31 mai 2008
Kinshasa : Le MLC renonce à manifester en soutien à JP Bemba
Le MLC a renoncé à battre le macadam. Officiellement, le Gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, s'est déclaré incapable d'encadrer les nombreux partisans de Bemba.
Pendant ce temps à Bruxelles, le Collectif des avocats de Bemba, piloté par le bâtonnier Pierre Legros et Maître Aimé Kilolo Musamba, a présenté des garanties solides à la Chambre de mise en accusation de la Cour d'appel de Bruxelles pour obtenir la liberté provisoire du Sénateur. Parmi ces garanties, la présence en Belgique de la famille biologique de Jean-Pierre, son engagement sur l'honneur à se présenter à toutes les convocations de la CPI, le versement d'une caution et le planning politique futur et passé de Bemba. La justice belge a une semaine pour rendre sa décision. Plus rien ne peut justifier la détention en continue du Sénateur.
Ils sont déterminés à se battre jusqu'à ce qu'ils obtiennent de la justice belge que Jean-Pierre Bemba comparaisse devant la CPI en homme libre. Les avocats de la défense, conduits par le bâtonnier Pierre Legros et Maître Aimé Kilolo Musamba, ont présenté toutes les garanties, à leurs yeux, suffisantes pour obtenir gain de cause.
A moins qu'il y ait acharnement. Maître Legros insiste sur le fait que Jean-Pierre Bemba est une personnalité politique très importante. Il a une vie publique. Le calendrier de ses activités politiques à venir est connu. Jean-Pierre est attendu dans les jours qui viennent au Parlement allemand dans le cadre d'une conférence, il a des émissions sur des chaînes de télévision publiques européennes. Legros ajoute que Bemba n'est pas un homme qui peut fuir, ni se dérober de ses obligations, ni se cacher pour échapper à la CPI.
Autre chose, Legros soutient que chaque déplacement de Bemba devrait, s'il est libéré provisoirement, être autorisé par son juge d'instruction. Réponse de la Cour d'appel de Bruxelles dans une semaine. Les propos des avocats de Jean-Pierre ont redonné de l'espoir à ses nombreux partisans. Ceux-ci commencent à y croire depuis qu'ils ont eu connaissance du calendrier d'audiences de la CPI. Selon le calendrier initial, Jean-Pierre Bemba aurait déjà comparu le 26 mai dernier à 16h45 TU, dans la salle d'audiences préliminaires chambre 3 à la Haye. Si les choses s'étaient passées selon le plan de la CPI, l'audience du 26 mai se serait déroulée à huis clos.
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30 mai 2008
Kinshasa : Marche de soutien à Jean-Pierre Bemba
Une marche pacifique sera organisée à Kinshasa le samedi 31 mai pour soutenir Jean-Pierre Bemba, ex-vice-président de la République démocratique du Congo ( RDC) et opposant, arrêté le week-end dernier à Bruxelles, en Belgique, à la demande de la Cour pénale internationale (CPI).
Thomas Luhaka, secrétaire exécutif du Mouvement de Libération du Congo (MLC), parti de M. Bemba, a confirmé la prochaine manifestation jeudi à la presse tout en précisant que cette marche est consécutive au soif des militants de manifester publiquement leur sympathie au sénateur Bemba, dont l'arrestation a été politisée.
M. Luhaka qui n'a pas précisé l'itinéraire, a soutenu que des dispositions seront prises pour éviter des débordements.
Arrêté samedi dernier par la justice belge, à la demande de la CPI, Jean-Pierre Bemba est accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commises entre octobre 2002 et mars 2003 par ses troupes envoyées au secours de l'ex-président centrafricain, Ange Félix Patassé.
Mardi, une marche a été organisée par les cadres du MLC, à l'issue de laquelle un mémorandum demandant la libération de M. Bemba a été remis aux présidents de deux chambres du parlement.
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28 mai 2008
Le sort de Jean-Pierre Bemba entre les mains de la justice belge
Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi en Belgique à la demande de la Cour pénale internationale a comparu mercredi devant les juges de la Chambre du Conseil de Bruxelles. Ils doivent décider de son maintien ou non en prison avant son transfert à La Haye aux Pays-Bas, au siège de la CPI pour son procès.
