17 octobre 2009
RDC : Nkunda sans nouvelle de Kagame
Les avocats de Laurent Nkunda n'en reviennent toujours pas. Depuis début octobre, ils sont toujours sans nouvelle de leur demande de rencontre avec le président rwandais, Paul Kagame. Mais plus inquiètant pour eux, la Haute Cour Militaire de Kigali vient récemment de refuser de donner suite à la requête de mise en liberté de l'ex chef rebelle congolais. Devant le "silence radio" de Kigali, la défense de Laurent Nkunda dénonce l'obstruction du Rwanda en "violation avec les droits fondamentaux" du prévenu. L'encombrant général rebelle semble donc bel et bien condamné à rester en prison, alors que Kigali et Kinshasa poursuivent leur délicat rapprochement diplomatique.
Selon les avocats de Laurent Nkunda, le Président de la Haute Cour Militaire a refusé de convoquer une audience pour juger la requête de mise en liberté de Laurent Nkunda, sous prétexte "qu’une autre juridiction est déjà saisie de l’affaire". Après de nombreuses demandes de remise en liberté, les avocats du prévenu estiment que "de nouveau, les droits fondamentaux de Laurent Nkunda sont violés car la justice rwandaise refuse de se prononcer sur la légalité de sa détention".
La défense de Laurent Nkunda ont donc l’intention de s’adresser à la Cour Suprême de la République du Rwanda, la plus haute juridiction au pays. L'avocat de l'ex rebelle se dit "très déçu par la tournure des évènements. Dans un pays qui se dit gouverné par la règle de droit, les tribunaux doivent protéger les libertés individuelles, ce qui n’est manifestement pas le cas ici. Cela dit, je ne suis pas découragé pour autant, il nous reste la Cour Suprême et j’ai confiance qu’elle acceptera de se prononcer sur la détention illégale de Laurent Nunda".
Christophe Rigaud
17:33 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nkunda, kabila, rwanda, fdlr, république démocratique du congo, rdc, rd congo, kinshasa, laurent nkunda, kivu
16 octobre 2009
ONU : «Tous les témoins sont au rouge en RDC»
C’est un rapport accablant sur les Droits de l'Homme en République démocratique du Congo (RDC) que vient de publier un expert de l'ONU. Philip Alston, rapporteur spécial de l’ONU presse la communauté internationale d'agir pour éviter "une nouvelle effusion de sang" dans certaines régions du pays. FARDC, LRA, situation au Bas-Congo, tout y passe…
Ce rapport explosif de l’ONU sur la situation en RDC révèle tout d’abord l’existence du "massacre" commis le 26 avril par une unité de l'armée de Kinshasa, dans un camp de réfugiés hutu rwandais à Shalio (Nord-Kivu, est). AFRIKARABIA avait déjà relayée cette information hier, faisant état d’au moins « 50 réfugiés tués" et une quarantaine de femmes "enlevées". Mais Philip Alston note dans son rapport que ces tueries se sont déroulées « en pleine opération "Kimia II" menée depuis mars au Nord et Sud-Kivu par les Forces armées de RDC (FARDC), appuyées par les Casques bleus de l'ONU (Monuc) ». La charge du rapporteur Alston contre la Monuc est sans appel : « FARDC et Monuc doivent changer leur stratégie. Le mandat du Conseil de sécurité a transformé la Monuc en une partie au conflit. L'impunité est chronique. Pour les FARDC tout est permis ». Pour le rapporteur de l’ONU, « c'est la cause principale de la continuation des tueries et le résultat des lacunes graves du système judiciaire à tous ses niveaux ».
L'enquêteur s'inquiète également de la situation en Province Orientale (nord-est), "véritable poudrière" où la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) "sévit toujours", avec 22 meurtres et 37 enlèvements relevés en septembre, alors que Kinshasa "s'apprête à crier victoire". Pour terminer cette liste noire, l’auteur du rapport relève enfin une situation « hautement répressive de l'appareil de l'Etat » dans le Bas-Congo, après avoir été interdit par la police et les autorités locales de rencontrer des témoins et victimes de violences de la part des forces de sécurité. "Tous les témoins sont au rouge en RDC", pour Philip Alston. Le rapporteur appelle le gouvernement congolais et la communauté internationale à « prendre des mesures immédiates de prévention pour empêcher une nouvelle effusion de sang prévisible à l'ouest, en Province Orientale et dans les Kivus ».
Christophe Rigaud
17:35 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onu, économie, monuc, rdc, rd congo, fdlr, république démocratique du congo, rwanda
15 octobre 2009
RDC : L'ONU met la pression sur les FARDC
L'armée régulière congolaise (FARDC) a massacré au moins 50 réfugiés rwandais en marge d'opérations appuyées par les casques bleus de l'Onu contre des rebelles implantés dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon un rapport diffusé des Nations unies ce massacre s'est produit le 27 avril dernier près de Shalio, un village de la province du Sud-Kivu. Des soldats, pour la plupart d'anciens rebelles tutsis congolais intégrés dans les forces armées de RDC, sont entrés dans un camp qui "était largement occupé par des femmes, des enfants et des vieillards" et "ont mené une tentative délibérée d'en éliminer tous les occupants".
