à Nkunda, soit la guerre reprend...
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25 janvier 2008
RDC : Laurent Nkunda amnistié ?
Le général tutsi Laurent Nkunda, qui avait pris les armes contre les forces régulières en République démocratique du Congo, pourrait bénéficier de l'amnistie accordée dans le cadre de l'accord de paix signé mercredi à Goma.
Les partisans de Nkunda ont conclu cet accord de paix avec Kinshasa et la milice Maï-Maï pour mettre fin aux affrontements au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo. Il prévoit notamment un cessez-le-feu. Au cours de l'année écoulée, les combats entre soldats gouvernementaux, miliciens Maï-Maï et insurgés tutsis fidèle au général Nkunda ont entraîné le déplacement de 400 000 civils et fait des milliers de morts.
18:07 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
24 janvier 2008
Après Goma : Les civils attendent la paix désespérement
Les déplacés qui avaient fui leurs maisons des suites des affrontements entre les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo et les ceux fidèles au général dissident Laurent Nkunda ne jurent que par la paix.
Plus de 60.000 déplacés fuyant les guerres dans les territoires de Masisi et de Rutshuru sont placés dans des camps situés entre 10 et 12 km à l’Ouest de Goma. Il s’agit de Mugunga I (19.000), Mugunga II (8.500), Bulengo (16.930) et Buhimba (16.500).
Etant de véritables victimes des affrontements qui opposent les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), ces hommes et femmes ne demandent «aux belligérants » réunis à Goma que la paix. «Nous souhaitons rentrer une fois pour toute chez nous après la fin de la conférence sur la paix de Goma », a indiqué Mme Kahindo, déplacée au camp de Bulengo. Cette femme a ajouté que les conditions sanitaires et hygiéniques dans le camp sont infra-humaines.
Pour elle, la seule solution est de les ramener chez eux où «le climat leur évite de contracter la malaria». Même son de cloche de la part des autres déplacés. Tous avouent qu’ils sont venus des régions riches et en pâturage, et pour l’agriculture. Ils expriment tous, avec impatience, la volonté de retourner sur leurs terres.
Pour leur part, les humanitaires se plaignent du comportement « indigne » de la part de certains habitants de Goma. « A chaque fois qu’il y a distribution des vivres et non vivres, presque toute la partie Ouest de la ville se déverse dans des camps des déplacés », a déploré Mme Vicky Nkoji, la chargée de la protection au HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés) au camp de Bulengo. « C’est ce qui a justifié même le chiffre de 21.000 déplacés pour le camp de Mugunga II, il y a deux semaines », a-t-elle ajouté.
Pour la chargée de la protection HCR au camp de Bulengo, deux camps placés loin de la principale route de Sake échappent à ce comportement. Il s’agit du camp de Bulengo et celui de Buhimba. Tous les coups sont permis à Mugunga I et II.
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Après Goma : Des rebelles hutus prêts à rentrer au Rwanda
Peut-être une des premières conséquences des accords signés à Goma : des rebelles hutus rwandais basés depuis des années en République démocratique du Congo (RDC) se sont dits jeudi prêts à rentrer dans leur pays, à certaines conditions, a annoncé le porte-parole du ministre congolais des Affaires étrangères.
Des représentants de différents groupes de rebelles hutus rwandais, dont des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et du Rassemblement pour l'unité et la démocratie (RUD), "sont prêts à rentrer au Rwanda" si des "garanties de sécurité" leur sont assurées, a déclaré Claude Kamanga, porte-parole du ministre Antipas Mbusa Nyamwisi, après une rencontre avec ces rebelles au Nord-Kivu (est).
Le ministre s'est rendu à Mbuakinua, une localité située à 160 km au nord de la capitale provinciale Goma, pour "sensibiliser" ces rebelles à la "nécessité" de leur rapatriement au Rwanda. Cette initiative du ministre est le premier acte concret d'application des dispositions du communiqué conjoint RDC-Rwanda signé le 9 novembre 2007 à Nairobi, qui prévoit le rapatriement de gré ou de force des combattants étrangers présents sur le sol congolais.
Elle intervient au lendemain de la signature par tous les groupes armés congolais actifs au Nord et Sud-Kivu d'un "acte d'engagement" pour la paix et la cessation immédiate des hostilités et dans lequel ils demandent expressément la mise en oeuvre du rapatriement des rebelles étrangers.