Au cours de son audition, Jean-Pierre Bemba a demandé à être remis en liberté et à comparaître en tant que prévenu libre, s’engageant de coopérer avec la justice. Les juges ont mis la décision en délibéré. Selon un porte-parole du tribunal, Jean-Pierre Bemba ne sera pas mis en liberté parce que les services de renseignements belges détiennent des informations selon lesquelles le leader du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), en venant à Bruxelles après avoir quitté Faro au Portugal, avait l’intention de regagner son pays.
Ayant eu vent de ces informations, la CPI a précipité son arrestation, craignant qu’au Congo, l’ancien chef rebelle ne se rende dans une zone qui n’est pas sous contrôle du gouvernement de Kinshasa, ce qui rendrait son arrestation impossible.
Ce cas de figure est celui qui se présente depuis des années pour l’officier félon tutsi congolais, Laurent Nkundabatware, chef rebelle du Congres national pour la défense du peuple (CNDP), qui contrôle une zone importante du Nord-Kivu, défiant les troupes gouvernementales congolaises qui n’arrivent pas à le capturer pour le livrer à la CPI qui a pourtant lancé un mandat d’arrêt international à son encontre.
Bemba est-il innocent ?
A Bruxelles, les militants du MLC clament l’innocence de leur leader qui, soutiennent-ils, n’a jamais séjourné en Centrafrique, pays qui l’accuse d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Jean-Pierre Bemba avait mis ses troupes à la disposition de Ange- Félix Patassé, à l’époque président de la RCA, confronté à une puissante rébellion menée par le général François Bozizé, qui se proclamera président après la victoire des ses troupes.
C’est au cours de cette guerre que les combattants du MLC, obéissant aux ordres de Ange-Félix Patassé, s’étaient livrés à des massacres de populations civiles, pratiqué des crimes sexuels, et des actes de cannibalisme, dont est accusé Jean- Pierre Bemba.
Les militants du MLC craignent que la Belgique ne livre Jean- Pierre Bemba à la CPI, pour donner satisfaction au président Joseph Kabila, très fâché à cause des déclarations du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht. Dans les milieux politiques belge, on ne cache pas la peur que, en colère, les partisans de Jean-Pierre Bemba, s’attaquent aux quelques 4.500 Belges expatriés, installés en RD Congo.
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27 mai 2008
Kinshasa dans la rue après l'arrestation de Bemba
Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans la rue à Kinshasa, pour réclamer, par une marche de protestation, la libération du sénateur Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à Bruxelles.
Les manifestants, essentiellement des militants et sympathisants du Mouvement de libération du Congo (MLC), le parti de M. Bemba, sont partis du siège du parti pour aboutir au Palais du peuple (siège du parlement de la RDC) où un mémorandum devait être remis aux présidents des deux chambres du parlement. La manifestation visait à inciter les autorités belges à libérer le plus tôt possible JP Bemba.
Le sénat (chambre haute du parlement) a dû interrompre sa plénière à l’arrivée des manifestants pour permettre aux cadres du MLC d’être reçus par les présidents du sénat, Léon Kengo wa Dondo et de l’assemblée nationale (chambre basse), Vital Kamerhe à qui ils ont remis un mémorandum dans lequel ils réclament la libération de leur leader par la justice belge.
Le secrétaire général du MLC, François Muamba a invité le parlement à user de son pouvoir pour la libération de M. Bemba, soulignant que ce dernier ne peut pas être traité comme un ‘’bandit de grand chemin’’.
Manifestations dans son fief de l'Equateur
Les manifestations avaient commencé dans la province de l’Equateur (Nord-ouest de la RDC) où après la ville de Mbandaka lundi, les militants et sympathisants du MLC sont descendus dans les rues Gemena (une autre ville de la province, un des fiefs de l’ancienne rébellion du MLC) pour manifester leur soutien à M. Bemba. Toutes les activités ont été paralysées à Gemena, selon Radio Okapi, une station parrainée par la Mission onusienne en RDC (Monuc).
