03 février 2008
Après Goma : La délégation de Laurent Nkunda s'explique
Rencontré à l’hôtel Karibu où était logée leur délégation, le lendemain de la signature de l’Acte d’engagement entre les différentes parties participantes à la Conférence de Goma, le porte-parole du Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) livre ses impressions. René Abandi, est un des onze membres de la délégation du CNDP à Goma. Il s'explique dans cette interview du quotidien Le Phare.
Question : Quelle chance donnez-vous à l’accord de paix dont votre mouvement compte parmi les principaux signataires ?
R. Abandi : Il n’y a jamais eu de meilleur accord qui puisse exister de part le monde. C’est la volonté des signataires de l’appliquer qui le rend bon ou mauvais. Quant à nous, nous sommes prêts à honorer notre engagement.
Question : Comment avez-vous trouvé l’attitude de vos interlocuteurs, principalement le camp gouvernemental ?
R. Abandi : Je félicite la sportivité qui a marqué les discussions entre les parties. A cet effet, je reconnais quand même la souplesse du camp gouvernemental qui a fait des concessions en vue de faire aboutir les travaux. Particulièrement, la présence du président de l’Assemblée nationale et du président du Comité des sages de la Conférence était d’un grand apport. Peut-être s’il n’était pas là, on ne serait pas parvenu à cet accord.
Question : L’opinion dit de vous que vous êtes des marionnettes du Rwanda. Quelle est votre réaction?
R. Abandi : L’important n’est pas ce qu’on dit de nous, mais plutôt ce que nous voulons atteindre. Qu’on cesse de nous diaboliser en nous qualifiant de marionnettes du Rwanda. Car, ceux-là qui tiennent ce discours n’ont pas de leçon à nous donner. C’est peut-être eux qui sont plus proches du Rwanda. L’Afdl comme le Rcd sont nés au Rwanda, le Mlc en Ouganda. Tandis que le Cndp est né à Kitshanga, à Bwiza. Alors entre tous ces mouvements et le nôtre, lequel est plus congolais ?
Question : On vous accuse d’être plus collés à au Rwanda qu’à la nation congolaise. Qu’en dites-vous ?
R. Abandi : En voulant toujours coller le tutsi à la nation rwandaise voisine qu’à sa propre nation qui est le Congo, on est en train de frustrer tout un peuple, une partie de la nation, en portant atteinte à l’intégrité de celle-ci.
Question : le Cndp serait-il né pour maintenir la présence rwandaise en Rdc ?
R. Abandi : Nous sommes une organisation en quête d’autonomie. Nous n’allons pas nous-mêmes commencer par hypothéquer cette autonomie. Ce serait aller à l’encontre de notre objectif, notre vision, qui est celle de débarrasser le Congo de toutes les forces négatives qui insécurisent la population et empêchent le pays de décoller.
Question : Vous avez signé l’Acte d’engagement. Mais on n’a pas entendu vos revendications en guise de garanties pour mettre fin à la guerre. Même si elles n’ont pas été exhibées en public, quelles sont-elles ?
R. Abandi : L’important n’est pas le bénéfice des postes politiques en terme de dividendes à obtenir. C’est plutôt la cause que notre mouvement défend, l’idéal de la paix et la sécurité de notre peuple. A ce sujet, je précise que notre délégation n’avait pas reçu mandat de négocier des postes politiques quelconques.
Question : Vous avez signé pour la cessation des hostilités. Avez-vous déjà sensibilisé vos troupes sur le terrain ?
R. Abandi : Le CNDP a déjà donné l’ordre à ses troupes, parce que nous n’allons pas attendre que l’autre partie nous accuse de mauvaise foi.
Question : Comment commentez-vous le discours du chef de l’Etat ?
R. Abandi : Un certain nombre de déclarations faites dans son allocution semblent ne pas témoigner la réelle volonté de mettre en œuvre l’Accord. Toutefois, je suis satisfait quant à la relance de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).
Propos recueillis par Dominique Mukenza.
16:46 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
01 février 2008
RDC : Rumeurs de coup d'Etat à Kinshasa
Les rumeurs vont bon train à Kinshasa : l’annonce du prochain stationnement à Brazzaville d’un contingent de l’armée britannique a provoqué une sorte de psychose. Des "SMS" pour le moins alarmistes ont été échangés entre Kinshasa et Bruxelles.
"Les Britanniques sont arrivés à Brazzaville pour évacuer les Occidentaux qui résident à Kinshasa. On nous a dit de quitter Kinshasa de toute urgence avant que ça barde". C’est un modèle de messages "sms" transférés dans la soirée du jeudi 31 janvier à la rédaction de Congoindependant.com. Selon certaines sources, des coups de feu auraient été (le conditionnel reste de rigueur) entendus, dans la matinée de jeudi, aux alentours du palais de la Nation où se trouve le cabinet de Joseph Kabila....
Kabila condamné à rester à Kinshasa ?
"Des membres de la garde présidentielle protestaient contre le non-paiement de leur solde du mois de février", commente une source. Explication peu satisfaisante. Une chose paraît sûre : Joseph Kabila n’a pas fait le voyage d’Addis-Abeba où se tient depuis jeudi le 10ème sommet de l’Union africaine. Le ministre des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi dirige la délégation congolaise. Le ministre risque de se ronger les ongles dans la capitale éthiopienne : le Congo démocratique est, en effet, privé de "voix délibérative". Motif : contributions impayées. Montant : 10 millions U$.
