Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03 septembre 2008

RDC : Tous contre Nkunda

La tension monte à l'est de la République démocratique du Congo. De violents combats ont opposé les troupes de la rebellion de Laurent Nkunda et l'armée régulière de Kinshasa. Nkunda traque les milices FDLR, des hutus venus du Rwanda. Malgré les accords de paix de Goma, les troupes de Nkunda, soutenues par les tutsis rawandais, sont acculés de toutes parts. Kabila, Washington et maintenant l'Ouganda somment Laurent Nkunda de "faire la paix".

5f302deeed45440f3026a91ba3d8f57e.jpgL'Ouganda a en effet décidé la fermeture de sa frontière avec RDC en raison de ce qu'elle appelle "la ligne d'approvisionnement" au général rebelle Laurent Nkunda qui lutte contre le gouvernement congolais. Le capitaine Tabaro Kiconco, porte-parole de l'armée ougandaise dans l'ouest du pays, a déclaré que le poste frontalier de Bunagana dans le district de Kisoro a été fermé depuis trois jours, suspendant ainsi le commerce transfrontalier. Des camions chargés de marchandises seraient encore garés de chaque côté de la frontière.

Le gouvernement congolais a fermé la frontière après d'intenses combats entre les soldats gouvernementaux et les rebells de Nkunda la semaine dernière malgré un accord de paix signé en début d'année. Okello Oryem, le ministre d'Etat ougandais chargé des Affaires internationales, a qualifié le lien d'approvisionnement de Nkunda à l'Ouganda de déformation. "Cela n'a pas de sens, l'Ouganda ne fournit rien à Nkunda. L'Ouganda ne facilite aucune organisation illégale dans cette région", a déclaré M. Oryem.

Cerné de toutes parts, combien de temps pourra tenir Laurent Nkunda ?... et surtout, ne lui reste-t-il plus qu'une seule arme : l'attaque ? Le poursuite des combats signerait l'arrêt de mort des accords de paix de Goma... avec son cortège de victime. Un dernier rappel : entre 1998 et 2008, les différents conflits en RDC ont fait 3,8 millions.

Photo : (c) www.afrikarabia.com - Christophe Rigaud

02 septembre 2008

RDC : Violences inquiétantes dans les villes minières du Katanga

Alors que l'est de la République démocratique du Congo menace de s'enflammer de nouveau, l'inquiétude gagne maintenant le Katanga. Des tensions de plus en plus vives voient le jour entre différentes communautés à Kolwesi.

9dbc431885ae63efac9d131bafc56529.jpgDes affrontements ont éclaté le 26 août au soir entre les habitants de Kolwezi et ceux des provinces voisines qui travaillent dans les mines de cuivre, de cobalt, d’étain et de manganèse de la ville.  Il y a eu des dégâts matériels : 45 vélos ont été brûlés. La population a décidé de venger un homme qui avait été agressé ce soir-là et s’en est pris aux creuseurs des mines qu’elle tenait pour responsables de l’incident. A minuit, le calme était revenu grâce à l’intervention de la police.

En conflit avec le pouvoir central

« Tout peut arriver et on fait [peu] d’efforts pour l’éviter », souligne Golden Misabiko, président de la branche katangaise de l’Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO). « Il y a un problème entre les groupes originaires d’ici (les Tshokwé, les Lunda, les Kahondé, les Nungu, les Dembo et les Kalwena) et les Sanga-Bahéké, qui viennent de la province limitrophe. C’est ridicule de laisser les gens recréer la même situation qui a conduit aux tueries de 1962 et de 1991 », a-t-il ajouté dans un communiqué. À l’époque, des affrontements intercommunautaires avaient fait des centaines de morts et plusieurs milliers de déplacés.

Le projet de loi sur la décentralisation adopté par l’Assemblée, qui divise la province du Katanga, est également une nouvelle source de tensions. Les Sanga et les Bahéké semblent prêts a en découdre avec les autres parce qu’ils tiennent à garder la ville de Kolwezi qui, dans la nouvelle configuration, leur est [retirée] et devient la capitale de la "provincette" de Lualaba.

Des Visas pour se rendre à Lubumbashi ?

Les autorités locales du Katanga sont également en conflit avec le gouvernement central de Kinshasa au sujet des restrictions imposées à la circulation des populations vers la province. Le ministère national de l’Intérieur a récemment interdit au maire de Lubumbashi d’imposer une sorte de système de visas aux visiteurs qui se rendaient dans la ville ; les autorités locales ont annoncé qu’elles ignoreraient cette décision.

Photo : Lubumbashi (c) www.afrikarabia.com - Christophe Rigaud