Pour l'ONU, "cinquante personnes au moins ont été tuées. Une quarantaine de femmes ont été enlevées et violées. Certaines d'entre elles ne sont pas réapparues depuis". Ce rapport devrait intensifier la pression sur la Mission d'observation des Nations unies au Congo (Monuc), déjà sur la sellette pour avoir soutenu les opérations de l'armée congolaise dans l'est du pays en dépit des accusations d'abus et du nombre élevé de civils pris dans ces violences. Le massacre de Shalio a provoqué un raid de représailles des rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) contre le village voisin de Busurungi, où 96 civils au moins ont été tués le 10 mai.
Les violences ont également déplacé 900.000 habitants de la région.
17:37 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rd congo, fardc, rdc, monuc, nkunda, cndp, kivu, guerre, goma
14 octobre 2009
RDC : Le gouverneur Julien Paluku sur la sellette
Une Commission parlementaire fait état de la gestion "ubuesque" du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku. La commission menée par le député Muhindo Nzangi demande la démission du gouverneur de la province.
C'est sur radio Okapi que le député Muhindo Nzangi a porter ses premiers coups contre le gouverneur Julien Paluku, avec à la main, son rapport sur la gestion controversée de la province par Paluku. Le 8 octobre, 32 députés provinciaux votent la démission du gouverneur. Le lendemain, Julien Paluku contre-attaque devant la presse et jure ses grands dieux être irréprochable sur la gestion de la province. Mais le 10 octobre, c'est la douche froide pour Julien Paluku : 18 députés déposent une motion de censure contre lui. Pour le site internet du Pôle Institut : "après le Sud Kivu et l'Equateur, le Nord Kivu pourrait donc être la prochaine province à voir son Gouverneur élu en 2006 invalidé à la faveur d'une motion de censure des députés". Et d'ajouter que "dans les trois cas, l'exécutif est sanctionné pour malversations et détournements des fonds publics".
Pôle Institut analyse enfin "qu'avec le démantèlement du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkunda et la normalisation des rapports avec le Rwanda, Julien Paluku qui était au centre du dispositif stratégique de Kinshasa contre le mouvement rebelle, ne constitue plus un pion politique majeur pour l'entourage du Président Kabila. Et au nom de la " tolérance zéro ", ses indélicatesses de gestion pourraient être exploitées pour renforcer l'image clean que le pouvoir cherche désormais à donner de lui-même". Kabila est-il en train de lâcher Paluku... peut-être. Le CNDP n'est plus une menace pour le pays et Julien Paluku ne sert plus à grand chose pour Kinshasa.
Christophe Rigaud
17:39 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rdc, rd congo, nord kivu, paluku, gouverneur
13 octobre 2009
RDC : Le triste bilan des opérations anti-FDLR
Un groupement de 84 ONG, Congo Advocacy Coalition, dénonce le "coût inacceptable" et les "conséquences désastreuses" pour les populations civiles des opérations anti-FDLR menées par l'armée régulière congolaise (FARDC). Ces opérations, souvent meurtrières pour les civils, sont également soutenues par l'ONU.
Le bilan est très sévère pour les opérations militaires menées contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis le début des opérations, en janvier 2009, plus de 1.000 civils ont été tués, 7.000 femmes et filles ont été violées et plus de 6.000 logements ont été détruits par le feu dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu , notent les ONG de Congo Advocacy Coalition.
Selon cette organisation, « 900 000 personnes ont été forcées d'abandonner leurs maisons et vivent dans des conditions désespérées avec des familles d'accueil, dans des zones forestières ou dans des camps sordides pour personnes déplacées, avec un accès limité à la nourriture et aux médicaments ». Pour ces 84 ONG, « les Casques bleus de l'ONU doivent de toute urgence travailler avec les forces gouvernementales pour garantir que les civils obtiennent la protection dont ils ont besoin, faute de quoi ils doivent cesser leur soutien ».
La région est toujours le refuge d’environ 5 000 combattants des FDLR, dont certains ont participé au génocide de 1994 contre la minorité tutsi au Rwanda avant de s'installer dans l'Est de la RDC.
La Mission des Nations Unies en RDC, la Monuc, s'était félicité du « bilan largement positif » des opérations militaires contre les FDLR. Mais pour Congo Advocacy Coalition, les meurtres sont commis « tant par les rebelles hutu qui ont délibérément pris les civils pour cible en représailles ».
Christophe Rigaud
17:42 Publié dans République démocratique du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rdc, rd congo, fdlr, monuc, république démocratique du congo, rwanda, ong


