01 novembre 2009
RDC : Le MLC pourrait perdre l'Equateur
Le fief historique de Jean-Pierre Bemba pourrait finalement tomber entre les mains de l'AMP de Joseph Kabila. La province de l'Equateur doit prochainement élire un nouveau gouverneur, en remplacement de José Makila. Les 5 candidats sont désormais connus : Jean-Claude Baende, Gabriel Bolonge, Michel Bongongo Ikoli, Jean-Lucien Bussa Tongba et José Engbanda Mananga sont retenus. L'actuel gouverneur, Jean-Claude Baende, semble favori.
Aux dernières nouvelles, le gouverneur intérimaire et candidat officieux de l'AMP, Jean-Claude Baende aurait rassemblé sur son nom le MLC Vincent Mokako et plus de 70 députés provinciaux... une belle avance à quelques jours du scrutin, le 13 novembre prochain. Même si le MLC peut compter sur la mobilisation des députés encore fidèles à José Makila, l'AMP pourrait ravir à Jean-Pierre Bemba son fief de l'Equateur. Selon des observateurs politiques, cités par Digitalcongo.net, "le Mouvement de Libération du Congo de Jean Pierre Bemba n’a plus les mêmes chances qu’à la première élection de 2006 qui a porté José Makila à la tête de l’Equateur". Le parti de l'ex vice-président Bemba part plus divisé que jamais avec deux candidats, Lucien et Gaby Bolenge. Reste à connaître la capacité de mobilisation du MLC. Pour garder l'Equateur, le MLC devra convaincre les 108 députés provinciaux de l’Equateur dont une soixantaine soutenait déjà le gouverneur intérimaire Claude Baende. Le parti de Joseph Kabila pourrait donc s'emparer de cette province, qui constitue un important réservoir de voix au niveau national... et ainsi prendre une longueur d'avance, en vue du scrutin présidentiel de 2011.
Christophe Rigaud
17:15 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rdc, équateur, mbandaka, mlc, bemba, josé makila, élections, gouverneur
31 octobre 2009
RDC : Kinshasa sauve une fois de plus le soldat Ntaganda
Le gouvernement congolais ne remettra pas à la Cour pénale internationale (CPI) l'ex-chef rebelle Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre. Son porte-parole, Lambert Mende, précise que "les chicaneries autour des poursuites à engager sans délai sont de nature à infliger à ce pays fragile un remède pire que le mal". Pour Kinshasa, livrer Ntaganda compromettrait les chances de paix au Kivu. Ntaganda sauve sa tête une fois de plus... jusquà quand ?
Le président Joseph Kabila avait prévenu : "la paix et la sécurité du Nord-Kivu passent avant toute chose", quitte à protéger un criminel de guerre. Depuis le début de l'année les pressions de la communauté internationale se sont multipliées, demandant au gouvernement de République démocratique du congo (RDC) de leur remettre Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégré au grade de général dans l'armée congolaise. Officiellement assigné à des fonctions non opérationnelles, en réalité Ntaganda est un des responsables de la campagne Kimya II, engagée par les forces armées congolaises (FARDC) contre les rebelles hutus encore présents au Kivu.
17:19 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bosco ntaganda, rdc, rd congo, kinshasa, cpi, république démocratique du congo, cndp
30 octobre 2009
Biens mal acquis : "Champagne pour les malfaiteurs franco-africains !"
L'expression est de William Bourdon, avocat de l'ONG Sherpa, une des deux associations à l'origine de la plainte sur les "biens mal acquis". La cour d'appel de Paris vient en effet de juger irrecevable la plainte déposée en 2008 par Transparency International. Elle a refusé qu'un juge d'instruction enquête sur l'affaire des "biens mal acquis" présumés par les présidents du Gabon, du Congo, de Guinée Equatoriale et de leur famille.
"Aujourd'hui, c'est champagne pour l'association de malfaiteurs franco-africaine qui organise les pires profits du pillage des deniers publics africains" selon William Bourdon. La cour d'appel de Paris a en effet annulé une décision d'enquêter sur les biens détenus en France par trois présidents africains. La cour juge irrecevable la plainte déposée en décembre par l'ONG anti-corruption Transparency International pour "recel de détournement de fonds publics".
Le dossier vise les biens détenus par la famille d'Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale). L'enquête de police de 2007 avait pourtant recensé en France 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par Omar Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou-Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang. Selon Tranparency International, "ces biens n'ont pu être acquis qu'avec de l'argent détourné". Pour les avocats de ces présidents, ou anciens présidents africains, les choses ne sont pas aussi simples : "le responsable de la Guinée Equatoriale n'avait pas de biens en France et il était visé", explique l'avocat d'Obiang. Pour les avocats d'Ali Bongo (le fls) et nouveau président du Gabon : "Ali Bongo n'est pas propriétaire de biens immobiliers en France". Transparency International compte se pourvoir en cassation.
Voici, pour mémoire, la liste des "biens mal acquis" par les 3 familles visées par l'enquête :
GABON
Ancienne colonie française, le Gabon est le quatrième producteur de pétrole de l'Afrique sub-saharienne. Son ancien président Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967, est mort en juin et son fils Ali a été élu en août à son poste. L'avocat de ce dernier assure qu'il ne possède rien en France.
La famille Bongo compte 39 propriétés dans les beaux quartiers de Paris et sur la Côte d'azur, 70 comptes bancaires (dont 11 étaient détenus par Omar Bongo) et au moins neuf véhicules de luxe qui valent environ 1,5 million d'euros, dont certains payés avec des chèques du Trésor public gabonais, comme celui de 390.795 euros signé le 5 février 2004 par l'épouse du président pour l'achat d'une voiture de luxe Maybach 57.