Cessez-le feu
Conformément à cet acte, le gouvernement congolais a décrété jeudi un "cessez-le-feu" dans ces deux provinces. "Nous prenons l'engagement de nous inscrire dans le processus de paix en cours, initié par le communiqué conjoint de Nairobi pour le retour de la paix et de la sécurité dans la région" des Grands Lacs africains, a déclaré le "commandant Musare", chef du RUD, dont les propos ont été rapportés par M. Kamanga.
"Mais nous demandons que la communauté internationale nous assure des garanties de sécurité et le retour dans notre pays en toute dignité. Nous demandons au gouvernement congolais de nous appuyer dans cette demande", a-t-il ajouté.
Ces rebelles hutus rwandais, estimés à 6.000 en RDC par l'ONU, sont accusés par Kigali d'avoir activement participé au génocide rwandais de 1994 - qui a fait 800.000 morts, essentiellement des Tutsis, selon l'ONU. Ils accusent de leur côté le régime de Kigali d'être "dictatorial", d'entretenir le chaos dans les Kivu, et réclament un dialogue politique inter-rwandais.
Le ministre Mbusa Nyamwisi a fortement incité ces combattants à regagner leur pays, expliquant que leur rapatriement serait pris en charge dans le cadre des dispositions de Nairobi (assistance de l'ONU, réinsertion au Rwanda pour les non-génocidaires).
"Vous ne pouvez pas obtenir la concorde et la paix en gardant le fusil à la main. Le dialogue inter-rwandais, c'est au Rwanda qu'il faut l'obtenir", leur a-t-il dit, selon son porte-parole.
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23 janvier 2008
La longue descente aux enfers en RDC
Les conflits armés, la maladie et la malnutrition tuent chaque mois 45.000 personnes en République démocratique du Congo, estime l'ONG International Rescue Committee (IRC).
La guerre de 1998-2003 et ses conséquences ont fait 5,4 millions de morts, plus que n'importe quel autre conflit depuis la Seconde Guerre mondiale, souligne l'IRC, qui a réalisé cette étude avec l'institut australien Burnet. Les pertes en vies humaines équivalent à la population du Danemark. C'est comme si l'Etat du Colorado disparaissait en une décennie, a déclaré George Rupp, président de l'IRC.
L'étude est publiée le jour même où le gouvernement de Kinshasa doit signer avec les rebelles et les milices de l'est du pays un accord pour mettre fin aux combats qui n'ont jamais vraiment cessé dans la région depuis la fin officielle du conflit en 2003. Si la guerre s'est formellement terminée il y a cinq ans, estime en effet George Rupp, les querelles interethniques et la pauvreté continuent de faire des victimes.
Les premières causes de mortalité dans le pays, aggravées par les combats, sont le paludisme, la dysenterie, la pneumonie et la malnutrition, montre l'enquête. Cette étude a été conduite de janvier 2006 à avril 2007 auprès de 14.000 foyers dans l'ensemble des onze provinces du pays. Elle met à jour le précédent bilan de la guerre et ses conséquences qui s'élevait à 4 millions de morts.
L'IRC estime à 727.000 le nombre de personnes mortes en sus du seuil de mortalité habituel au cours de la période d'enquête. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés, près de la moitié de tous les décès, même s'ils représentent 19% de la population.
Avant cette dernière enquête, les travailleurs humanitaires estimaient déjà à un millier par jour le nombre de morts en RDC. Selon Richard Brennan, un des auteurs de l'étude, le taux de mortalité du pays est supérieur de près de 60% à la moyenne de l'Afrique sub-saharienne.
18:11 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
Nord-Kivu : Nkunda signe la paix à Goma
Après quelques cafouillages, on n'y croyait plus... les négociateurs du gouvernement de Kinshasa et les groupes rebelles ont signé un accord pour mettre fin à des années de combats dans la province du Nord-Kivu. Un représentant de Laurent Nkunda a été le premier à signer le document lors d’une cérémonie à laquelle participait le président Joseph Kabila. Des journalistes étaient présents sur place. Le représentant de Nkunda a été suivi par les délégués d’autres groupes armés. Que contient cet accord ? Début de réponse.