Depuis mercredi soir le Président est invisible. Où est-il passé? Selon certaines sources, l’homme se trouverait dans sa ferme à Menkao, localité située à une centaine de kilomètres de la capitale. Dans les milieux diplomatiques à Kinshasa, c’est l’expectative. "Depuis plusieurs mois, Kabila a peur de prendre l’avion", confie un diplomate occidental joint au téléphone à Kinshasa. Ajoutant : "Il redoute un attentat. Joseph et son entourage semblent obsédés par l’ombre de l’ancien conseiller de Mobutu, Honoré Ngbanda". La RD Congo se trouve-telle à l’aube d’une action de déstabilisation ?
16:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
29 janvier 2008
Nord-Kivu (RDC) : "On se bat... mais on respecte les accords de paix !"
C'est par cette formule que l'on pourrait résumer la position (difficilement tenable) des différents belligérants qui se sont affrontés lundi dernier. Alors que les combats ont opposé des troupes fidèles au général rebelle Laurent Nkunda et une faction des milices Maï-Maï, Pareco, les deux parties ont promis de respecter l'accord de paix signé la semaine dernière à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo.
Les rebelles tutsis congolais et les milices Maï-Maï ont promis de respecter l'accord de paix signé la semaine dernière dans l'est de la République démocratique du Congo, au lendemain de heurts qui ont fragilisé le cessez-le-feu. Lundi en début de journée, des combats avaient éclaté aux abords de deux villages de la province du Nord-Kivu (est de la RDC), entre des rebelles fidèles au général mutiné Laurent Nkunda et une faction des Maï-Maï, Pareco. Les deux factions s'étaient mutuellement accusées d'être à l'origine de ce regain de violences.
Ces affrontements, non loin de Lusirandaka et de Kasake, à 70 km à l'ouest de Goma, ont laissé craindre une rupture complète de la trêve et de l'accord de paix signé par le gouvernement de Kinshasa avec 25 groupes armés, dont les rebelles de Nkunda et la faction Pareco. Nkunda comme le groupe Pareco ont toutefois assuré qu'ils respecteraient l'accord de paix, destiné à mettre un terme à des années de conflit dans l'Est congolais malgré l'arrêt officiel de la guerre de 1998-2003.
Le calme est revenu mardi
"Cela ne met pas en péril nos engagements, mais les violations du cessez-le-feu par Pareco nous inquiètent", a déclaré à Reuters Séraphin Mirindi, porte-parole militaire de Nkunda. Le secteur où ont eu lieu des heurts lundi était de nouveau calme mardi. "Nous avons signé et nous respectons ce que nous avons signé. Nous ne nous retirerons pas du processus", a dit pour sa part le porte-parole de Pareco, Théophile Museveni.
18:04 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
28 janvier 2008
Nord-Kivu : Le cessez-le-feu aura tenu 5 jours !
Tous les belligérants s'accusent mutuellement d'avoir violé lundi le cessez-le-feu instauré au Nord-Kivu, à peine cinq jours après l'engagement des groupes armés locaux à cesser les hostilités dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo. Les combats ont donc repris sur le territoire de Masisi.
Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, et les Patriotes résistants congolais (Pareco), une milice d'auto-défense Maï Maï regroupant des combattants issus de plusieurs ethnies, se sont rejetés la responsabilité du déclenchement des hostilités.
Pareco (Maï-Maï) contre CNDP
"Les Pareco et FDLR (rebelles hutus rwandais) ont attaqué nos positions" près de Ngungu, localité située à environ 40 km à l'ouest de la capitale provinciale Goma, a déclaré Séraphin Mirindi, porte-parole militaire du CNDP. De son côté, le porte-parole des Pareco, Museveni Sendungu, a accusé les hommes du CNDP d'avoir "attaqué les premiers". "Nous n'allions pas rester les bras croisés". Selon le Pareco, leurs positions de Kaseke et Kisonga ont été attaquées simultanément vers 5 heures locale ce lundi par les troupes du CNDP.
La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a annoncé avoir envoyé des patrouilles pour vérifier "des allégations de violation du cessez-le-feu". "Nous avons reçu des informations concernant des combats entre différentes factions du CNDP et des Maï Maï", a déclaré Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Monuc au Nord-Kivu.
Les FDLR se battent entre eux
Dans le même chapitre des violences, notons que des combats ont opposé ce matin des FDLR du mouvement RUD à des dissidents FDLR à Kiseguru.
Ce village est situé à 90 kilomètres au nord est de Goma dans le territoire de Rutshuru. D’après les notables de Rutshuru, ces affrontements sont occasionnés par le pillage des biens de la population par la faction dissidente des Fdlr. Ces rebelles dissidents sont accusés aussi d’avoir totalement dépouillé la population du village Buganza, à 10 kilomètres de Nyamilima sur la route de Ishasha.
Pour l’instant, les responsables des Fardc ne se sont pas encore prononcés sur la recrudescence des combats dans la région.
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