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16 février 2008

RDC : "L'Europe perd du terrain face à la Chine" selon George Forrest

En République démocratique du Congo, comme partout en Afrique, la Chine avance ses pions face une Europe qui "perd du terrain", fait valoir l'homme d'affaire belge George Forrest. Sa société vient de céder indirectement à Pékin des intérêts dans des gisements de minerais.

DSC02223.JPG"Le Congo a besoin d'infrastructures et les Chinois veulent faire du troc, échanger un financement contre des matières premières", explique-t-il, en disant "pouvoir comprendre la position du gouvernement" congolais. Le groupe Forrest International, "premier investisseur et employeur privé" en RDC, selon son site internet, a conclu le 8 février un accord pour la rétrocession à la société publique congolaise Gécamines de deux gisements de minerai de la province du Katanga (est), Machamba et Kikuluwe.

Ces gisements, qui ne devaient pas être exploités avant les années 2020, appartenaient à Katanga Mining, propriété à hauteur de 24,5% du groupe Forrest. En échange, Katanga Mining recevra, au plus tard en 2015, soit des gisements de cuivre et de cobalt, soit un versement de 825 millions de dollars, souligne l'homme d'affaires belge, dont l'entreprise fut créée en 1922 dans l'ancien Congo belge.

L'exploitation des gisements rétrocédés sera confiée à des entreprises chinoises, en échange d'importants travaux, dont la construction de routes. "Les seules concessions déjà connues" pour permettre au gouvernement de RDC de réaliser ce troc, "ce sont les nôtres", ajoute l'homme d'affaires.

Jugeant le prix négocié pour les deux gisements du Katanga "corrects", George Forrest comprend que les autorités congolaises veuillent aller vite. "Avec nous, ils gagnent de l'argent, mais ce ne sont pas les milliards dont ils ont besoin". Pour autant, à ses yeux l'Europe est trop frileuse. "Le problème des Occidentaux, c'est qu'ils mettent tellement de conditions -- la bonne gouvernance -- qu'ils n'investissent pas", dit-il.

"On perd pas mal de terrain et on risque de se faire dépasser", alors que l'Europe n'a pas de matières premières, souligne-t-il, tout en disant "rester confiant", même si "cela ne sera pas facile". Les industriels chinois ou indiens "n'ont pas encore fait beaucoup de choses très positives" pour le développement socio-économique du pays, juge le patron belge.

A Kinshasa, les signatures d'accords se multiplient depuis six mois avec des investisseurs privés et publics chinois, portant sur des montants colossaux qui préoccupent les bailleurs occidentaux.

L'inquiétude porte notamment sur un protocole signé en septembre avec la banque privée chinoise Exim Bank, portant sur un prêt de 8,5 milliards de dollars pour la réalisation de travaux d'infrastructure et la relance de l'exploitation minière, partiellement remboursable en titres miniers.

Le Fonds monétaire international a mis en garde contre le risque d'alourdissement de la dette extérieure congolaise. Des hommes d'affaires congolais redoutent la mainmise sur les ressources naturelles nationales.

La RDC recèle d'immenses ressources naturelles, dont 34% des réserves mondiales connues de cobalt et 10% des réserves de cuivre.

Photo (c) www.afrikarabia.com

13 février 2008

RDC : Reprise des combats au Nord-Kivu

Des accrochages ont éclatés entre groupes armés au Nord-Kivu, en dépit de l'instauration d'un cessez-le-feu fin janvier dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Afrikarabia logo.pngDes tirs nourris ont opposé des soldats ralliés au chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda et des miliciens de groupes locaux Maï Maï dans plusieurs villages du territoire de Masisi, situés à entre 40 et 50 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma. Ces échanges de tirs ont fait au moins "trois blessés, dont un dans un état grave", parmi les Maï Maï, a déclaré l'administrateur adjoint du territoire de Masisi, Michel Munyamariba.

"Il y a eu des combats dans les localités de Nyamitaba, Nyakariba, Kibugu, Muheto et Kahira", a-t-il affirmé, ajoutant que des centaines de villageois avaient fui leur foyer en direction du nord et de l'ouest. "Nous déplorons beaucoup (...) la reprise des hostilités dans le Masisi", a-t-il ajouté, craignant un nouvel embrasement dans ce territoire en proie à des combats incessants entre la fin août et la fin décembre 2007.

