Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22 novembre 2009

RDC : Bemba veut remettre de l'ordre au MLC

Après son dernier échec électoral en Equateur, rien ne va plus pour le MLC, le mouvement de l'ancien vice président Jean-Pierre Bemba. Emprisonné par la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre, Jean-Pierre Bemba recevra le 4 décembre une délégation de son parti à la prison de Scheveningen. Objectif : reprendre la main sur son mouvement.

DSC03834 copie 2.jpgSelon le MLC en France, l'entretien portera sur la situation interne après l'échec électoral lors des élections pour le gouvernorat de l'Equateur. Une délégation du MLC France se rendra donc aux Pays-Bas pour "recevoir les orientations politiques de (son) président-fondateur." Cette visite sera aussi l'occasion de réconforter Jean-Bemba, détenu depuis bientôt deux ans.

L'ancien vice-président de République démocratique du Congo, également Sénateur, avait été arrêté en mai 2008 à Bruxelles sur ordre de la CPI avant d'être transféré à la prison de La Haye. La CPI lui reproche des "crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des viols et des tortures" commis en 2002 et 2003 en République centrafricaine par ses troupes. Le MLC étaient effectivement venu prêter main forte au président Ange-Félix Patassé, en guerre contre la rébellion du général François Bozizé. Jean-Pierre Bemba avait toujours fait figure d'opposant sérieux face à l'actuel président Kabila. Aux élections de 2006, le président du MLC avait rassemblé 42% des suffrages. Le procès de Jean-Pierre Bemba débutera le 27 avril prochain.

Christophe Rigaud

Photo : Jean-Pierre Bemba en campagne présidentielle - 2006 - Kinshasa (c) Christophe Rigaud

RDC : La corruption se porte bien

Chaque année, Transparency International traque la corruption sur toute la planète. En 2009, la République démocratique du Congo (RDC) figure toujours parmi les pays les plus corrompus d'Afrique, malgré de minces efforts. La RDC se place en 38ème position sur les 47 pays de l'Afrique subsaharienne concernés par l'enquête et au 162ème rang mondial.

Image 2.pngLa RDC se situe sur la liste des pays disposant de nombreuses ressources mais qui ont obtenu un score inférieur ou égal à 2/10 sur l'indice de corruption. Comme l'Angola, la République démocratique du Congo, la Guinée, le Tchad et le Soudan, "ces pays disposent d'un potentiel qui leur permettrait de générer d'importants revenus et de fait, d'améliorer leur développement social, ils n'ont pas su mettre à profit leur richesses pour instaurer des programmes de réduction durable de la pauvreté ", note l'ONG Transparency International. "Au lieu de cela, l'existence de niveaux élevés de corruption au sein des industries d'extraction contribue systématiquement à engendrer stagnation économique, inégalités et conflits". Pour Tranparency International, "même si par comparaison avec d'autres pays de la région, certains Etats semblent améliorer leur score ou leur classement, il faut souligner que ces changements ne reflètent pas une amélioration réelle et durable de l'obligation de rendre des comptes au niveau local. En Afrique subsaharienne, les défis à relever dans la lutte contre la corruption restent d'actualité.3

Parmi les bons élèves figure le Botswana, le pays le mieux noté dans la région. Il occupe la 37ème place sur le plan mondial avec ses 5,6./10. Le rapport de Transparency International reconnaît tout de même que les gouvernements de la région fournissent des efforts pour endiguer la corruption malgré leur inefficacité. " Il est évident que de nouveaux engagements doivent être pris afin de mettre en œuvre des réformes et des législations anti-corruption et d'introduire des mesures préventives, y compris des programmes d'éducation " propose Transparency International.

RDC : La MONUC change sa stratégie contre les FDLR

En plein débat sur le "retrait progressif" des casques bleus en République démocratique du Congo (RDC), le chef de la MONUC, Babacar Gaye, veut instaurer de "nouveaux modes d'action" pour lutter contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Après 9 mois d'opérations sans véritables succès, les Nations-Unies veulent changer de méthodes.

Logo MONUC.gifLe responsable militaire de la MONUC, le général Gaye, affirme qu'il serait "pertinent d'évaluer la situation et de mettre en place de nouveaux modes d'action." Et de poursuivre : "plutôt que de se lancer dans des opérations de contre-guérilla, qui demandent des capacités, des moyens qui ne sont pas entièrement entre les mains des Forces armées de la RDC (FARDC), il vaut mieux contrôler les zones dans lesquelles les FDLR venaient habituellement se ravitailler.". Un changement de stratégique qui intervient en pleine polémique sur le retrait de la MONUC de RDC, où son action est vivement critiqué : manque de résultats et exactions multiples de l'armée régulière soutenue par les casques bleus. Une prise de conscience et un changement de cap qui intervient sous doute... un peu tard.

Christophe Rigaud

20 novembre 2009

RDC : L'Equateur, nouvelle poudrière ?

