11 février 2013

RDC - M23 : Accord sur les désaccords

Les impressions peuvent paraître trompeuses à Kampala, où la rébellion du M23 négocie avec le gouvernement congolais. Un texte vient en effet d'être signé entre les deux belligérants, mais les désaccords restent entiers.

Carte Zone M23 HRW 2012.jpgAprès deux mois de laborieuses discussions, un premier texte a été signé entre les rebelles du M23 et le gouvernement congolais. Les deux parties reconnaissent que l'accord de paix du 23 mars 2009 n'a pas été intégralement respecté. Le document paraphé fait partie de la première phase de négociation : le fameux accord du 23 mars 2009 entre la rébellion et le gouvernement congolais, dont le M23 réclame la totale application. Le texte signé à Kampala reconnaît que sur les 35 points de l'accord de 2009, 23 dispositions ont été "pleinement mises en oeuvre" et 12 ont été exécutées "de manière inadéquate ou n’ont pas été exécutées du tout". Chacun des camps fait mine d'avoir remporté une victoire : le M23 parce que le gouvernement reconnaît que l'accord n'a pas été intégralement appliqué et le gouvernement parce qu'au contraire une  partie des dispositions de l'accord à tout de même été mise en oeuvre.

Accord du 23 mars bis ?

Dans le document signé à Kampala en fin de semaine dernière (consultable ici en anglais), plusieurs éléments font craindre que certains points seront difficilement applicables. A commencer par l'intégration des soldats du M23 dans l'armée régulière. Selon le texte, tous les soldats rebelles devront être intégrés avec le grade de major dans l'armée nationale, puis être redéployés sur l'ensemble du territoire. Ce point constituait déjà le principal blocage des accords de 2009 : les rebelles refusaient de s'éloigner des Kivus où ils affirmaient défendre leur communauté menacée (rwandophone). Un accord du 23 mars "réchauffé", selon l'expression d'un membre du M23, serait inacceptable.

Mini-accord sans consistance ?

Autre point d'accroche : les chefs rebelles. Alors que l'on imagine mal Sultani Makenga revenir tranquillement au sein de l'armée régulière après 10 mois de rébellion, les autorités congolaises proposent tout simplement d'arrêter les commandants recherchés par des mandats nationaux ou internationaux. Une solution qui résout certes le problème du retour des chefs rebelles dans l'armée, mais qui sera (on n'en doute pas) rejetée par les principaux intéressés. On imagine difficilement Bosco Ntaganda, Sultani Makenga, Innocent Zimurinda ou Baudouin Ngaruye se rendre pour être jugés par la justice congolaise. Il semble donc peu probable qu'il y ait des avancées sur les accords du 23 mars. Quant aux trois autres points : les problématiques sécuritaires, politiques et sociales, le gouvernement estime depuis le début des négociations, que ces revendications sont illégitimes pour un groupe armé. Le M23 a en effet "élargi" ses revendications et demande aujourd'hui le départ du président Kabila, élu dans des conditions contestables en novembre 2011. Au mieux, les deux parties signeront à Kampala un mini-accord sans consistance, qui sera enterré au premier accrochage militaire sur le terrain. Au pire, rien ne sera signé et les armes parleront prochainement autour de Goma.

A contre-coeur

Depuis le début des pourparlers, il y a maintenant deux mois, la volonté de négocier ne s'est jamais vraiment manifestée, autant du côté gouvernemental, que du côté rebelle. Pressés par les chefs d'Etat de la région des Grands Lacs (CIRGL) de se mettre autour de la table, le M23 et le gouvernement congolais se sont sentis obligés de faire bonne figure et de tenter de s'accorder… en vain. Il a d'ailleurs fallu plus d'un mois pour se mettre s'accord sur le seul contenu des discussions… chacun y allant à contre-coeur, croyant embarrasser l'autre avec ses propres exigences. Pourtant, les deux camps croient pouvoir sortir gagnant des pourparlers de Kampala : le M23 pour s'être retiré de Goma et avoir "prouver sa bonne volonté de dialoguer" et Kinshasa pour avoir gagner un temps précieux en attend la force neutre de 4.000 homme qu'a décidé de mettre en place la SADC, les pays d'Afrique australe. En attendant, le M23 continue de préparer une possible reprise de Goma. Ses hommes sont à quelques kilomètres du centre de la capitale du Nord-Kivu, prêts à bondir de nouveau sur la ville.

Christophe RIGAUD - Afrikarabia

Photo : carte de la zone sous contrôle des rebelles du M23 © HRW

Commentaires

le gouvernement montre au monde sa mauvaise volonte d'accorder la paix au congolais.

Écrit par : claude1 | 11 février 2013

reveillons nous pour contrecarrer toutes ces manoeuvres etrangeres visant notre destabilisation continue sous complicite de certains de nos freres tels que lumbala et consorts. j'invite tout congolais nationaliste de s'inspires de l'exemple des kinois en 1998 une fois qu'ils avaient compris qu'ils avaient a faire a une armee etrangere. comment des vrais compatriotes peuvent faire souffrir sa population en sabotant le courant et consequences y afferentes sur la vie de la population. M23 et complices doivent subir le meme sort et le reste de nos problemes congolais doivent etre resolus a l;interne. reveillons-nous car c'est nous le peuple qui souffrons avec des viols, deplacement et instabilite dans nos foyers pendant qu'eux nos intellectuels et politiciens s'enrichissent davantage et font etudier leurs enfants a l'etrangers pour revenir recoloniser les notres. c'est une colonisation et un esclavagisme modernes que nous subissons sous la complicite de nos elites sans ame ni conscience

Écrit par : fely | 11 février 2013

Les rwandophones du nord-Kivu, présents dans les frontières du Congo dès avant 1885, sont des congolais à part entière et ils revendiquent seulement leur identité etr leur sécurité.

