25 mai 2008
RDC : Jean-Pierre Bemba arrêté à Bruxelles
Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien Vice-président de la République démocratique du Congo, président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a été arrêté à Bruxelles dans la nuit de samedi à dimanche. La Cour pénale internationale l’accuse de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Cette arrestation fait suite aux accusations portées contre Jean- Pierre Bemba par le gouvernement de Centrafrique qui l’accuse de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain.
Faute de moyens pour poursuivre Jean-Pierre Bemba, Bangui avait déferré l’affaire au CPI, qui a donc ordonné l’arrestation de leader du MLC après avoir obtenu des preuves pour l’inculpation de l’ancien vice-président congolais. Un mandat d’arrêt international avait été lancé par la Cour pénale internationale (CPI), le 16 mai, a fait savoir à la presse un juge belge dimanche à Bruxelles.
Alors que qu’il était a la tête du MLC, à l’époque groupe rebelle contre le gouvernement de Kinshasa, Jean-Pierre Bemba avait envoyé ses troupes en Centrafrique pour prêter main forte à l’ancien président Ange Félix Patassé dont l’armée était attaquée par les forces du général François Bozizé qui avaient fini par l’emporter.
Durant cette guerre et après, les troupes du MLC sont accusées d’avoir commis des atrocités, et notamment de viols de femmes à grande échelle ainsi que des actes de cannibalisme. Détenu provisoirement à Bruxelles, Jean-Pierrre Bemba sera transféré, dans les jours qui viennent à la Haye (Pays-Bas) au siège du CPI où se déroulera son procès.
Jean-Pierre Bemba avait quitté Kinshasa en avril 2007 après les affrontements à l’arme lourde qui avaient opposés sa garde rapprochée à l’armée du Président Joseph Kabila. Après ces affrontements, il avait trouvé refuge au Portugal où il réside depuis plus d’un an.
De Faro, au Portugal, il se rend régulièrement à Bruxelles où le MLC compte de nombreux militants.
L'opposition "consternée" à Kinshasa
"On ne s'y attendait pas. C'est une mauvaise surprise, c'est la consternation", a déclaré François Muamba, secrétaire général du MLC, le premier parti d'opposition en RDC. "Il y a la présomption d'innocence. Nous avons confiance en la justice internationale pour respecter ce principe", a souligné M. Muamba, se refusant à tout autre commentaire sur l'arrestation de son chef.
Photo (c) www.afrikarabia.com - Ch. Rigaud.
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22 mai 2008
RDC : Jean-Pierre Bemba prévoit son retour le 27 mai à Kinshasa
Le leader du Mlc avait quitté le pays à la suite des affrontements qui avaient opposé sa garde aux Fardc. Réfugié à la résidence de l’Ambassadeur sud-africain, JP Bemba était parti de là pour le Portugal. Avant de quitter le pays, le leader du Mlc avait requis l’autorisation du Sénat dont il est membre pour aller se faire soigner. La polémique à l’époque tournait autour de cette autorisation de sortie que le Mlc voulait obtenir du chef de l’Etat ou du chef du gouvernement. La réponse qui avait été donnée au Mlc à l’époque, semble n’avoir pas été assimilée parce qu’on y revient au moment où il est question du retour de JP Bemba. Les conditions de ce retour.
Le Mlc exigeait jusque-là l’implication du chef de l’Etat. Car, estime-t-on dans ce parti politique, les problèmes de sécurité qui se poseraient pour le chef du Mlc ne peuvent être résolus que par le chef de l’Etat. On pensait avoir fait des avancées lorsque le Sénat sortant de sa léthargie avait demandé au chef de file du Mlc de rentrer au pays après que le Premier ministre ait précisé qu’en sa qualité d’ancien vice-président de la République, JP Bemba bénéficiait des dispositions sécuritaires satisfaisantes. En plus avait fait savoir le Premier ministre, ses émoluments comme ancien vice-président de la République et comme sénateur lui étaient versés régulièrement. Jamais un exilé, dans l’histoire politique du continent, pour ne pas dire du monde, ne recevait régulièrement des émoluments d’un pouvoir qui le bannissait. Le bureau du Sénat, dans un communiqué lu par son porte-parole avait enjoint le leader du Mlc, JP Bemba à rentrer au pays sous peine de se voir invalidé. Et à partir de la réception de la lettre du sénat par JP Bemba, toutes les absences à la session seraient désormais considérées comme injustifiées. Passé un quart d’absence pendant la session en cours, JP Bemba serait obligé de quitter le Sénat et tous les avantages afférents à sa charge.