Les rebelles congolais du général Laurent Nkunda ont signé avec le gouvernement de Kinshasa et la milice Maï-Maï pour mettre fin aux affrontements au Nord-Kivu. Kambasu Ngeve, représentant de Nkunda, a signé le document lors d’une cérémonie à Goma en présence du président Joseph Kabila et d’ambassadeurs. L’accord de paix, qui prévoit un cessez-le-feu, a été conclu au terme de deux semaines d’intenses négociations à la conférence de Goma organisée sous l’égide des Nations unies, de l’Union européenne et des Etats-Unis. Mais tout en saluant dans cet accord une chance de paix durable au Congo, les observateurs occidentaux soulignent, au vu de l’échec de précédentes tentatives de cessez-le-feu dans la région, que sa mise en oeuvre s’annonce difficile. Les Nations unies et les gouvernements occidentaux ont exercé d’intenses pressions diplomatiques en faveur de la signature de l’accord dans l’espoir qu’il mettrait fin aux combats qui se sont poursuivis dans l’est de la RDC après la fin officielle de la guerre de 1998-2003. L’ancienne colonie belge renferme des minerais stratégiques - cuivre, or, diamants, uranium et coltane - convoités tant par les Occidentaux que par les Chinois. Sa superficie et sa situation au centre de l’Afrique en font un élément essentiel pour la stabilité du continent.
Cessez-le-feu et zone tampon
L’accord impose un cessez-le-feu immédiat et la création dans un délai de cinq jours d’une zone-tampon où patrouilleront des casques bleus. "C’est un jalon important pour la paix dans l’est du Congo. Mais ce n’est qu’un début et la route qui s’ouvre sera difficile", prévient Anneke Van Woudenberg, spécialiste du Congo et chercheuse à l’ONG Human Rights Watch. Tim Shortley, représentant du département d’Etat américain, souligne que l’accord implique le désengagement de l’ensemble des 25 groupes armés au Nord et au Sud-Kivu. Le texte prévoit l’instauration d’une commission technique pour superviser le désarmement des rebelles de Nkunda et des Maï-Maï et leur intégration à l’armée nationale ou leur démobilisation. Le gouvernement a, de son côté, promis aux Maï-Maï et aux rebelles de Nkunda une loi d’amnistie portant sur l’insurrection et les faits de guerre. Mais des observateurs relèvent que l’accord de paix ne précise pas clairement le sort de Nkunda. "Nous savons tous que Nkunda ne bénéficiera pas de l’amnistie (...) Il faudra qu’ils trouvent un moyen de régler (ce problème)", note Henri Boshoff, analyste militaire à l’Institut sud-africain des études de sécurité. Peu avant la signature, Nkunda avait donné son feu vert après avoir rencontré mercredi ses négociateurs pour procéder à des mises au point de dernière minute. "Il y avait des points sur lesquels nous devions discuter, en particulier concernant le cessez-le-feu", a déclaré René Abandi, porte-parole de Nkunda. Les trois parties auraient dû signer l’accord mardi, mais des désaccords de dernière minute émanant du camp Nkunda avaient empêché la signature. La mise en oeuvre de l’accord dépendra aussi des efforts pour régler la question de la présence dans l’est du Congo de rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), ennemis traditionnels de Nkunda. Ces rebelles hutus rwandais n’ont pas été invités à la conférence de paix de Goma.
Le Congo a signé à la fin de l’an dernier avec le Rwanda un accord promettant de chasser les FDLR, dont certains chefs sont responsables du génocide de 1994 au Rwanda, qui a coûté la vie à 800.000 Tutsis et Hutus modérés. Nkunda a justifié sa rébellion, en 2004, par la nécessité de protéger la minorité tutsie de l’est du Congo contre les attaques des FDLR.