Écrit par : anneet | 11 février 2013

Sur la question de la nationalité au Congo je vous invite à lire:
http://www.ethnonet-africa.org/pubs/rdcint1.htm

Écrit par : anneet | 11 février 2013

Ou est l'interet du peuple dans toutes ces discussions qui trainent a longueur?

On peut bien aborder telle ou telle autre question, alors que dire des degats enregistres a GOMA au moment de l'occupation de la ville par le M23?

Écrit par : jacques | 11 février 2013

Les vrais comme faux congolais, infiltres etrangers et complices conglais se font demasquer facilement par leurs commentaires et leurs actes. ils ne sentent pas ce que nous eprouvons pour notre nation et notre etre. pourquoi Lumbala n'a jamais sollicite un vote a Mambassa ou il se disait liberateur et heros avec rcd-n? ca doit interpeller notre conscience sur les objectifs de nos soit-disants liberateurs.

Écrit par : fely | 11 février 2013

des personnes parlent de terme qu'ils ne savent pas, @ Fely je sais pas si vous avez une fois vecu une guerre, mais je vous assure que après expérience, la faute reste toujours au proprio de la parcelle qui met la poubelle dans sa propre parcelle et blâme son voisin pour y jeter les déchets. parler du massacre des personnes encore pendant que les victimes seraient des innocents comme toujours, l'application du principe œil pour œil devrait pas renaitre aux 21ieme sicle.

Écrit par : Goma | 11 février 2013

Anneet,1885 représente bcp sur le congo.le m23 et tous ses membres terroristes n'ont pas leur place au congo.en 1987-1988 tout les rwandophones de goma ce sont affilié au FPR et ils nous ont bel et bien dit à goma qu'ils sont rwandais et non congolais.participe au FPR par une cotisation ou enfant au front dans un but de rentrer au rwanda.Anneet ,où sont les réfugiés rwandais de KINYUMBA à Goma?

Écrit par : bkv | 11 février 2013

Rwandais a une double signification, ce vocable désigne d'abord l'ethnie et ensuite la nationalité c'est ainsi que les rwandais du nord-Kivu présents au Congo avant 1885 sont de nationalité congolaise. Je vous invite à lire:
http://www.ethnonet-africa.org/pubs/rdcint1.htm

Écrit par : anneet | 11 février 2013

anneet,j'ai lu tes recommandations sur ethnonet-africa.le problèmatique de question de naturalisation ou de nationalité,de protectionnisme ethnique du m23 n'explique pas par les raisons de faire alliance avec le rwanda et l'ouganda pour des opérations commando terroristes au kivu.le m23 doit stopper sa propagande ,il y a 6.000.000 de morts, des pillages,des viols.le m23 joue le joue de la piraterie pour l'économie rwandaise.

Écrit par : bkv | 11 février 2013

Je doute que les viols soient le fait du mouvement M23 quant à l'aide apportée par le Rwanda et l'Ouganda il s'agit simplement d'assistance à personnes en danger.

Écrit par : anneet | 11 février 2013

Si l'accord même partiel est signé pour mettre fin à la guerre et aux exactions que subit notre peuple au Kivu , une très bonne chose .

Écrit par : Emmanuel FANAO | 11 février 2013

@annet,
Quand vous restez dans la confusion (meme volontaire), personne ne pourra vous comprendre. "Rwandais" n'est pas "ethnie"...Quand tu parles de la nationalité, tu veux dire qu'il y a des randais congolais???? Ce qui est sûr, la constitution congolaise définit un congolais d'origine comme "toute personne appartenant aux groupes etniques dont les personnes et le territoire constitueaient ce qui est devenu le Congo ( RDC) à l'independance.""
Qui est-ce qu'on a refusé la natinalité ou refoulé et pourtant il se retrouve? Voulez vs qu'on fasse tous les tutsi ou les hutu des Congolais? VEUILLEZ DISTINGUER LA NATIONALITE ET L'ETNIE SVP!!!!!
Vous parlez de "Assistance de la personne en danger. Qui est en danger?
Moi je suis né et grandi dans des memes villages avec les tutsi, j'ai vécu tous ce qui s'ai passé depuis 1990 à Masisi et à Rutshuru, les pires massacres connus en RDC depuis le temps en depuis 1996 à nos jours .
Qui en ai responsable?. LE RWANDA VEUT EXPORTER LE GENOCIDE AU CONGO. Nous n'allons pas accepter.
Tu te referes aux "chercheur" qui reflechissent comme toi.

Écrit par : ayijomba | 12 février 2013

Sont congolais les rwandais (que vous préférez appeler rwandophones) présents au nord-Kivu avant 1885 (Conférence de Berlin)

Écrit par : anneet | 12 février 2013

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