Le 23 janvier, tous les groupes armés actifs dans les Kivu ont signé à Goma (capitale du Nord-Kivu) un "acte d'engagement" pour une cessation immédiate des hostilités et un désengagement progressif de leurs troupes sur le terrain. Depuis, une vingtaine d'accrochages ont été signalés au Nord-Kivu, impliquant le plus souvent des groupes locaux Maï Maï et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda dans le cadre de conflits liés à des vols de bétail.

Mais des témoins et l'administrateur adjoint de Masisi craignaient que les accrochages de ce mercredi ne soient plus sérieux que les escarmouches des jours précédents et ne remettent en cause le processus de paix dans la région.

La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a confirmé des échanges de tirs, qui auraient opposé depuis mardi CNDP et Maï Maï, selon des témoignages d'habitants.

Par ailleurs, dans la matinée, les discussions se sont poursuivies entre une délégation du gouvernement de Kinshasa et les représentants des groupes armés à Goma, pour progresser dans la mise en oeuvre de commissions de suivi de "l'acte d'engagement".

12 février 2008

RDC : Le plan anti-rebelles de Joseph Kabila

Une ordonnance de la présidence vient de créer un comité de pilotage, chargé de la mise en oeuvre du plan de la République démocratique du Congo (RDC) visant à mettre fin à la présence de groupes armés étrangers dans l'ex-Zaïre. Voici le plan de Kabila pour pacifier l'est du pays.

"Il est créé un comité de pilotage de la mise en oeuvre du Plan de la RDC relatif à l'éradication de la présence des combattants" (...) étrangers sur le territoire congolais, selon le texte. "La durée d'exécution de ce programme est de six mois renouvelables", précise l'ordonnance, qui indique que le comité est placé sous l'autorité du président de la République, Joseph Kabila, et doit être coordonné par le ministre des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi.

Ce comité a pour objectif de "structurer, de coordonner et de faire le suivi, avec l'appui de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), des opérations de sensibilisation, désarmement, démobilisation et rapatriement dans leurs pays d'origine, des groupes armés étrangers, dont les ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR)/Interahamwe (milices extrémistes hutues)".

Les combattants hutus rwandais sont considérés comme la principale menace contre la stabilité dans la région des Grands Lacs africains. Accusés par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie, ils sont actuellement estimés à environ 6.000 en RDC par l'ONU, répartis entre le Nord et le Sud-Kivu (est).

Quelques centaines d'autres rebelles étrangers, ougandais et burundais, sont aussi signalés en RDC, mais ne sont pas ou peu actifs sur le sol congolais.

En novembre à Nairobi, RDC et Rwanda avaient signé un communiqué conjoint où Kinshasa s'engageait à préparer un plan pour le désarmement et le rapatriement, de gré ou de force, des rebelles rwandais.

Ce plan, remis début décembre au gouvernement rwandais, prévoyait notamment une phase de sensibilisation au retour avant des opérations militaires contre les réfractaires. La Monuc s'engageait à aider à former plusieurs dizaines de bataillons congolais, à appuyer l'armée en matière de logistique et de renseignement, pour un plan devant débuter en mars.

Les zones opérationnelles sont réparties en quatre secteurs géographiques, Lubero/Rutshuru et Masisi/Walikale pour le Nord-Kivu, Walungu/Shabunda et Mwenga/Fizi/Baraka pour le Sud-Kivu.

11 février 2008

RDC : Joseph Kabila choisit ses magistrats

Le principal syndicat de magistrats en République démocratique du Congo (RDC) dénonce la nomination par ordonnance présidentielle de nouveaux magistrats, décidée selon lui sans aucune concertation et en "violation" de la loi.

56bd7009cf88b030a8fe2384e9109877.gif"Nous avons constaté une violation systématique de la loi et des statuts des magistrats", a dénoncé le président du Syndicat national autonome des magistrats du Congo (Synamac), Nsambayi Mutenda, au cours d'un point presse. "Le pouvoir de nomination revient, selon la Constitution, au chef de l'Etat sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature (qui n'est pas encore entré en fonction) et non sur proposition du ministre de la Justice", a-t-il souligné.