45.000 morts par mois
Au cours de l’année écoulée, les combats entre soldats gouvernementaux, miliciens Maï-Maï et insurgés tutsis fidèles à ont entraîné le déplacement de 400.000 civils. D’après l’ONG International Rescue Committee (IRC), le conflit et la crise humanitaire qui l’a accompagné ont fait 5,4 millions de morts en une décennie, plus que n’importe quel autre conflit depuis la Seconde Guerre mondiale. Les combats, la maladie et la malnutrition tuent chaque mois 45.000 personnes en République démocratique du Congo, estime l’IRC dans une étude publiée mardi. Les premières causes de mortalité dans le pays, aggravées par les combats, sont le paludisme, la dysenterie, la pneumonie et la malnutrition, montre l’enquête. Cette étude a été conduite de janvier 2006 à avril 2007 auprès de 14.000 foyers dans l’ensemble des onze provinces du pays. Elle met à jour le précédent bilan de la guerre et ses conséquences qui s’élevait à 4 millions de morts. L’IRC estime à 727.000 le nombre de personnes mortes en sus du seuil de mortalité habituel au cours de la période d’enquête. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés, près de la moitié de tous les décès, même s’ils représentent 19% de la population. Selon Richard Brennan, un des auteurs de l’étude, le taux de mortalité du pays est supérieur de près de 60% à la moyenne de l’Afrique sub-saharienne.
18:10 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
22 janvier 2008
RDC : Vers un accord de paix au Nord-Kivu ?
Les participants à la conférence de Goma sur la paix dans les provinces du nord et du sud Kivu sont prêts a signé un "acte d'engagement" pour mettre fin aux hostilités dans cette région.
Si cet accord est signé comme prévu ce mardi, il devrait également mettre fin à plusieurs mois d'affrontement incessants entre l'armée régulière et les hommes du général dissident Laurent Nkunda. Le projet d'acte d'engagement qui a été proposé aux différents groupes armés précise qu'une loi d'amnistie sera votée en faveur des seigneurs de guerre, sauf pour ceux qui ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes de génocide.
Selon Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale congolaise et porte-parole de la conférence de paix sur les Kivu, une nouvelle session plénière réunirait dans la matinée les participants à la conférence de Goma pour l'adoption de "recommandations" pour la paix et le développement dans les Kivu. Il a ajoute que ces "recommandations" et l'"acte d'engagement" des belligérants seront signés mardi après-midi, en présence du président Joseph Kabila, au cours de la cérémonie de clôture de la conférence.
Accord historique ?
Après la signature de cet accord, les troupes des Nations Unies vont s'interposer entre les belligérants en occupant notamment 13 positions laissées vacant par les rebelles. Des émissaires seront dépêchés aux Etats-Unis et en Europe pour finaliser les derniers détails.
L'Union européenne a promis un financement de 150 millions de dollars pour la reconstruction de la région éprouvée par des années de conflits. "Ceci est un moment historique pour l'est du Congo," a déclaré Anneke van Woudenberg de Human Rights Watch.
"Si l'accord est signé, il constituera une base importante pour ramener la paix et mettre fin aux souffrances de milliers de personnes," a-t-elle ajouté.
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Conférence de Goma (RDC) : La clôture est reportée... le statut de Nkunda bloque toujours
Faut-il amnistier ou non l’ex-général Laurent Nkunda ? Cette question ainsi que celle du désengagement des groupes armés font encore objet de négociations entre le comité de sages et les différents groupes armés. Les négociations continuent autour de ces deux questions à l’hôtel Karibu de Goma. Le point de blocage, c’est l’amnistie qui devrait être accordée à Laurent Nkunda.
D’après un officiel abordé sur place, c’est la plénière de la conférence qui fera une recommandation sur une éventuelle amnistie en faveur du général insurgé. Le comité de sages n’a pas la capacité de le faire. Seul, le parlement qui a la compétence de voter une loi d’amnistie. Dans le cas d’espèce, la plénière pourra se limiter à faire une proposition au parlement, quitte à ce dernier de décider, indique la source.
Du côté du CNDP, on se montre optimiste. Le porte-parole militaire de ce mouvement, le major Séraphin Mirindi, estime que l’amnistie est un droit pour tous les chefs militaires. Le désengagement des groupes armés constitue aussi une autre pierre d’achoppement. Le comité de sages a proposé un plan de désengagement, c’est-à-dire le désarmement de groupes et leur cantonnement dans des sites à partir desquels leurs troupes seront acheminées vers les centres de brassage. Cependant, le CNDP pense que les choses ne sont pas aussi simples que cela. Le mouvement polico-militaire de Laurent Nkunda pense plutôt à la mise sur pied d’un comité technique qui examinera cette question en profondeur. Le CNDP a peur que les FDLR occupent l’espace qu’il contrôle une fois il désengage ses troupes.