De plus en plus, on parle du retour de JP. Bemba. Une date est même avancée. Selon des sources proches du Mlc, le sénateur JP Bemba pourrait fouler le sol kinois le 27 mai prochain. Le Mlc serait maintenant entrain de préparer ce retour. On ne dit pas si le Mlc a finalement obtenu les garanties sécuritaires exigées, ou si finalement JP Bemba aurait décidé d’abandonner ces prétentions sécuritaires. Dans une grande portion de l’opinion, on pense que le retour de JP Bemba, finalement sans conditions, serait motivé par les discussions actuelles au sujet du porte-parole de l’opposition. JP Bemba chercherait donc à éviter la politique de la chaise vide qui avait coûté cher à Tshisekedi après Sun City. En effet, le leader de l’Udps, conscient du fait que tout le monde lui réserverait le poste de vice-président de la république dû au quota de l’opposition, est resté en Afrique du Sud pour besoin de soins médicaux. Les choses ont mal tourné. Le poste est allé à Z’Ahidi Ngoma.
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21 mai 2008
RDC : Il y a 30 ans, les Français sautaient sur Kolwezi
Mai 1978, au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), des rebelles katangais venus d’Angola s’emparent de Kolwezi. L’intervention des forces zaïroises tourne à la catastrophe et près de 700 civils, dont une centaine d’européens, sont assassinés. La France lance alors une intervention militaire de grande ampleur qui verra 600 légionnaires sauter sur la ville.
Cette intervention au coeur de l'Afrique à 8.000 km de la France, la plus grande opération aéroportée depuis Suez (octobre 1956), fut riche d'enseignements pour l'armée française. Le Katanga, prospère province minière du sud de l'ex-Congo belge, près de l'Angola et de la Zambie, avait été le théâtre d'une sécession au début des années soixante, marquée par l'intervention des Casques bleus.
En avril 1977, une première tentative de renversement, depuis l'Angola, de Mobutu Sese Seko, à la tête de la République du Congo depuis novembre 1965 après un coup d'Etat, avait échoué. Le 13 mai 1978, plusieurs milliers d'anciens gendarmes katangais, les "Tigres", commandés par Nathanaël Mbumba, s'emparent de Kolwezi où vivent 2.000 Belges et Français, employés à la société minière La Gécamine.
Le 16 mai, l'intervention manquée de parachutistes zaïrois et les rumeurs insistantes d'une opération occidentale mettent Kolwezi (80.000 habitants) à feu et à sang. En trois jours, 700 civils, dont une centaine d'Européens sont massacrés.
Le 17, le président français Valéry Giscard d'Estaing, à la demande de Mobutu et avec le feu vert des Etats-Unis et de nombreux Etats africains, lance une intervention militaire française en solo, face aux hésitations du gouvernement belge. M. Giscard d'Estaing mobilise le 2e régiment étranger de parachutistes (REP), commandé par le colonel Philippe Erulin et basé à Calvi (Corse). L'opération "Bonite" est lancée dans la nuit du 17 au 18 mai en liaison avec la mission française de coopération militaire à Kinshasa, dirigée par le colonel Yves Gras. A la base de Solenzara (Corse), 600 légionnaires embarquent dans trois DC-8 d'UTA, un Boeing 707 d'Air France et quatre DC-8 du transport militaire. Direction Kinshasa, en évitant l'Algérie et la Libye, soit huit heures de vol. Les huit appareils sont tellement chargés que les légionnaires ne peuvent emporter leurs parachutes. Ils s'équiperont à Kinshasa de parachutes américains de l'armée zaïroise.
Le 19 mai à 15h40, trois compagnies de combat et un état-major (400 hommes) sautent sur Kolwezi après six heures de vol dans quatre C-130 Hercules zaïrois et un C-130 Transall français. En quelques heures, ils contrôlent la ville, au prix de durs combats, et mettent sous leur protection les populations civiles.
Le 20, 200 autres légionnaires, dont une section de mortiers, les rejoignent. Chaque légionnaire saute avec 30 kg (arme individuelle, munitions, vivres) et un obus de mortier. Six légionnaires se blessent en touchant le sol. Au même moment, les paras-commandos belges se posent sur l'aérodrome de Kolwezi pour préparer l'embarquement des civils occidentaux.
Bilan: cinq légionnaires tués et une quinzaine de blessés, un para-commando belge tué, 247 rebelles tués, deux prisonniers, plus de 500 armes individuelles et lourdes saisies. Le 15 juin, les derniers légionnaires quittent Kolwezi, relevés par les Zaïrois et une force panafricaine.
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