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22 juin 2008

RDC : Qui est Thomas Lubanga ?

Portrait du chef rebelle de l'UPC (Union Patriotique Congolaise) en République démocratique du Congo et inculpé de crimes de guerre par la Cour Pénal Internationale (CPI) pour l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 an.

Afrikarabia logo.pngThomas Lubanga Dyilo est né le 29 décembre 1960 à Juba, dans le district d’Ituri de la République démocratique du Congo (RDC). Il appartient à l’ethnie hema. Après des études supérieures à l’université de Kisangani où il obtient un diplôme de psychologie, Thomas Lubanga occupe, entre 1990 et 1994, un poste d’assistant à l’université de Cepromad. Parallèlement, il mène d’autres activités lucratives allant de l’agriculture au commerce de l’or. De 1986 à 1997 il aurait également dirigé une organisation appelée «Votura».

Thomas Lubanga entre en politique fin 1999. Il est rapidement élu membre de l’Assemblée du district d’Ituri.

Le 15 septembre 2000, il crée l’Union des patriotes congolais (UPC) dont il devient le président, ainsi que sa branche armée, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) dont il est le commandant en chef.

En 2001, Thomas Lubanga est nommé secrétaire national adjoint pour la jeunesse et les sports du Front de libération du Congo (FLC), et commissaire à la défense au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML), une rébellion proche de l’Ouganda.

En août 2002, l’UPC prend le contrôle de la ville de Bunia. En septembre de la même année, le mouvement est rebaptisé Union des patriotes congolais/Réconciliation et paix (UPC/RP). Thomas Lubanga en prend la présidence et désigne, par décret, les principaux membres de l’exécutif pour l’Ituri. Dans un second décret, il crée de manière officielle les FPLC au sein desquelles il continue d’assumer la position de commandant en chef.

Il est allégué que l’UPC, avant même la création des FPLC, recrutait activement des enfants de moins de quinze ans et les soumettait à un entrainement militaire, notamment dans son camp de Sota. Cette pratique se serait systématisée avec la création des FPLC. Les enfants auraient été forcés de participer aux hostilités, notamment en devenant les gardes du corps de hauts responsables militaires du FPLC. En tant que président de l’UPC et commandant en chef des FPLC, Thomas Lubanga aurait été au courant de telles pratiques et les auraient encouragé, en particulier entre septembre 2002 et le 13 août 2003, lors du conflit armé en Ituri.

L’UPC est également accusée de massacres de civils en Ituri, notamment dans la région de Bunia, chef-lieu de ce district de Province Orientale en 2002. Entre 2002 et 2003, plus de 800 civils auraient ainsi été tués par l’UPC dans la ville minière de Mongbwalu et dans les villages adjacents. Les personnes d’origine lendu auraient particulièrement été visées. L’Ituri, région riche en matières premières, a été le théâtre de violents affrontements entre différentes milices, entraînant massacres et déplacements de populations civils.

Selon Radio Okapi, la station radiophonique de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), Thomas Lubanga aurait décrété que chaque famille vivant dans les zones sous son contrôle devait impérativement contribuer à l'effort de guerre en donnant soit une vache, soit de l'argent, ou bien encore un enfant devant joindre les rangs des rebelles de sa milice.

Thomas Lubanga a été arrêté le 19 mars 2005 et incarcéré à la prison de Makala, à Kinshasa.

21 juin 2008

RDC : Vers une remise en liberté pour Jean-Pierre Bemba ?

Mercredi, la justice belge a pris une décision favorable à Jean-Pierre Bemba vers une éventuelle remise en liberté. Dans la foulée, on apprenait que le premier mandat d'arrêt émis, dans la précipitation, par la CPI le 23 mai dernier était annulé. Mais jeudi 19 juin, la Chambre des mises en accusation de Bruxelles confirmait le second mandat d'arrêt de la CPI délivré le mardi 10 juin.

DSC03834 copie 2.jpgMais aujourd'hui, la justice belge a suspendu le transfèrement du principal opposant en République démocratique du Congo (RDC), au siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Ce transfert devait intervenir ce week-end. A Kinshasa, il y a eu un moment de joie chez les bembistes. Ils ont chanté et scandé des cris en la gloire de leur leader Jean-Pierre Bemba. Tous ceux qui sont passés, dans les parages du Rond-point Forescom ont fait le même constat. Les bembistes, qui avaient perdu le sourire depuis la neutralisation de "Igwe", jubilaient après un coup de fil venu de Bruxelles annonçant une prochaine remise en liberté de Bemba. C'est Me Aimé Kilolo, avocat de la défense, qui a redonné de l'espoir aux partisans du Président national du MLC.

Depuis son arrestation, les avocats de M. Bemba, qui souhaite comparaître libre devant la CPI, ont introduit plusieurs recours devant la justice belge pour réclamer sa remise en liberté, dont l'un est toujours pendant devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction du royaume. "Nous avons appris hier (jeudi) qu'un ordre de mission avait été donné pour transférer M. Bemba ce week-end à La Haye", a expliqué vendredi un des avocats du principal opposant au président congolais Joseph Kabila, Me Aimé Kilolo Musamba.

"Nous avons donc saisi en référé le président du tribunal de première instance de Bruxelles, qui lors d'une audience extraordinaire à huit heures vendredi a décidé d'interdire de procéder au transfèrement de M. Bemba à La Haye tant que la procédure devant la Cour de cassation n'est pas tranchée", a ajouté l'avocat. La Cour de cassation doit se prononcer sur la validité de décisions prises par des juridictions d'instruction - chambre du conseil et chambre des mises en accusation - qui ont décidé à plusieurs reprises de maintenir M. Bemba en détention.

"On attend la décision de la Cour de cassation la semaine prochaine", a précisé Me Kilolo. "L'objectif est de permettre à M. Bemba de comparaître libre, car il accepte de comparaître, mais pas dans des conditions d'humiliation inutile", a ajouté l'avocat du candidat malheureux à la présidentielle de 2006.

Photo (c) www.afrikarabia.com - Christophe Rigaud