Aux termes de sept ordonnances publiées lundi dans la presse, le président Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga ont nommé 26 hauts magistrats à la Cour suprême de Justice (CSJ), au parquet général et dans les cours d'appel de Kinshasa. Selon ces ordonnances, Tinka Manyire Bin Digeba et Mushagalusa Ntayondeza Ndi sont respectivement nommés premier président de la CSJ et procureur général de la République. Ils remplacent à ces postes Lwamba Bintu et Tshimanga Mukeba, mis à la retraite.

Au total, 92 magistrats du siège et du parquet sont ainsi "mis à la retraite" par ordonnance, soit parce qu'ils ont atteint les 65 ans, soit après une carrière d'au moins 35 ans. Selon le Synamac, l'âge légal du départ à la retraite des magistrats de la Cour suprême est pourtant fixé à 70 ans.

Ces départs massifs en retraite sont en outre contestés par plusieurs hauts magistrats, qui s'interrogent sur la qualité de la "relève" et se demandent "comment former du jour au lendemain" une nouvelle génération de juges et de procureurs. Le syndicat s'indigne aussi de la nomination de nouveaux responsables au sein des plus hautes instances judiciaires du pays, sans aucun aval du corps concerné, dont l'indépendance et la qualité sont ainsi selon lui méprisées par l'exécutif.

Les ordonnances évoquent des "circonstances exceptionnelles qui ne permettent pas de réunir le Conseil supérieur de la magistrature non encore mis en place".

La loi sur la magistrature et la mise en place du CSM est actuellement en attente de seconde lecture au Sénat. Le Parlement, actuellement en vacances, doit reprendre ses sessions ordinaires le 15 mars.

09 février 2008

RDC : Jean-Pierre Bemba reste au Portugal

L'ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, actuellement au Portugal, a indiqué vendredi qu'il n'avait pas l'intention de rentrer dans son pays dans les prochains mois.

"Non, je ne vais pas rentrer maintenant", a déclaré M. Bemba à Lusa, précisant qu'il ne pouvait pas le faire "pour des raisons de sécurité". "Il n'y a aucune volonté, de la part du pouvoir en place, de créer des conditions qui permettraient mon retour".

Le journal africain Le Palmarès annonçait en effet le retour de M. Bemba, président de l'ex-rébellion du Mouvement de libération du Congo et candidat battu aux élections présidentielles d'octobre 2006, "début mars".

M. Bemba est arrivé au Portugal le 11 avril 2007, officiellement pour soigner une ancienne fracture à la jambe, avec une autorisation du sénat de la RDC lui permettant de quitter le territoire pour raisons médicales pour une durée de 60 jours.

Près de trois semaines après des combats meurtriers entre sa garde rapprochée et l'armée régulière, et au terme de longues tractations, M. Bemba avait quitté Kinshasa sous escorte de blindés de l'ONU pour s'installer avec sa famille dans la villa qu'il possède au Portugal.

Sud-Kivu : Les FDLR attaquent à Katana

Quatre personnes enlevées, du bétail emporté dans la forêt, tel est le bilan d'une attaque d'un groupe des présumés hutu rwandais dans le village Misiku, localité de Mabingu Irambi Katana dans le territoire de Kabare, à 45 kilomètres de Bukavu.

Selon le président de la société civile de Katana, l'attaque a commencé vers vingt heures lorsque des hommes armés en uniformes militaires ont surgi dans le village de Misiku, localité de Mabingu, à 6 kilomètres de Katana centre. Ces assaillants, s'exprimant en Kinyarwanda, ont commencé par piller du petit bétail dans quelques maisons avant d'enlever quatre hommes, tous pères de famille et de prendre fuite dans la forêt, renseigne la même source.

Les mêmes assaillants avaient déjà tenté d'attaquer le village de Sirembo, dans la même localité d'Irambi un jour auparavant. Mais, ils ont été repoussés par l'armée en position dans cet endroit.