Dans une déclaration politique dimanche, le MLC clame une totale innocence de son président national, Jean-Pierre Bemba, et constate avec regret la politisation de la procédure judiciaire initiée par le procureur de la CPI. Le parti de M. Bemba demande ainsi aux autorités judiciaires et politiques belges de considérer la démarche du procureur près la CPI comme strictement politique et par conséquent de relâcher son leader.
Une justice très... réactive
Pour une fois, la justice internationale n’a pas traîné : mandat d’arrêt émis le 23 mai, arrestation le 24 ! Jean-Pierre Bemba a été interpellé dans sa propriété en Belgique et doit répondre de crimes contre l’humanité devant la Cour Pénale Internationale. Le mandat d’arrêt qu’elle a émis stipule qu’il est poursuivi pour les massacres, viols et pillages commis par ces troupes entre le 25 octobre 2002 et le 15 mars 2003 en République centrafricaine. À cette époque, son organisation, le MLC (Mouvement pour la Libération du Congo), avait franchi le fleuve pour aller guerroyer aux côtés du président Patassé contre Bozizé, en pleine rébellion. Cette équipée, dans laquelle Jean-Pierre Bemba avait lancé ses enfants soldats, avait été particulièrement sanglante pour la population civile mais aussi pour les « fantassins » de 12 ans du MLC dont les mercenaires Tchadiens de Bozizé n’avaient fait qu’une bouchée. Devenu président mais quand même mauvais joueur, ce dernier s’est empressé de saisir la CPI des crimes commis par ses ennemis.
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26 mai 2008
RDC : Bemba en prison... et après ?
Jean-Pierre Bemba vient de passer sa deuxième nuit en prison. Tous ses ‘‘amis occidentaux’’ l’ont lâché et il semble payer ainsi pour les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par ses hommes en Centrafrique. La CPI précise que la liste est longue. Mbusa Nyamwisi, John Tibasima, Roger Lumbala, Laurent Nkunda, Bosco Ntangada et d’autres anciens chefs de guerre seraient également dans le viseur.
Jean-Pierre Bemba vient de passer sa deuxième nuit sous les verrous, au grand bonheur de ses adversaires, après son arrestation le samedi 24 mai à 22 heures dans l’une de ses résidences à Bruxelles. Il pourrait être transféré à la Haye où se trouve le siège de la Cour Pénale Internationale. La CPI le poursuit pour de crimes contre l’humanité, crimes de guerre, viols, tortures et pillages commis par ses hommes sur des populations civiles à Bangui et dans les villes de Bossangoa et Moungouma en Centrafrique. C’était entre le 25 octobre 2002 et le 15 mars 2003. Jean-Pierre Bemba avait dépêché les éléments du MLC pour défendre le pouvoir de l’ancien Président centrafricain Ange- Félix Patassé contre la rébellion de François Bozizé, l’actuel Président. La CPI argumente que Jean-Pierre est accusé en qualité de supérieur hiérarchique. Parce qu’il était investi d’une autorité de jure et de facto pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire. Lors du procès attendu, le Procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo envisage de faire défiler les personnes qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Chaque victime passera à la Cour raconter son histoire.
Un déplacement à Bruxelles imprudent ?
Bemba aurait-il pu être arrêté au Portugal ? Difficile à dire. Mais une source a affirmé que Bemba a été « attiré » à Bruxelles par l’un de ses collaborateurs, « acheté » par les belges, qui lui aurait fait miroité la possibilité de débarquer à Kinshasa prendre le pouvoir, profitant de la brouille entre la RDC et la Belgique.
Réactions
La nouvelle de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, dont les images tournent en boucle sur les petits écrans, a été applaudie par les organisations de défense des droits de l’homme. Pour les activistes des droits l’homme, l’arrestation puis le jugement à venir d’un homme de calibre de Bemba devait servir de leçon à tous les aventuriers militaristes qui distribuent gratuitement la mort. Ceux-ci auront compris qu’il existe, quelque part, plus fort qu’eux. Et que tôt ou tard, la justice internationale s’intéressera à eux. On pense ici à Laurent Nkunda qui n’arrête pas de tuer les Congolais au Kivu, à ses aînés du RCD qui avaient enterré les femmes vivantes, à tous les auteurs de fosses communes récemment découvertes au Bas-Congo, etc.