Quant aux Forces républicaines et fédéralistes du Sud Kivu, ex Groupe de 47, elles exigent également de garantie de sécurité avant tout désengagement.
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21 janvier 2008
RDC : La conférence de Goma s'achève... et après ?
La conférence de Goma est terminée, mais déjà des interrogations surgissent. Comment gérer l’après-Goma ? A-t-on réellement et en toute sincérité abordé les questions de fond ? Quelle est la position exacte de la Communauté internationale qui gère les ambitions des partenaires extérieurs ? Seront-ils satisfaits de recommandations de ces assises et leurs intérêts sont-ils protégés ? Autant de questions qui expriment clairement que le plus dur est devant nous. Exactement comme dans la situation de l’après Sun City. L'analyse du quotidien de Kinshasa Le Potentiel.
La clôture de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu interviendra, sauf imprévu, demain mardi 22 janvier. Réunis depuis le 6 janvier à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, 1300 délégués se sont appesantis sur les questions d’insécurité, de violence, de conflits armés faisant de ces deux provinces le ventre mou de la République démocratique du Congo, mais aussi le centre névralgique dans la région des Grands Lacs.
Aussi, après les déclarations de bonnes intentions sur la paix, la sécurité et le développement, des délégations de deux provinces ainsi que des mouvements armés, les accusations réciproques des délégations pour situer les causes de ces violences, les participants s’étaient répartis en 32 sous-commissions en vue de dégager des résolutions et recommandations utiles dans le but de consacrer la paix avant de s’adonner aux travaux de développement. Il nous revient que samedi, le grand atelier Nord-Kivu a adopté les rapports de toutes les sous-commissions. Particulièrement, les sous-commissions Paix, Sécurité, Développement et Questions humanitaires. Ce grand atelier a proposé une résolution déclarant les provinces du Nord et du Sud-Kivu provinces sinistrées et ont demandé au gouvernement d’élaborer un « plan de reconstruction de ces deux provinces ».
En ce qui concerne la sécurité, le grand atelier Nord-Kivu a insisté sur le renforcement de la sécurité le long des frontières. Aussi, le gouvernement a-t-il été invité à accélérer les réformes sur les services de renseignements, la restructuration de l’armée et un rééquilibrage ethnique au sein des forces armées. Quant au retour des réfugiés congolais, appel a été lancé pour l’accélération de ce processus tout en prenant des dispositions utiles en vue de leur accueil, leur réinstallation et leur réinsertion.
La journée d’hier dimanche 20 janvier a été consacrée à l’harmonisation des deux rapports, c’est-à-dire avec celui du grand atelier du Sud-Kivu. En fin d’après-midi d’hier dimanche, une plénière était prévue avant la grande plénière de ce lundi 21 janvier qui doit se terminer par l’adoption du Rapport final et la lecture des résolutions et recommandations.
LES JEUX NE SONT PAS ENCORE FAITS
Comme on peut le constater, chacun retient encore son souffle pour autant que les jeux ne sont pas encore faits. Car, jusqu’à la lecture du rapport final, des résolutions et des recommandations, la question fondamentale demeure celle de savoir la manière dont les questions de fond ont été gérées. Ces questions de fond sont celles qui concernent la raison exacte du recours aux armes pour des revendications, l’ingérence des pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda, la neutralisation des FDLR, le statut de Laurent Nkunda et son exigence d’avoir des négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa, et enfin les ambitions ainsi que les intérêts des puissances étrangères, occidentales surtout.
Jusqu’à ce jour, l’on a brandi l’exclusion comme raison principale des rivalités inter-ethniques. Mais nulle part, l’on a perçu des éclaircis sur les interventions étrangères dans ces rivalités jusqu’à déstabiliser les institutions de la RDC.
En ce qui concerne la neutralisation des FDLR, le simple souhait de demander à la communauté internationale de les rapatrier sans délai ne suffit. Jusqu’à ce niveau, c’est encore un vœu pieux. Encore faudra-t-il qu’elle adhère à cette proposition et que le Rwanda montre les meilleures dispositions de clôturer ce dossier qui colle à la peau des Congolais une fois pour toutes. Mais ce même dossier tient aussi à l’existence du régime de Kigali. Dès lors qu’il faut prendre désormais en compte les dispositions internationales, ce n’est pas demain que cette question sera résolue. En plus, tant que la RDC ne disposera pas d’une armée dissuasive, l’on n’est pas du tout à l’abri du rebondissement de cette affaire sur fond d’autres prétextes. Surtout que des pays comme les Etats-Unis n’ont pas caché leur soutien au Rwanda.