Pour rappel, cette nouvelle attaque survient un jour seulement après une autre attribuée elle aussi aux présumés combattants hutu rwandais. Ces derniers avaient tenté de prendre une position de l'armée congoalise dans le village de Kayirenge, dans le territoire voisin de Kalehe. Cette attaque avait, du reste, occasionné un bilan de deux morts du coté des assaillants et de deux militaires grièvement blessés, selon le commandant de la 10e région militaire Pacifique Masunzu.

04 février 2008

RDC : Jean-Pierre Bemba veut rentrer à Kinshasa

Encore une fois, le leader congolais, Jean-Pierre Bemba, a exprimé son désir de rentrer dans son pays afin de reprendre ses activités politiques, dans un message transmis samedi aux membres de son parti du mouvement de libération du Congo (MLC), réunis à Kinshasa.

85a09375e5614232cd2fe144872e28d6.jpgLe secrétaire exécutif national du MLC, Thomas Luhaka, qui a donné la substance de ce message a fait état des contraintes liées au retour de Jean-Pierre Bemba, sans toutefois les citer. Thomas Luhaka a invité les membres du parti à soutenir le retour de Bemba, soulignant que «la lutte pour le retour de Jean-Pierre Bemba doit être collective». Dans son message, Bemba invite les membres de son parti à ne pas céder au désespoir et à s'engager résolument dans le grand rendez-vous électoral qui s'annonce avec l'organisation en août prochain des élections locales et municipales.

Exil portugais

Candidat malheureux (41,95 %) au second tour de l'élection présidentielle de 2007, face au président Joseph Kabila (58,05 %), Bemba a quitté Kinshasa le 11 avril 2007 sous escorte des casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC). Grâce à son statut de sénateur, il lui avait fallu une autorisation de la chambre haute du parlement congolais pour quitter le pays pour un séjour médical de 60 jours au Portugal, plusieurs fois renouvelée depuis lors.

Sa vie était menacée à Kinshasa

L'ancien vice-président congolais, qui a quitté Kinshasa 19 jours après les affrontements ayant opposé sa garde rapprochée aux Forces armées de la RDC (FARDC), a toujours conditionné son retour au pays par la mise en place des conditions optimales pour sa sécurité. Au cours d'un récent voyage au Portugal, le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, un proche de Joseph Kabila, a rencontré M. Bemba et examiné avec lui les pistes de son retour au pays.

Photo : JP. Bemba pendant la campagne présidentielle de 2006. (c) Christophe Rigaud.

03 février 2008

Après Goma : La délégation de Laurent Nkunda s'explique

Rencontré à l’hôtel Karibu où était logée leur délégation, le lendemain de la signature de l’Acte d’engagement entre les différentes parties participantes à la Conférence de Goma, le porte-parole du Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) livre ses impressions. René Abandi, est un des onze membres de la délégation du CNDP à Goma. Il s'explique dans cette interview du quotidien Le Phare.

Question : Quelle chance donnez-vous à l’accord de paix dont votre mouvement compte parmi les principaux signataires ?

R. Abandi : Il n’y a jamais eu de meilleur accord qui puisse exister de part le monde. C’est la volonté des signataires de l’appliquer qui le rend bon ou mauvais. Quant à nous, nous sommes prêts à honorer notre engagement.

Question : Comment avez-vous trouvé l’attitude de vos interlocuteurs, principalement le camp gouvernemental ?

R. Abandi : Je félicite la sportivité qui a marqué les discussions entre les parties. A cet effet, je reconnais quand même la souplesse du camp gouvernemental qui a fait des concessions en vue de faire aboutir les travaux. Particulièrement, la présence du président de l’Assemblée nationale et du président du Comité des sages de la Conférence était d’un grand apport. Peut-être s’il n’était pas là, on ne serait pas parvenu à cet accord.

Question : L’opinion dit de vous que vous êtes des marionnettes du Rwanda. Quelle est votre réaction?

R. Abandi : L’important n’est pas ce qu’on dit de nous, mais plutôt ce que nous voulons atteindre. Qu’on cesse de nous diaboliser en nous qualifiant de marionnettes du Rwanda. Car, ceux-là qui tiennent ce discours n’ont pas de leçon à nous donner. C’est peut-être eux qui sont plus proches du Rwanda. L’Afdl comme le Rcd sont nés au Rwanda, le Mlc en Ouganda. Tandis que le Cndp est né à Kitshanga, à Bwiza. Alors entre tous ces mouvements et le nôtre, lequel est plus congolais ?