Les affrontements continuent dans cette province de République démocratique du Congo (RDC). Les trois derniers jours de violence en Equateur ont fait 11 morts et plus d'une centaine en 15 jours. La région de Dongo vit désormais aux rythmes des combats entre les Lobala et les Boba, deux groupes linguistiques de la même communauté qui se disputent un territoire de pêche.

Carte Mbandaka.pngPour le HCR, ces violances ont entraîné le déplacement de plusieurs milliers de personnes au Congo-Brazzaville voisin. Le nombre de réfugiés pourrait atteindre les 37.000. Le gouvernement congolais, qui semble débordé par la situation, a demandé l'appui de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) mais certains députés provinciaux appellent l'Etat à réagir face à la dégradation de la situation.

Les derniers affrontements qui ont fait au moins 11 morts ces trois derniers jours se sont déroulés à Saba Saba dans les environs de Dongo à environ près de 300 kilomètres au nord de Mbandaka, le chef-lieu de la province de l'Equateur.

Les Lobala et les Boba qui se partageaient jusque-là les activités de pêches, semblent avoir remis en question leur gestion communautaire ce qui aurait déclenché les hostilités. Les Lobala sont désormais sorti de leur secteur et auraient avancé jusqu'à 60 kilomètres de leurs villages en direction de Buburu vers le sud.

Si le gouvernement a envoyé des éléments de la Police d'Intervention Rapide pour repousser les assaillants, certains députés provinciaux, comme le coordinateur de l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP), Jean-Faustin Mokoma ont appelé les autorités centrales à donner plus de moyens pour mettre fin aux tueries. Kinshasa semble pourtant rester impuissante face à ce déchaînement de violence, alors que la majorité des tueries ont été commises à l'arme blanche et non par armes à feu.

Christophe Rigaud

17 novembre 2009

RDC : Les FDLR décapités

Coup dur pour les rebelles hutus des FDLR. Son chef politique, Ignace Murwanashyaka et son second, Straton Musoni, viennent d'être arrêtés en Allemagne, soupçonnés de crimes de guerre et contre l'humanité.

Image 1.pngA 46 ans, Ignace Murwanashyaka est à la tête les FDLR depuis 2001 et vit depuis 1989 en Allemagne. Il est soupçonné, avec son adjoint, d'avoir coordonné des exactions commises entre janvier 2008 et juillet 2009 par les FDLR, qui regroupent quelque 5.000 rebelles hutu rwandais installés dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), à la région frontalière du Rwanda.

Ce coup porté aux FDLR survient alors que ce mouvement politico-militaire est l'objet d'une pression diplomatique et militaire croissante dans le cadre du processus de Nairobi, lancé en novembre 2007 par la RDC et le Rwanda. Ce processus, soutenu par l'ONU, l'Union européenne et les Etats-Unis, vise le désarmement de gré ou de force de ces rebelles, puis leur rapatriement. Dans ce cadre, l'ONU encourageait vivement l'Allemagne à agir.

Les FDLR, dont le chef militaire est le général Sylvestre Mudacumura, ont été créées en 2001. Kigali accuse certains de ses membres d'avoir pris part au génocide de 1994, qui a surtout visé la minorité tutsi du Rwanda et fait près de 800.000 morts selon les Nations-Unis.


16 novembre 2009

RDC : Joseph Kabila ne veut plus de la MONUC

A moins de deux ans des élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC), les casques bleus de la MONUC sont jugés de plus en plus indésirables par Kinshasa. Joseph Kabila souhaiterait que la force des Nations-Unies se retire à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la RDC. Le président congolais ferait actuellement pression pour que la MONUC commence à planifier son retrait progressif du pays... élément indispensable avant de se présenter pour un second mandat.

Logo ONU 2.jpgLa plus importante mission des Nations-Unies dans le monde est priée de se retirer. Les casques bleus sont présents en RDC depuis 1999, à la suite d'une guerre civile interminable. Joseph Kabila souhaiterait qu'à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la RDC (en 2010), les Nations-Unies lui présente un plan de retrait de ses forces. Le président congolais veut visiblement montrer à la population qu'il n'a plus besoin des casques bleus pour rester au pouvoir. Après avoir remporté en 2006 les premières élections libres organisées en quarante ans en RDC, Joseph Kabila devrait se représenter à la tête du pays en 2011.

Le temps presse pour Kinshasa... mais peut-être moins pour Ban Ki-moon. L'ONU vient en effet de reconduire le mandat de la MONUC pour six mois. Ban Ki-moon veut donner un peu de temps à la MONUC pour finir d'accomplir ses missions. Pas de retrait précipité... et même un retrait progressif, avec des étapes clairement établies. Voilà qui ne fait pas l'affaire du président congolais, pressé d'en finir avec les casques bleus. Un haut responsable des Nations-Unies, cité par lexpress.fr, déclare même : "je serais très étonné si ce retrait prenait moins de deux ans". Il faut rappelé aussi qu'un renfort de 3 000 hommes avait été voté par l'ONU... des soldats pas tous arrivés sur place ! Il faudra donc un peu de patience à Kinshasa... et un retour à la paix, avant de voir partir la MONUC.

Christophe Rigaud