CONGO-BRAZZAVILLE
Ancienne colonie française, le Congo-Brazzaville, cinquième producteur de pétrole d'Afrique sub-saharienne a été dirigé par Denis Sassou Nguesso de 1979 à 1992. Battu aux élections, il est revenu en 1997 après une guerre civile.
La police a recensé 24 propriétés, 112 comptes bancaires et un véhicule d'une valeur de 172.321 euros.
GUINÉE ÉQUATORIALE
Ancienne colonie espagnole, la Guinée équatoriale, troisième producteur de pétrole d'Afrique sub-saharienne, est dirigé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo depuis un coup d'Etat en 1979.
La police a découvert un logement, propriété de son fils Teodorin, qui est ministre de l'Agriculture. Une série de voitures de luxe sont évaluées à 4.2 million euros, deux Ferrari, une Maybach, deux Bugatti, une Rolls Royce Phantom and deux Maserati.
Christophe Rigaud
16:20 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bongo, afrique, sassou nguesso, françafrique, biens mal acquis, gabon, congo, fortune, chefs d'états afriqcains, obiang
27 octobre 2009
RDC : Du rififi à l'Apareco
Le mouvement patriotique est au bord de l'éclatement. Tenu par l'ancien responsable des services secrets de Mobutu, Honoré Nganda, l'Apareco doit faire face à un groupe dissidents de Londres. Le "deuxième" Apareco demande la démission d'Honoré Nganda et sème le trouble au siège parisien des "patriotes congolais". Comme le CNDP ou l'UDPS, verrons-nous apparaître un mouvement dissident à l'Apareco ?
Dans un communiqué virulent, l'Apareco dénonce la création de ce "deuxième Apareco" par le pouvoir en place à Kinshasa. L"Apareco y voit la main de l'ANR, les services de renseignements congolais. L'Apareco nouvelle mouture serait dirigé par l'ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) à Londres Kikaya Bin Karubi.
Dans son communiqué, l'Apareco dénonce également "le choix délibéré du sigle Apareco pour semer le trouble et créer la confusion". L'Apareco souligne que ce n'est pas la première fois que des groupes analogues voient le jour. Ils citent les groupes "Pareco" ou "Parec"... créés toujours pour semer le trouble.
Dans son communiqué, l'Apareco se réserve le droit de poursuivre en justice les "imposteurs" et rappelle sa détermination à combattre Joseph Kabila jusqu'à "la libération totale de la République démocratique du Congo". Pour la libération de la RDC... il faudra encore attendre un peu, mais pour l'action en justice, on peut compter sur les hommes d'Honoré Nganda.
Rappellons que de nombreuses tensions sont enregistrées récemment par les groupes d'opposants à Joseph Kabila à l'étranger, notamment en Belgique et en Angleterre. On peut y voir l'approche du prochain scrutin présidentiel de 2011... ou plus simplement, les nombreuses dissensions au sein des membres des mouvements d'opposition.
Christophe Rigaud
17:22 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0)
RDC : Les faux documents de l'affaire de Dieuleveult
La thèse du meurtre de Philippe de Dieuleveult a du plomb dans l'aile. Il y a un an, la revue XXI, affirmait que l'animateur français, n'était pas mort de noyade dans les rapides d'Inga (RDC), mais avait été assassiné par les services secrets zaïrois de l'époque. Un procès verbal d'audition révélait les mobiles suposés du meurtre : Philippe de Dieuleveult était un membre des services secret français (DGSE)... en mission. Or, une enquête française vient de démontrer que le document est un faux. Un document, acheté 150 dollars par la journaliste de la revue XXI.
Dans son enquête de 2008, le magazine XXI affirmait que le 8 août 1985, deux jours après la disparition officielle des sept membres de l'expédition "Africa Raft" près de la centrale électrique d'Inga, Philippe de Dieuleveult était interrogé à Kinshasa par un commandant de la "Division spéciale présidentielle" (DSP), la garde personnelle du président Mobutu. Le PV (procès verbal) de l'audition était même reproduit dans la revue.
Mais une enquête du parquet de Paris vient de conclure que e document "n'est pas authentique". Une information confidentielle publiée par le site du Point.fr. Pour les enquêteurs, la signature de Philippe de Dieuleveult qui figure sur ce document "a été scannée, puis rehaussée à l'encre". D'autres incohérences ont été relevé par les policiers, comme la mention d'un tournage de l'émission "La chasse au trésor" au Tchad... émission qui n'a jamais été tourné. Une "erreur" sur le nombre des enfants de l'animateur français au moment des faits est également présente sur le PV d'audition... autant d'informations qu'auraient pu vérifier la journaliste Anna Miquel avant la publication de l'article.
La journaliste de XXI reconnaît avoir acheté ces documents pour environ 150 dollars mais assure qu'ils "contenaient des informations précises et crédibles" qu'elle n'avait "aucun moyen de faire expertiser". Pour Anna Miquel, le doute subsiste : "cela ne remet en question ni la thèse de l'assassinat ni la qualité de mon enquête". Affaire à suivre.
Christophe Rigaud
Photo : fleuve congo 2005 (c) Ch. Rigaud
16:24 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe de dieuleveult, rdc, rd congo, kinshasa, république démocratique du congo, inga, chasse aus trésors, barrage, meurtre