Il en est de même du statut de Laurent Nkunda, soutenu par le Rwanda, et des négociations qu’il exige avec le gouvernement. Jusque samedi, l’on n’était pas avancé sur son cas et aucun compromis ne profilait à l’horizon. Certes, trois propositions ont été émises : lui accorder l’amnistie, laisser la justice poursuivre son action ou obtenir son exil.
Dans l’hypothèse de la troisième proposition, Nkunda s’est déjà exprimé : il n’ira pas en exil. Quant aux poursuites judiciaires, son mouvement le CNDP a demandé au gouvernement de ne point retenir cette proposition, mais plutôt d’annuler tous les arrêts de justice. Reste donc l’amnistie à lui accorder.
Le CNDP tient à cette proposition et a dit clairement que c’est le prix à payer pour la paix. Partant, ce mouvement attend l’adoption des résolutions et recommandations avant de se prononcer de façon précise. Ce qui revient à dire que même les négociations avec le gouvernement dépendra du statut de Nkunda après Goma.
Enfin, reste à sonder la volonté des partenaires extérieurs associés à ces assises. Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, ces partenaires ont bel et bien des ambitions et des intérêts sur la RDC et en RDC. Ils ne constituent nullement des entités caritatives et n’ont pas mis la main dans la poche pour financer le Dialogue inter-congolais, la Conférence de Goma pour les beaux yeux des Congolais. Ils doivent trouver absolument leurs comptes dans ces résolutions et recommandations. Faute de quoi, ils tireront toutes les conséquences qui s’imposent. Trêve donc de naïveté.
D’où la question de savoir si cette « question de fond a été examinée avec habileté » au cours de ces assises. Dans l’hypothèse d’une réponse affirmative, les intérêts nationaux ont-ils été réellement protégés ou va-t-on bientôt conclure « un autre marché de dupes » qui se traduirait dans les prochaines années par la balkanisation de la République démocratique du Congo.
Sans le vouloir peut-être, nous venons de soulever la « vraie question de fond » de cette Conférence de Goma. Comme pour dire, que le plus dur est encore devant nous dès lors que les participants n’auront pas fait preuve de hautes responsabilités politiques.
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Les machettes sont de retour au nord-Kivu
Dans la localité de Lubizo, quatre villageois ont été tués dimanche à coups de machette par des hommes armés au Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon des déclarations de la police locale rapportées par la radio, les assaillants sont membres d'un groupe armé mais qui n'a pas été "identifié" par les habitants de Lubizo, un village du territoire de Masisi situé à environ 70 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma. L'administreur-adjoint du territoire de Masisi, André Muhima, a confirmé ce bilan, sans être en mesure de donner plus de précisions sur les circonstances de l'attaque ou les motivations des assaillants.
Ces meurtres interviennent après le massacre les 18 et 19 janvier de dizaines de civils près de Nyamitaba et Kalonge, des villages du même territoire, où des accrochages se sont multipliés ces derniers jours entre soldats insurgés ralliés au chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda et des miliciens locaux Maï Maï.
Les autorités locales avaient alors affirmé qu'au total, une quarantaine de villageois avaient été tués, accusant le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, le mouvement politico-militaire de Nkunda) de ces crimes. Le CNDP et les Maï Maï des Patriotes résistants congolais (Pareco) s'étaient mutuellement accusés d'avoir massacré des civils, donnant des bilans allant d'une vingtaine à une trentaine de morts.
La Mission de l'ONU en RDC (Monuc), qui avait envoyé dimanche une patrouille sur les lieux pour sécuriser les civils, devait diligenter prochainement une mission d'enquête de sa section des Droits de l'Homme.
Par ailleurs, la radio Okapi a fait état d'affrontements depuis dimanche entre deux groupes armés étrangers, dont des rebelles hutus rwandais, près de Katwiguru, dans le territoire de Rutshuru, à une centaine de km au nord de Goma. "Le pillage de vaches" serait à l'origine de ces combats, dont on ignorait le bilan lundi, selon la radio.
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