Bangui déclare avoir pris acte de l’arrestation de l’ancien Vice-président rd-congolais. Le ministre centrafricain de l’Information, Cyriaque Gonda, souhaite laisser la procédure suivre son cours jusqu’à la fin. Il a ajouté que le gouvernement de son pays se réunirait bientôt pour adopter une position commune et déterminer la ligne à suivre.
Quel procès ?
L’arrestation de Bemba, a fait l’effet d’une bombe dans l’opinion à Kinshasa. Les gens ne comprennent pas comment et surtout pourquoi la CPI n’a attendu que le moment où les négociations avec le Gouvernement de Kinshasa sur le retour de Bemba au pays étaient très avancées pour agir. La date du 27 mai avait même été annoncée pour le retour de l’opposant en exil. Bemba devrait rentrer prendre la tête de l’Opposition politique. Un consensus, en dépit de quelques gesticulations, semblait se dégager autour de sa candidature. La CPI a lancé son mandat d’arrêt le 23 mai et le 24 mai, les belges l’arrêtaient. Les choses se passent un peu comme en mars 2007 avec la dernière bataille de la Gombe. La guerre avait commencé juste quand on attendait un accord sur la taille de la garde rapprochée de Bemba. Tout ça intrigue. Rien n’est fait au hasard. Le Procureur de la CPI va présenter le 5 juin prochain au Conseil de Sécurité des Nations Unies son rapport sur ‘‘les crimes et la destruction de communautés entières au Darfour’’. Quoi de mieux si Luis Moreno Ocampo devait se présenter avec, dans la corbeille de la mariée, Jean-Pierre Bemba ? Ce sera, pour Ocampo, la meilleure façon de prouver que la justice internationale est en marche. Quant aux bembistes, ils croient trouver des failles dans l’argumentation de Luis Moreno Ocampo. Celui-ci dit : « Il n’y a pas d’excuses pour un chef qui ordonne, autorise ou tolère que ses troupes commettent des viols et des pillages ». Un bembiste a confié que le MLC était à Bangui sur invitation de l’ancien Président Ange Félix Patassé. Et qu’avant de remonter à Jean-Pierre Bemba, l’invité, la CPI aurait mieux d’arrêter Patassé. Qui plus, il aurait fallu procéder à l’arrestation des comandants MLC des opérations à Bangui et vérifier si la hiérarchie du mouvement politico-militaire avait donné l’ordre à ses hommes de commettre des crimes. On s’interroge aussi pourquoi la CPI ne quantifie pas les atrocités de Bangui. Lesquelles n’ont rien à voir avec les cruautés dans les Territoires, en Afghanistan et en Irak.
Les bembistes sont convaincus que leur leader est victime d’un complot international. Ils sont confortés dans leur idée par les propos de Luis Moreno Ocampo qui déclare : « Cette arrestation est le fruit d’une opération complexe et bien planifiée. Nous saluons tous les pays impliqués dans son exécution, dont la Belgique qui a immédiatement exécuté le mandat d’arrêt en vertu de ses obligations d’Etat partie au Statut de Rome. Je suis reconnaissant à tous ceux qui nous ont aidés à surveiller les mouvements de M. Bemba, afin d’éviter qu’il n’échappe à la justice internationale ». Bemba aura-t-il droit à un procès équitable ? C’est la question que ses partisans se posaient encore hier soir. Certes, il vrai que les droits de la défense lui sont garantis. Mais à la CPI, aucun procès n’est allé jusqu’au bout. L’ex-Président serbe Slobodan Milosevic est mort en détention sans qu’on ne comprenne grand-chose sur ce dont il était reproché. Le procès Lubanga tire en longueur. L’ex-Président libérien, Charles Taylor, est aussi en détention, mais son procès n’évolue guère. C’est ce qui fait dire à certains que si l’arrestation de Bemba vise, entre autres, à le tenir à l’écart de la scène politique congolaise, son avenir est d’ores et déjà compromis. Une chose, à ce stade est vraie, le MLC sera davantage fragilisé, l’opposition aussi.
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