Question : On vous accuse d’être plus collés à au Rwanda qu’à la nation congolaise. Qu’en dites-vous ?

R. Abandi : En voulant toujours coller le tutsi à la nation rwandaise voisine qu’à sa propre nation qui est le Congo, on est en train de frustrer tout un peuple, une partie de la nation, en portant atteinte à l’intégrité de celle-ci.

Question : le Cndp serait-il né pour maintenir la présence rwandaise en Rdc ?

R. Abandi : Nous sommes une organisation en quête d’autonomie. Nous n’allons pas nous-mêmes commencer par hypothéquer cette autonomie. Ce serait aller à l’encontre de notre objectif, notre vision, qui est celle de débarrasser le Congo de toutes les forces négatives qui insécurisent la population et empêchent le pays de décoller.

Question : Vous avez signé l’Acte d’engagement. Mais on n’a pas entendu vos revendications en guise de garanties pour mettre fin à la guerre. Même si elles n’ont pas été exhibées en public, quelles sont-elles ?

R. Abandi : L’important n’est pas le bénéfice des postes politiques en terme de dividendes à obtenir. C’est plutôt la cause que notre mouvement défend, l’idéal de la paix et la sécurité de notre peuple. A ce sujet, je précise que notre délégation n’avait pas reçu mandat de négocier des postes politiques quelconques.

Question : Vous avez signé pour la cessation des hostilités. Avez-vous déjà sensibilisé vos troupes sur le terrain ?

R. Abandi : Le CNDP a déjà donné l’ordre à ses troupes, parce que nous n’allons pas attendre que l’autre partie nous accuse de mauvaise foi.

Question : Comment commentez-vous le discours du chef de l’Etat ?

R. Abandi : Un certain nombre de déclarations faites dans son allocution semblent ne pas témoigner la réelle volonté de mettre en œuvre l’Accord. Toutefois, je suis satisfait quant à la relance de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).

Propos recueillis par Dominique Mukenza.

01 février 2008

RDC : Rumeurs de coup d'Etat à Kinshasa

Les rumeurs vont bon train à Kinshasa : l’annonce du prochain stationnement à Brazzaville d’un contingent de l’armée britannique a provoqué une sorte de psychose. Des "SMS" pour le moins alarmistes ont été échangés entre Kinshasa et Bruxelles.

"Les Britanniques sont arrivés à Brazzaville pour évacuer les Occidentaux qui résident à Kinshasa. On nous a dit de quitter Kinshasa de toute urgence avant que ça barde". C’est un modèle de messages "sms" transférés dans la soirée du jeudi 31 janvier à la rédaction de Congoindependant.com. Selon certaines sources, des coups de feu auraient été (le conditionnel reste de rigueur) entendus, dans la matinée de jeudi, aux alentours du palais de la Nation où se trouve le cabinet de Joseph Kabila....

Kabila condamné à rester à Kinshasa ?

"Des membres de la garde présidentielle protestaient contre le non-paiement de leur solde du mois de février", commente une source. Explication peu satisfaisante. Une chose paraît sûre : Joseph Kabila n’a pas fait le voyage d’Addis-Abeba où se tient depuis jeudi le 10ème sommet de l’Union africaine. Le ministre des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi dirige la délégation congolaise. Le ministre risque de se ronger les ongles dans la capitale éthiopienne :  le Congo démocratique est, en effet, privé de "voix délibérative". Motif : contributions impayées. Montant : 10 millions U$.

Depuis mercredi soir le Président est invisible. Où est-il passé? Selon certaines sources, l’homme se trouverait dans sa ferme à Menkao, localité située à une centaine de kilomètres de la capitale. Dans les milieux diplomatiques à Kinshasa, c’est l’expectative. "Depuis plusieurs mois, Kabila a peur de prendre l’avion", confie un diplomate occidental joint au téléphone à Kinshasa. Ajoutant : "Il redoute un attentat. Joseph et son entourage semblent obsédés par l’ombre de l’ancien conseiller de Mobutu, Honoré Ngbanda". La RD Congo se trouve-telle à l’aube d’une action de déstabilisation ?